Quelque 30 personnes ont rencontré le député Pierre Michel Auger lundi matin pour dénoncer la baisse de service dans les CHSLD.

De meilleures conditions réclamées dans les CHSLD

Trois-Rivières — Les soins offerts par des CHSLD de la région continuent d’être fortement critiqués et c’est le bureau du député Pierre Michel Auger qui a été le point de chute des doléances de personnes dont un proche est un résident des centres Cloutier-du Rivage, Louis-Denoncourt et Roland-Leclerc de Trois-Rivières.

Quelque 30 personnes sont allées rendre visite au député de Champlain, lundi matin, afin de dénoncer le manque de service découlant d’un personnel insuffisant et de lui demander d’intercéder auprès du gouvernement pour améliorer la situation. Loin de déblatérer contre le professionnalisme des préposés aux bénéficiaires, ces époux et filles de résident en ont assez de constater une régression de la qualité des soins.

La mère de Francine Rochette vit à la résidence Louis-Denoncourt depuis 2011. Selon elle, la pénurie de personnel entraîne des situations ayant un fort potentiel de gravité.

«Après les repas, il n’y a pas de surveillance au salon, car ils sont souvent deux préposés. Je suis intervenue à deux reprises pour une résidente agressive. La première fois, elle était en train d’étouffer une personne. L’autre fois, elle a frappé quelqu’un. Si je ne suis pas là, il arrive quoi?»

Chaque jour, René Defoy rend visite à son épouse au CHSLD Cloutier-du Rivage. Le manque de préposés est fréquent et la baisse de la qualité du service suit automatiquement, soutient-il.

«On paie 1867,50 $ par mois. Mais il manque toujours de personnel. Ce sont les patients qui paient pour, que ce soit pour l’hygiène, les repas. Des bouts, ça n’a pas de bon sens», raconte M. Defoy.

Les frais sont les mêmes pour la famille de la mère de Francine Rochette. Elle a la vive impression de ne pas en avoir pour son argent.

«Je me demande si on va continuer à payer. Je veux que ma mère soit bien, mais il y a trop de roulement de personnel. La stabilité est importante. Ma mère pleure quand elle voit quelqu’un qu’elle ne connaît pas. La gestion par le CIUSSS n’est pas un point fort. On sent qu’il n’y a pas d’intérêt à ce qu’on dit.»

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a participé à cette rencontre avec le député Auger. Le regroupement syndical propose d’améliorer les conditions de travail notamment en garantissant des heures de travail, en stabilisant les équipes dans une même unité et en cessant d’appeler à la dernière minute les préposés nouvellement embauchés.

Ces suggestions permettraient d’attirer des gens dans la profession et de les retenir, selon Claude Audy.

«Ce qu’on dit est de donner des postes, mais c’est trop simple pour notre employeur. C’est un problème d’organisation», martèle M. Audy, vice-président régional de la FSSS-CSN.

M. Audy demande au député Auger d’aller rencontrer la direction du CIUSSS et de discuter avec son collègue, le ministre Gaétan Barrette, afin de ramener les prises de décision au niveau local. M. Auger assure qu’il ira s’informer de la structure organisationnelle du CIUSSS auprès de sa direction.

«Je veux valider tout ça avec le CIUSSS. Je suis prêt à aller passer une journée dans un CHSLD, sans m’annoncer, pour voir comment ça se passe. Mais à la base, ce n’est pas un problème d’argent, car l’argent est là. Le problème est le manque de main-d’œuvre et la rétention.»

Selon M. Auger, le ministre de la Santé travaille sur une stratégie visant à embaucher et retenir des préposés aux bénéficiaires. Il croit que certaines questions pourraient être posées en ce qui concerne le niveau de formation et la révision du nombre de patients par préposé. Mais le problème sera réglé à condition que tous les intervenants collaborent.

30 au lieu de 4

Pierre Michel Auger a manifesté sa surprise d’accueillir quelque 30 personnes et des représentants des médias, lundi matin, alors qu’il s’attendait à en recevoir beaucoup moins.

«J’aurais aimé qu’on me le dise. On avait comme information qu’on recevait quatre personnes sans syndicat, sans média et sans point de presse. Je n’ai jamais refusé personne et les gens sont les bienvenus. Mais il faut m’avertir avant», déclare M. Auger, qui a rencontré les gens durant environ 30 minutes.

Le syndicat réplique que cette façon de faire était basée sur le fait que des familles se sont ajoutées et que la CSN a déjà été confrontée à l’absence d’un député (qui n’est pas Pierre Michel Auger) même si un rendez-vous avait été pris en bonne et due forme.

«Si on nous donne la garantie de nous accueillir, on ne fera pas la même stratégie, assure M. Audy. Mais en même temps, il n’y avait rien de violent. On a jasé.»