Le Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières.

Infestation de fourmis à l'hôpital de Trois-Rivières: toujours sous investigation

Le cas d'infestation de fourmis dans une chambre du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières, qui a forcé le déménagement d'une nouvelle mère la semaine dernière, était toujours sous investigation lundi. Selon le Journal de Montréal, le conjoint de la dame, Sébastien Sirois, avait constaté un nombre croissant de fourmis au fil des heures.
«Jusqu'à présent, il n'y a pas de présence de fourmis dans le piège installé par la firme spécialisée pour identifier la sorte afin de pouvoir réagir correctement. Leur investigation se poursuit et ils vont traiter d'autres endroits également pour voir si le problème ne se serait pas déplacé. Après avoir été désinfectée, la chambre a été barrée pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'autre cause possible», a expliqué au Nouvelliste l'agent d'information au CIUSSS-MCQ, Guillaume Cliche.
Celui-ci admet que la présence de fourmis au sous-sol avait déjà nécessité l'intervention de spécialistes en avril et mai dernier. 
«On rappelle aux familles qui se présentent en obstétrique que des installations sont disponibles si elles veulent de la nourriture. C'est possible d'en avoir dans leur chambre, mais ça peut attirer ce genre de parasites», prévient le porte-parole du CIUSSS-MCQ qui parle d'une période propice à l'apparition de fourmis.
D'ailleurs, selon le directeur général de l'entreprise Maheu & Maheu impliquée dans le dossier, Michel Maheu, ce n'est pas le premier hôpital ni le dernier à devoir composer avec un problème de fourmis.
«On a beau avoir affaire à une problématique de santé publique, un bâtiment, quel qu'il soit, peut avoir de l'infiltration par le dessous des fondations. Il y a énormément d'espèces de fourmis au Québec et le potentiel est là pour tout type de construction, récent ou non, selon la pression qu'il va y avoir dans l'environnement immédiat», a-t-il confié.
L'expert signale que la fourmi est la championne pour localiser des sources de nourriture. «À partir du moment où il y a une éclaireuse qui met la patte ou l'antenne sur une source intéressante, elle va marquer sa piste vers le nid et ses collègues du nid vont venir exploiter la source. Ce n'est pas rare», ajoute M. Maheu.
Et les fourmis peuvent évidemment gravir les étages, comme ce fut le cas pour cette chambre du CHAUR, située au deuxième plancher, en néonatalité.
«Elles vont ramper, s'infiltrer par des intersections, parfois, ça peut être carrément et simplement des drains d'aération de brique, une petite fissure. Et c'est vrai autant en milieu résidentiel que commercial et industriel. C'est tout type de bâtiments», a-t-il tenu à préciser. 
Par ailleurs, certaines bâtisses sont configurées ou situées dans un environnement qui favorisent un tel phénomène «bon an, mal an». «Mais dans des établissements comme ceux-là, on est quand même limité dans nos possibilités d'intervention. Quand on intervient, on n'est pas là pour tuer tout ce qui bouge, ce n'est pas l'objectif. On est là pour prévenir l'infiltration à l'intérieur lorsque c'est possible, sinon, gérer ce qui bouge à l'intérieur et essayer d'identifier la cause», décrit M. Maheu.
En installant des pièges englués avec un appât sucré, sa firme cherche ainsi à identifier l'espèce.
«À partir du moment où on sait à quelle espèce on a affaire, on connaît de par sa biologie et ses habitudes les voies possibles d'infiltration. Est-ce quelque chose qui vient de l'extérieur? Est-ce que ça a été transporté? S'il y a des problématiques structurales à gérer, c'est de les identifier et de faire les recommandations pour apporter les correctifs. Et si des nids à l'extérieur ont été à l'origine de l'infiltration, c'est d'agir à ce niveau-là directement», renchérit celui dont le bureau régional est situé à Saint-Léonard-d'Aston.
Il ne manque pas d'indiquer que ce qu'on voit bouger, c'est souvent moins de 5 % de la colonie de fourmis. «La dernière chose à faire en voulant gérer une population de fourmis, c'est d'agir sur celles qui circulent. Ce n'est pas là que ça se passe», fait-il remarquer.
Interrogé au sujet de la particularité de la présente saison, M. Maheu reconnaît qu'avec le froid et l'abondance des précipitations, «il y a un décalage dans ce qui se passe dans la nature».
«Les fourmis qui étaient à l'intérieur y sont restées, c'est un classique. Avec quelques jours de chaleur, je peux vous dire que le téléphone sonne beaucoup et neuf appels sur dix, ce sont pour des fourmis», rapporte le porte-parole de la firme.
Ne voulant commenter directement le traitement en cours au CHAUR de Trois-Rivières, ce dernier se contente de dire que «les gens ont fait appel à une ressource qui va gérer la situation aux meilleures de ses capacités dans les délais les plus raisonnables possible».