Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, n'a pas l'intention d'intervenir dans le dossier des services de santé de Nicolet.

Centre Christ-Roi: Barrette ne s'en mêle pas

Même s'il a dû affronter un barrage de questions en chambre sur le dossier du Centre Christ-Roi à Nicolet, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, n'a pas l'intention de s'ingérer dans des décisions locales.
«À un moment donné, il y a des décisions qui doivent être prises et qui sont sensées. La décision qui a été prise par les autorités locales l'est», a-t-il répondu au député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.
Cet échange au Salon bleu survenait au lendemain de la mobilisation organisée à Nicolet pour réclamer le rétablissement des cliniques externes d'orthopédie, d'ORL, de plastie, de chirurgie générale et d'endoscopie qui sont disparues depuis le 1er janvier dernier.
Avec la mairesse Geneviève Dubois, les intervenants du milieu demandent aussi le maintien des services de cardiologie et de gynécologie, qui doivent cesser en juin prochain, d'où la pétition qui est présentement en circulation.
«Monsieur le ministre, accepteriez-vous de faire 100 kilomètres de plus alors que vous aviez le service à côté de chez vous?», lui a posé comme question le représentant caquiste.
Dans sa réponse, M. Barrette lui a fait remarquer que la distance entre l'établissement de Nicolet et le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières pouvait être parcourue en 24 minutes. «Dans Trois-Rivières même, nombre de citoyens font ce 24 minutes-là», a-t-il souligné.
Au préalable, la porte-parole du Parti québécois en matière de santé et d'accessibilité aux soins, Diane Lamarre, lui avait demandé s'il allait rétablir les services coupés. «Est-ce que le ministre va comprendre qu'il est allé trop loin?», a-t-elle lancé, évoquant une baisse de l'accessibilité et de la qualité des services en santé.
Tout en précisant qu'il s'agissait de services de clinique externe, et non pas de services chirurgicaux en soi, M. Barrette a rappelé à sa critique, qui lui reproche d'avoir trop de pouvoirs, que c'est «une organisation locale qui fait ces évaluations et ces analyses».
Non seulement a-t-il fait allusion à la courte distance entre Nicolet et Trois-Rivières, mais le ministre a indiqué que plus de la moitié des rendez-vous n'étaient pas observés «parce que les gens préféraient aller sans aucun doute à l'hôpital».
«Lorsqu'on constate, en termes de gestion, que plus de 50 % des rendez-vous ne sont pas honorés et que les gens préfèrent aller de l'autre côté du pont, bien, à un moment donné, il y a une décision administrative qui se prend», a-t-il expliqué
Même si, dit-il, tous les villages et toutes les petites localités telles que Saint-Roch-de-Mékinac, Champlain et Louiseville voudraient avoir tous ces services, «à un moment donné, dans une organisation, on doit prendre certaines décisions qui sont fondées et raisonnables, et la raisonnabilité, ici, elle se détermine en un chiffre, soit 24 minutes de distance», a ajouté M. Barrette.
Or, Diane Lamarre a souligné au Nouvelliste que le Centre-du-Québec est la seule région administrative sans CISSS et, dit-elle, depuis l'adoption du projet de loi 20, les services sont centralisés à Trois-Rivières, «ce qui les éloigne des patients».
«Dès le départ, les maires du Centre-du-Québec plaidaient pour que leur région soit reconnue à part entière lorsqu'il est question des soins de santé. On en voit aujourd'hui toute la nécessité, alors que les services sont dispensés depuis Trois-Rivières», dénonce-t-elle.
Pour la députée de Taillon, cette décision du ministre Barrette, prise sans aucune consultation du milieu, privera les gens de Nicolet, de Bécancour et des environs de services de proximité importants.
«Le Parti québécois est d'avis qu'il faut placer les patients au coeur des solutions et adopter une approche basée sur les besoins des Québécois. Dans le présent cas, la centralisation des services hors de la région n'est pas la solution. Les services doivent demeurer près des patients et de leurs besoins», soutient-elle.
Prenant aussi la parole, le porte-parole de la CAQ en matière de santé, François Paradis, a affirmé que toutes les régions du Québec, dont Nicolet, étaient frappées par une vague «sans précédent» de centralisation du réseau de la santé «et ce sont les patients qui en paient le prix».
«Jamais le député de Lévis ne va se lever et dire que la science, par exemple, dit que, dans certains cas, il est mieux que le patient se déplace vers une équipe qui est dédiée à tel traitement pour son bénéfice. Le député de Lévis préfère faire de la politique avec des cas individuels», a rétorqué le ministre.
Finalement, Donald Martel entend se battre pour que Gaétan Barrette écoute la population et accepte de redonner l'accès aux services spécialisés dans sa région.
«Rien ne justifie la perte de services de proximité, essentiels pour les patients. Au moment même où la population vieillit, le ministre complique la vie des personnes qui sont malades et qui vivent en région.
Pour les patients vulnérables et les petites familles, c'est pas mal plus compliqué se déplacer, contrairement à ce que le ministre peut penser. La centralisation des soins est un effet direct de sa réforme échouée. C'est à lui que revient la responsabilité de sauver les services spécialisés à l'hôpital de Nicolet», a-t-il conclu.