Karine Guillemette, du Regroupement des organismes de personnes handicapées du Centre-du-Québec, Lyne Sergerie, de l'Association des parents d'enfants handicapés, et Martin Houle, parent.

Enfants handicapés: un programme aux critères trop sévères

De nombreux parents d'enfants handicapés dénoncent les critères trop stricts d'admissibilité à un nouveau programme d'aide financière du gouvernement du Québec.
L'annonce, en juin, d'une aide supplémentaire de 10 millions de dollars à être distribués annuellement aux parents d'enfants nécessitant des soins exceptionnels a été accueillie avec joie par les associations des personnes handicapées. Ce supplément de 947 $ par mois s'ajoute à la prestation de base de 189 $ par mois. Mais les parents commencent toutefois à déchanter devant la sévérité des critères.
Le programme de supplément pour enfants handicapés contient de nombreux critères en lien, notamment, avec les déplacements, la nutrition, la communication et les relations interpersonnelles.
L'enfant doit avoir de multiples incapacités ou doit nécessiter des soins médicaux complexes à domicile qui l'empêchent de réaliser de manière autonome les habitudes de vie d'un enfant de son âge. Les parents doivent fournir de nombreux rapports d'experts.
«La nouvelle mesure ne concerne pas la moitié des enfants handicapés. Ces parents exceptionnels de ces enfants exceptionnels ont besoin de cette mesure exceptionnelle. On demande au ministre Barrette de revoir cette mesure», déclare Lyne Sergerie, directrice de l'Association des parents d'enfants handicapés.
Martin Houle est le père d'une enfant de 14 ans handicapée mentalement. Ce citoyen de Victoriaville a été renversé en constatant l'ampleur de la paperasse à remplir et de la sévérité des critères.
«J'ai 30 pages de documents qui m'expliquent comment remplir cette demande. Je dois fournir des rapports qui confirment que mon enfant est handicapée. J'ai posté des rapports, le gouvernement les a refusés, car ils sont trop anciens. Mais la situation de ma fille n'a pas changé, elle est même moins bonne qu'elle était: elle a fait une hémorragie cérébrale quand elle avait deux semaines. Le gouvernement fait tout pour ne pas qu'on y ait accès.»
Selon M. Houle, si un enfant a un contact visuel avec son parent ou salue les gens avec sa main, il est automatiquement exclu.
«Il y a 940 familles visées par cette mesure. Le gouvernement savait déjà qui aurait le chèque. Pourquoi me donner de l'espoir?», raconte M. Houle, qui aimerait bien avoir cet argent pour respirer un peu.
Sachant que plus de 1400 familles avec au moins un enfant handicapé habitent la Mauricie et le Centre-du-Québec, de nombreux parents craignent de recevoir un refus de la part du gouvernement.
«Mon histoire ressemble à celle de Martin. Ma fille de 15 ans a une déficience moyenne à sévère. Elle n'est pas autonome: elle ne se lave pas, elle a besoin d'aide pour descendre l'escalier, elle fait preuve de beaucoup d'opposition. Je n'ai pas eu de réponse à ma demande. Mais on commence à voir les gens être refusés» ajoute Karine Chaput, une résidente de Drummondville.
Des représentations seront effectuées auprès de la classe politique afin de convaincre le gouvernement de revoir ses critères.
«On va réitérer nos demandes, surtout que le gouvernement a atteint l'équilibre budgétaire», commente Steve Leblanc, directeur du Regroupement d'organismes de personnes handicapées de la Mauricie.