Christine Laliberté (directrice du programme santé mentale adulte et dépendance au CIUSSS-MCQ), Amélie Vallée (directrice générale de la Fondation SSS de l’Énergie) et la docteure Marie-Lou Bois (psychiatre à l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie) ont annoncé un important investissement pour la santé mentale, mardi après-midi.

Santé mentale: une innovation au Centre-de-la-Mauricie

Shawinigan — Le tout premier appareil de stimulation magnétique transcrânienne dans la région sera installé à l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan. Mardi après-midi, la Fondation de la santé et des services sociaux de l’Énergie a annoncé un investissement de 105 000 $ pour l’acquisition de cet équipement considéré comme une innovation dans le domaine de la santé mentale.

Plusieurs membres du département en psychiatrie de l’hôpital s’étaient réunis pour assister au dévoilement de cette première. Ce dossier était porté par la docteure Marie-Lou Bois depuis quelques années. Elle considère que cet appareil bonifiera l’offre de traitements disponibles en santé mentale.

«Nous sommes souvent confrontés à l’impuissance, à des traitements qui fonctionnent à moitié ou pas du tout», raconte la psychiatre. «On cherche toujours à innover, à créer des solutions pour aider nos patients.»

«Quand j’ai entendu parler de la stimulation magnétique transcrânienne, je me suis rapidement rendue compte que c’était un service de plus qu’on pourrait offrir à nos patients. C’est un traitement qui n’est pas chimique ou psychologique, mais plutôt physique. C’est différent de l’électroconvulsivothérapie, notre autre traitement physique en psychiatrie. Il se donne dans une pièce où on n’a pas besoin d’anesthésiste, ni d’un bloc opératoire et les effets secondaires sont beaucoup moindres. Souvent, après le traitement, les gens peuvent retourner chez eux.»

L’appareil de stimulation magnétique transcrânienne ressemble à une chaise de dentiste. Le traitement consiste à induire un champ électrique dans le cerveau.

«On sait qu’en dépression, il y a une sous-stimulation du lobe préfrontal», explique la Dre Bois. «Ce courant électrique viendra stimuler les neurones, augmentant le flux sanguin et le métabolisme du glucose, entraînant ainsi un effet thérapeutique.»

Il est particulièrement proposé aux gens qui souffrent d’un épisode dépressif majeur et chez qui le premier traitement d’antidépresseur n’a pas amélioré la condition, ce qui touche environ 40 % des cas. Les personnes schizophrènes victimes d’hallucinations auditives et celles qui souffrent de troubles anxieux sont aussi ciblées pour ce traitement.

La psychiatre estime que 20 à 30 séances sont suggérées aux patients pour retrouver leur qualité de vie, à raison de 5 à 10 par semaine.

«Dès la deuxième semaine, on voit un effet clinique significatif», assure-t-elle. «Il n’y a pas vraiment d’effet secondaire, outre un petit inconfort au cuir chevelu.»

Christine Laliberté, directrice du programme santé mentale adulte et dépendance au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec, rappelle que la dépression touche une importante tranche de la population. Au Québec, ce traitement n’était offert qu’à Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau.

«On travaille habituellement en relation d’aide», fait-elle remarquer. «Moins fréquemment, on a recours à la technologie comme plan de traitement pour les personnes atteintes d’un problème de santé mentale. L’ajout d’un traitement novateur éprouvé scientifiquement est une nette bonification de l’offre de service en santé mentale. Ça permettra certainement de réduire le recours à l’hospitalisation et à favoriser le rétablissement.»

«La Mauricie compte près de 300 000 personnes et là-dessus, pas moins de 14 000 auraient eu un épisode dépressif majeur dans la dernière année», ajoute Mme Laliberté. «Ce nouvel appareil devient donc une avancée médicale fort intéressante. Nous envisageons de diriger vers Shawinigan des usagers de Trois-Rivières qui répondrons aux critères d’utilisation.»

La Dre Bois espère compter sur cet appareil de stimulation magnétique transcrânienne quelque part en 2019.