Sur la photo: Lise Michelin,SRAADD, Jonathan Lacasse, ROBSM, Stéphane Yelle, chanteur de Yelo Molo et porte-parole, Paul Lacoursière, Bell et Lyne Larrivée, membre du groupe Locomotive.

Des efforts pour contrer la stigmatisation

TROIS-RIVIÈRES — Deux regroupements d’organismes en santé mentale de la région ont décidé de travailler ensemble afin de contrer la stigmatisation dont sont victimes les personnes devant composer avec des problèmes reliés à leur état mental.

Le Regroupement des organismes de base en santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec (ROBSM 04-17) et la Société régionale d’aide et d’accompagnement pour la défense des droits en santé mentale (SRAADD) ont mis sur pied un programme afin de sensibiliser la population aux impacts que peut avoir une telle stigmatisation sur les personnes qui en sont victimes. Des ateliers de formation mis sur pied dans le cadre de ce projet ont notamment déjà eu lieu dans différents organismes, dont les bureaux régionaux de Service Canada.

«On veut donner l’heure juste aux gens en ce qui concerne la santé mentale», explique Yves Blanchette, codirecteur du ROBSM et coordonnateur du programme Contrer la stigmatisation.

En plus de celles déjà mises en place depuis le lancement du programme, d’autres initiatives visant tout spécialement les médias verront le jour prochainement. Selon M. Blanchette, il arrive parfois que le traitement médiatique de certaines nouvelles relatives à la santé mentale peut favoriser la stigmatisation, d’où cette volonté de poser des gestes concrets en ce sens.

«Souvent, le journaliste qui traite la nouvelle n’est pas conscient qu’elle est stigmatisante [pour les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale]. S’il l’était, il la traiterait probablement d’une autre façon», poursuit le coordonnateur.

Afin d’impliquer les personnes directement touchées par la santé mentale dans l’élaboration des actions s’inscrivant dans le programme, un groupe ayant pour nom la Locomotive a été créé. Il est composé de personnes souffrant de maladie mentale, de membres de leurs entourages ainsi que d’autres personnes sensibles et solidaires à cette cause.

«Leur expérience est très importante pour qu’on puisse s’assurer qu’on est sur la bonne voie. On a donc rassemblé des personnes concernées et elles ont discuté de différentes thématiques. À partir de ça, on a notamment créé les témoignages qui sont présentés dans les organisations et entreprises dans le cadre du programme», mentionne M. Blanchette.

Un porte-parole connu

Afin de maximiser la portée de leurs actions, les responsables du programme comptent également sur un porte-parole connu en la personne de Stéphane Yelle, chanteur du groupe Yelo Molo. Devant lui-même vivre avec un trouble du spectre de l’autisme, l’artiste est bien au fait des ravages que peut faire la stigmatisation.

«J’ai été confronté à des préjugés en raison desquels je me suis replié sur moi-même et qui m’ont blessé. Je trouve donc important de m’investir dans cette cause», indique-t-il.