La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a visité le Centre d’hébergement Roland-Leclerc, lundi après-midi. Elle y a rencontré par hasard Lise Vadeboncoeur qui a dénoncé le manque de personnel au CHSLD dans les médias. Elles sont en compagnie de la mère de Mme Vadeboncoeur, Colette Doucet-Vadeboncoeur, qui est âgée de 90 ans.

CHSLD: «Partout, tout le monde parle qu’il y a un manque de personnel»

TROIS-RIVIÈRES — Alors que le Centre d’hébergement Roland-Leclerc a fait les manchettes ces derniers jours en raison du manque de personnel, voilà que la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, était sur place lundi après-midi. Une visite qui était déjà prévue et qui lui a permis de prendre le pouls des résidents et des employés. Quant à la pénurie d’employés, elle est bien au fait de cette problématique qui constitue une priorité, assure-t-elle.

«J’ai décidé de faire des visites spontanées dans des CHSLD pour voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien, pour être en mesure de prendre des décisions éclairées. Partout, tout le monde parle qu’il y a un manque de personnel. S’il y a un manque de personnel, peut-être qu’il y a un manque d’organisation du travail, peut-être qu’il y a aussi un manque de valorisation. Il y a plusieurs facteurs en cause», souligne-t-elle.

Des mesures sont en train d’être élaborées pour améliorer la situation. «Je travaille actuellement avec Mme Danielle McCann [ministre de la Santé et des Services sociaux, NDLR] pour trouver les meilleures solutions. Je pense que dès janvier, on va être capable de faire des annonces à ce sujet.»

«C’est sûr et certain que c’est prioritaire pour nous. C’est prioritaire», insiste-t-elle.

Différentes pistes sont explorées, mais il n’y a pas de solution miracle, prévient Mme Blais. «On n’a pas de baguette magique. Personne n’a de baguette magique. Je ne vais pas vous raconter des histoires, mais on ne peut pas faire pire que ce qu’il y a là. En mettant de l’argent et en embauchant plus de personnel, comme peut-être des aides de service, des éducateurs spécialisés, des infirmières auxiliaires, ça va faire en sorte qu’il va y avoir une meilleure organisation du travail.»

La visite de la ministre au Centre Roland-Leclerc était prévue depuis une semaine. La direction du CIUSSS MCQ était au courant mais pas les employés ni les résidents. «Je visite des CHSLD. Je ne dis pas où je vais. Ça me permet d’avoir le pouls des gens et aussi d’entendre les commentaires des familles. Il y avait des proches [des résidents] au CHSLD Roland-Leclerc. Il y en a qui étaient satisfaits, il y en a d’autres qui l’étaient moins. C’est correct que les gens me disent qu’ils ne sont pas satisfaits. Je veux l’entendre, c’est comme ça qu’on va être capable de faire des corrections.»

Sur place, Mme Blais a croisé, par hasard, dans un corridor, Lise Vadeboncoeur qui a dénoncé le manque de personnel et qui a même interpellé la ministre sur cette question dans les pages du Nouvelliste ainsi que sur les ondes de Radio-Canada Mauricie. «Elle était surprise de me voir. C’était vraiment une coïncidence», raconte, en riant, la ministre.

Mme Vadeboncoeur a apprécié de pouvoir lui parler de vive voix de ses doléances. Elle a fait part à la ministre qu’elle espérait que le gouvernement pose des gestes concrets pour améliorer la situation. «Je veux bien être optimiste, mais je lui ai dit que je garde les deux pieds sur terre. C’est la prunelle de nos yeux qu’on laisse dans les CHSLD, ce sont nos parents. Ça ne peut pas être plus important. Oui, ça m’a rassurée de la rencontrer, mais on va être aux aguets», souligne Mme Vadeboncoeur.

Le manque de personnel frappe aussi le Centre Saint-Joseph. Rappelons que lundi, dix préposés aux bénéficiaires ont dû rester sur place à la fin de leur quart de travail le temps qu’un remplaçant soit trouvé pour le quart de soir. Le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN) a même suggéré à ses membres d’appeler la police s’ils sont contraints de rester au travail. La ministre a préféré ne pas commenter directement cette situation, mais elle insiste sur le respect du personnel. «Il va falloir qu’on respecte énormément le personnel, sinon il va aller travailler ailleurs.»

Elle comprend aussi les employés d’en avoir assez du temps supplémentaire obligatoire. «Ce n’est pas drôle quand tu penses que tu vas partir, que tu as une famille, et que tu es obligé de faire du temps supplémentaire. Il va falloir être capable de travailler là-dessus pour rendre le personnel heureux, parce que sinon on va le perdre.»

Rappelons que la CAQ prône l’établissement de maison des aînés pour améliorer leurs conditions de vie. Il ne s’agit pas de bâtiments mais bien d’une philosophie, précise Mme Blais. «Ça va ressembler à des vrais milieux de vie. Je me dis que si on est capable de relever ce défi-là, le personnel sera pas mal plus heureux de travailler dans ces environnements-là, parce que si les gens sont plus heureux, le personnel va l’être aussi. Ça va faire en sorte qu’on va changer complètement l’idée que nos CHSLD sont des mouroirs. Ce n’est pas vrai. Prenez Roland-Leclerc, même si c’est un CHSLD traditionnel, c’est beau. Il y a de grandes fenêtres, c’est lumineux. (...) Roland Leclerc, c’est un bel établissement. Il manque de personnel, mais on va faire en sorte que les gens aient envie de travailler dans le milieu.»