De gauche à droite: Nicole Bergeron, conseillère CSN, Josiane Quessy, technologiste médicale, Sébastien Herbert, agent de grief, Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec CSN, Josette Drouin, technologiste médicale, Nicole Ouellet, vice-présidente.

CIUSSS-MCQ: 19 postes vont être coupés à Shawinigan

Pas moins de 19 postes de technologistes médicaux du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, sur un total d'une cinquantaine, seront finalement abolis à Shawinigan dans le cadre du projet Optilab du ministre Gaétan Barrette visant à centraliser à Trois-Rivières l'analyse des prélèvements sanguins, biopsies et autres échantillons biomédicaux.
Le projet avait déjà été dénoncé, en septembre dernier, par l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux. Vendredi matin, c'était au tour de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la plus grande organisation syndicale dans le secteur, de déplorer les effets du projet Optilab au Centre-de-la-Mauricie.
Le directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS-MCQ, Gilles Hudon a tenu à préciser que non seulement le projet n'occasionnera aucun changement pour la population, qui pourra continuer à faire prendre ses échantillons aux endroits habituels, mais de plus, le regroupement occasionné par Optilab permettra d'utiliser des appareils d'analyse à plus gros débit et de plus haute technologie, explique-t-il.
Optilab coûtera 19 emplois de qualité à Shawinigan, une ville aux prises avec un problème de chômage depuis la fermeture des grandes usines. La FSSS-CSN demande un moratoire immédiat sur le projet.
Mais le projet est là pour rester, réplique Gilles Hudon.
«Comment les travailleurs seront-ils intégrés auprès des travailleurs déjà installés à Trois-Rivières?», se demande le Syndicat qui s'inquiète aussi de savoir ce qu'il adviendra de l'ancienneté de ces employés. «Devront-ils travailler de soir dorénavant plutôt que de jour? Leur champ d'expertise sera-t-il considéré?» Voilà des questions auxquelles le Syndicat affirme ne pas avoir obtenu de réponses encore.
«L'ancienneté devrait gouverner les mouvements qu'on va faire», promet M. Hudon.
Selon M. Herbert, le projet Optilab touchera 67 personnes en Mauricie et au Centre-du-Québec. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, demande au ministre Barrette d'abandonner ce projet. «Cette décision est inacceptable car elle affaiblit la région de la Mauricie au profit de la capitale régionale», déplore-t-il.
«Cette centralisation va entraîner une importante perte d'expertise et des pertes d'emplois bien rémunérés à Shawinigan. Les employés qui seront transférés devront soit parcourir plusieurs dizaines de kilomètres supplémentaires pour travailler, soit déménager leur famille», indique le maire.
Parmi les 19 employés touchés par la décision, certains vont prendre leur retraite, reconnaît M. Herbert. N'empêche, dit-il, «qu'il va y avoir 19 postes de perdus Shawinigan», fait-il valoir puisque ces personnes ne seront pas remplacées.
Le Syndicat demande à l'employeur de faire preuve de patience puisque les deux syndicats, la FSSS-CSN et l'APPTS sont présentement en maraudage dans le but de déterminer quelle centrale syndicale représentera la catégorie d'emplois visée par le projet. Les deux syndicats présents dans les 123 établissements du CIUSSS-MCQ ont jusqu'à la fin mars, date à laquelle le nom du syndicat qui représentera les employés sera connu, indique Nicole Bergeron, conseillère syndicale CSN.
Les employés shawiniganais qui arriveront à Trois-Rivières causeront certains changements, notamment un phénomène de supplantation dans certains cas, prévoit M. Herbert. «C'est ça qui inquiète les employés aussi», dit-il. Le Syndicat craint les conséquences du transport vers Trois-Rivières des échantillons biomédicaux en provenance des villes voisines.
Or, la pratique est déjà en cours, signale M. Hudon et le réseau entend se doter d'un «système de traçabilité important» pour éviter toute erreur, dit-il.
En décembre dernier, le Caucus des cités régionales de l'UMQ a pris position, face au projet Optilab et estime «que le gouvernement devrait dès maintenant revoir la réforme Optilab à la lumière de la Loi-cadre sur l'occupation du territoire.
Le maire Angers en avait profité pour souligner les conséquences de cette réforme pour Shawinigan. De toute évidence, le ministre de la Santé et des Service sociaux n'a pas l'intention de revenir sur ses pas.