René L’Heureux est entouré de Sylvie Alarie, secrétaire médicale du département d’hémato-oncologie (à gauche) et de Marie-Pier Hayes, infirmière.

Département d’hémato-oncologie: il fait don de deux toiles pour le personnel

Trois-Rivières — Au département d’hémato-oncologie du Centre hospitalier universitaire régional de Trois-Rivières, le personnel connaît bien René L’Heureux. L’homme a arpenté ses couloirs pendant deux ans de même que ceux de la section des soins palliatifs lorsqu’une dernière récidive de cancer a frappé son épouse, Diane, de façon irrémédiable.

La dame a vécu 25 ans avec un cancer du sein et subi de nombreux traitements au cours de cette période où les récidives se sont multipliées. «Elle a eu des services incroyables, humains», se souvient son conjoint.

Vendredi, M. L’Heureux est retourné sur les lieux afin de remettre au personnel des deux départements deux tableaux de son cru, histoire de les remercier pour avoir pris soin de sa tendre moitié. «Il y a 10 ans, on avait été ici, aussi, pendant 11 semaines», raconte-t-il.

Dès son arrivée en hémato-oncologie, la secrétaire médicale, Sylvie Alarie, le reconnaît tout de suite de même qu’une des infirmières qui a soigné son épouse, Marie-Pier Hayes. «Je l’appelle Jinny», raconte-t-il en riant, à cause de ses pantalons serrés à la cheville et de ses longs cheveux blonds comme le personnage de la télévision.

Les deux femmes ont serré M. L’Heureux dans leurs bras lorsqu’il leur a remis les tableaux. On les sentait comme de vieux compagnons de guerre qui se retrouvent, sauf que la guerre, dans ce cas-ci, ne s’est pas déroulée à coups de fusil, mais à grandes doses de chimiothérapie et de radiothérapie.

«Les deux dernières années, ça a été aux trois semaines ou aux mois. Prises de sang, radiographies, traitements de chimio par intraveineuse ou palliative. On finit par connaître tout le monde dans tous les départements, partout où l’on a à se déplacer dans l’hôpital», raconte le peintre amateur qui a travaillé pendant 30 ans chez Groupe Laperrière et Verreault.

Ce n’est qu’à sa retraite, en 2011, que M. L’Heureux a commencé à utiliser son talent caché et à découvrir son potentiel. Il a choisi deux de ses toiles préférées pour orner les murs tristes et fades de l’hôpital. Les œuvres sont peintes de couleurs vives et gaies et viennent apporter un peu de joie aux usagers et au personnel.

On entend occasionnellement parler de choses négatives au sujet du système de la santé. Dans son cas, c’est tout le contraire. «Le personnel a été très humain en toutes circonstances. On n’a jamais été pressé. Une fois qu’on est dans le système, on est très, très bien servi», a-t-il pu constater.

M. L’Heureux a également composé un petit poème intitulé Merci la vie jusqu’au dernier souffle qui résume l’histoire de son épouse, une histoire qui l’émeut encore beaucoup. La petite plaque sera elle aussi affichée sur un des murs du département.