La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann (en avant, à gauche), a rencontré à l’improviste des employés et des représentants syndicaux du CIUSSS MCQ, à l’hôpital de Trois-Rivières, samedi.

CIUSS MCQ: «Il reste un gros travail à faire», selon la ministre McCann

Trois-Rivières — Des employés du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) ont eu la surprise de voir débarquer la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, samedi, à l’hôpital de Trois-Rivières. La ministre a fait cette visite à l’improviste à la demande de représentants syndicaux, qui dénoncent ce qu’ils qualifient de recours systématique au temps supplémentaire obligatoire (TSO) pour répondre aux problèmes de manque de personnel au CIUSSS.

Cette visite survient après le cri du cœur lancé jeudi par le syndicat qui représente les infirmières de la Mauricie et du Centre-du-Québec, qui affirmait que le recours au TSO était pire que jamais au CIUSSS. S’il s’agissait du cri d’alarme le plus récent, cette situation est dénoncée depuis des mois par plusieurs syndicats.

«On l’avait interpellée directement plusieurs fois à propos des problématiques auxquelles on fait face, explique Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN). On est heureux qu’elle ait accepté de rencontrer les salariés et surtout, de le faire sans s’annoncer à la direction, afin de voir à quoi ressemble vraiment la situation sur le terrain.»

En entrevue avec Le Nouvelliste, dimanche, la ministre McCann a reconnu avoir constaté que les défis et problématiques que vivent les employés du CIUSSS MCQ, notamment les infirmières et les préposées aux bénéficiaires, sont importants, en raison, selon elle, de la fusion qu’a vécue le CIUSSS MCQ sous l’ancien gouvernement libéral.

«On voit que les gestionnaires n’ont pas terminé la réorganisation du fonctionnement du CIUSSS après la fusion et les compressions (du précédent gouvernement), indique-t-elle. Je crois qu’ils ont la volonté de régler les problématiques, mais il reste un gros travail à faire.»

Si elle reconnaît que la fusion des établissements anciennement coordonnés par des Agences de la santé et des services sociaux a causé tout un lot de problèmes dans le réseau de la santé, Mme McCann ne souhaite pas faire marche arrière et défaire ce que l’ancien gouvernement a mis en place.

La ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann était de passage à l’hôpital de Trois-Rivières, samedi.

«On a deux grandes priorités en santé: améliorer l’accès aux soins et soutenir le personnel. Ce n’est pas le temps de faire de la réforme de structure», tranche-t-elle.

La ministre s’est par ailleurs dite «consciente qu’il faut diminuer la charge de travail» des travailleurs de la santé, ce qu’elle s’est engagée à faire dès cette année. Elle croit également que son ministère devrait accompagner le CIUSSS dans sa réorganisation. Mme McCann n’a toutefois pas précisé quelle forme cet accompagnement prendrait.

«Il va y avoir des mesures annoncées dans le prochain budget, en mars, promet-elle. Il va y avoir des gestes concrets et je pense que ça va faire du bien.»

Mme McCann a également réitéré la promesse qu’elle avait faite en campagne électorale, soit d’abolir le recours au TSO d’ici la fin du mandat de son gouvernement.

«Ça fait changement»

Pascal Bastarache était visiblement satisfait de la manière dont s’est déroulée la visite de la ministre samedi, mais également des propos qu’elle a tenus. «J’ai été vraiment surpris, j’ai senti qu’elle était à l’écoute de ce qu’on avait à lui dire, se réjouit-il. On lui a donné des pistes de solutions et on sent qu’elle nous a écoutés. On est aussi très heureux qu’elle ait accepté de rencontrer les salariés. Ça fait changement d’avec le ministre de la Santé d’avant!»

Le président du SSPSAM-CSN souligne cependant que la réorganisation de la structure du CIUSSS MCQ n’est pas la seule problématique à laquelle les employés doivent faire face. Il reconnaît par contre qu’il sent lui aussi une volonté d’améliorer la situation de la part de la direction. «On s’entend sur des choses, mais la difficulté, c’est la mise en place des mesures, précise-t-il. On sait que les gestionnaires sont eux aussi épuisés.»

M. Bastarache devra toutefois attendre le dévoilement du budget du gouvernement Legault, le 21 mars prochain, avant de savoir si les paroles cèderont la place aux actes de la part de la ministre de la Santé.