Nicolas Lebel et sa mère Marie-Josée Magny.

De l’espoir pour les bébés prématurés

TROIS-RIVIÈRES — À sa naissance, Nicolas Lebel ne pesait que 1043 grammes. Petit et fragile, il était né trois mois plus tôt que prévu. Près de 25 ans plus tard, le jeune homme souhaite venir en aide aux bébés prématurés en lançant une campagne de sociofinancement au profil du Centre mère-enfant Soleil du CHU de Québec-Université Laval.

La date prévue de la naissance de Nicolas Lebel était le 6 mars 1994. Toutefois, la nature a voulu qu’il se pointe le bout du nez beaucoup plus rapidement, soit le 6 décembre de la même année que la dernière conquête de la Coupe Stanley par les Canadiens de Montréal en 1993. «On peut tous avoir un jour possiblement besoin des services du Centre mère-enfant», affirme le jeune homme de 24 ans originaire de Saint-Narcisse maintenant établi à Rivière-du-Loup. «Les soins aux bébés prématurés nécessitent beaucoup d’équipements. Par exemple, Québec fournit trois thermomètres par étage pour la néonatalogie, mais en vérité le personnel en aurait besoin de quinze. Et ça coûte cher, c’est 1200 $ du thermomètre.»

Aux côtés de son fils durant l’entrevue, Marie-Josée Magny confie que la naissance de son troisième fils n’avait pas été facile. Lorsque les contractions ont commencé, la mère de Nicolas Lebel s’est rendue au centre hospitalier de Trois-Rivières. Jugeant qu’elle était dans un état stable, les médecins ont préféré transférer la jeune mère au service de néonatologie de l’hôpital Saint-François-d’Assise à Québec qui était mieux équipé pour prendre soin des bébés prématurés.

À sa naissance, Nicolas Lebel ne pesait qu’un kilogramme. On le voit sur cette photo prise le jour de Noël alors qu’il était âgé que de 19 jours.

«Par contre, j’étais aussi malade à ce moment, sans le savoir. Mes eaux étaient crevées depuis environ 10 à 15 jours. Mais la poche amniotique avait bouché la sortie, ce qui fait que j’étais infecté», se souvient Mme Magny.

«J’ai eu la chance de tomber à la suite de pluie verglaçante. C’est ce qui a activé le travail. Sans ça, on serait morts tous les deux empoisonnés par l’infection.»

D’ailleurs, les médecins ont posé la question qu’aucune mère ne veut entendre. «Ils m’ont demandé s’ils devaient sauver mon bébé ou moi», indique encore avec émotion Marie-Josée Magny. «C’est tout un choix à faire. J’avais déjà deux enfants à la maison et ils avaient besoin de leur mère. Je leur ai dit que tout faire pour nous sauver tous les deux.»

Heureusement, autant la mère que le bébé ont été sauvés. Nicolas Lebel n’était toutefois pas au bout de ses peines. Il a dû passer plusieurs semaines sous oxygène et en observation. Il ne pouvait se nourrir que par gavage. Durant les trois mois qu’il a passés à l’hôpital, Nicolas Lebel a bénéficié des bons soins du personnel, mais aussi de bénévoles qui venaient le bercer quand sa mère ne pouvait être présente. Près de 25 ans plus tard, le jeune homme est reconnaissant de tout cet amour qu’il a reçu.

La campagne de sociofinancement lancée par Nicolas Lebel sur le site gofundme est intitulée Donner de l’espoir et a pour objectif d’amasser 50 000 $. En fixant la barre aussi haut, le jeune homme voulait être certain de recueillir le plus de dons possible. Il est l’adresse suivante www.gofundme.com/donner-de-lespoir.