Roxanne Leduc a volontairement foncé dans un mur de roches sur l’autoroute 50 et a perdu la vie le 15 septembre 2016.

Décès de Roxanne Leduc, la famille veut des changements au CISSSO

Rien ne pourra ramener Roxanne Leduc à la vie. Mais ses parents espèrent que la recommandation formulée par une coroner à l’endroit du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) fasse en sorte que les choses « changent » et que les intervenants « écoutent » les gens qui lancent un appel à l’aide avant qu’il ne soit trop tard.

Au bout du fil, John Leduc ne le cache pas. « Quand tu prépares les funérailles de ton enfant, c’est contraire à la chimie de la vie », laisse-t-il tomber d’une voix calme.

Son épouse et lui ont perdu l’une de leurs trois filles, Roxanne, aux petites heures du matin le 15 septembre 2016. Au volant de sa voiture, la jeune femme de 27 ans a volontairement foncé dans un mur de roches de l’autoroute 50, à la hauteur de Papineauville. Elle n’a eu aucune chance.

Le Droit publiait samedi les conclusions de la coroner Pascale Boulay, chargée de l’investigation sur le décès de Roxanne Leduc. Me Boulay s’est notamment dite « étonnée » du délai d’attente pour que Mme Leduc obtienne un suivi en santé mentale en Outaouais.

Au printemps 2016, lorsque la jeune femme a quitté l’Estrie – où demeurent ses parents – pour revenir travailler dans sa région natale, à Thurso, une demande de transfert a été faite. Le rendez-vous a été fixé pour le 21 septembre de la même année.

Deux semaines avant ce rendez-vous, M. Leduc a demandé à la police d’intervenir chez sa fille en raison de propos suicidaires. Les services sociaux locaux ont été avertis. « Et le lendemain, elle a pris l’initiative d’appeler pour demander d’avoir [un rendez-vous] plus rapide, et rien n’a bougé », déplore M. Leduc. Sa fille s’est enlevé la vie six jours avant la date de son rendez-vous.

À l’instar de la coroner, les parents de Roxanne ne peuvent pas dire si « une réaction plus rapide des services sociaux » aurait permis que leur fille soit encore en vie aujourd’hui. John Leduc estime malgré tout qu’il n’est pas normal qu’elle n’ait pas pu obtenir un suivi plus rapide. « Ils ne bougeaient pas plus vite, même si la police avait fait un rapport », se désole-t-il.

Au terme de son investigation, Me Boulay a recommandé que le CISSSO « revoie l’analyse du dossier […] à la suite de la demande de suivi en santé mentale du CSSS de la Pommeraie, en mai 2016, et suite à l’intervention policière du 7 septembre 2016, et apporte les correctifs requis le cas échéant ». Le CISSSO a fait savoir qu’il entendait « donner suite » à cette recommandation de la coroner.

John Leduc espère que la révision du dossier de sa fille permette que les choses « changent », que les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux « écoutent le monde », en Outaouais comme ailleurs. Sa femme s’est jointe à un groupe Facebook dont les membres sont toutes des mères qui ont vécu des situations similaires. « Tous les jours, il y a des mamans qui s’ajoutent qui ont perdu un enfant, dit-il. Des cas de suicides et de problèmes de santé mentale qui n’ont pas été suivis correctement. »

M. Leduc a accepté de se confier au Droit dans l’espoir que la tragédie qui a frappé sa famille serve à ce que des changements soient mis en place. « Je pense qu’à quelque part, les services sociaux doivent être imputables, dit-il. Mon épouse et moi, on se dit que [ça vaut la peine] si ça peut aider quelqu’un, si ça peut faire bouger les choses. »

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? N’hésitez pas appeler au 1-866-APPELLE (277-3553).