La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, tenant une orange, symbole de cette Semaine nationale de la santé mentale. Elle est accompagnée de Chantal Laneuville, directrice générale de La Chrysalide, Karine Gauthier, directrice générale de La Passerelle ainsi que Cynthia Leblanc, directrice générale de La Traverse du sentier.

Santé mentale: pour voir au-delà du problème

Nicolet — «Découvrir, c’est voir autrement». Voilà le thème qui a été retenu pour la Semaine nationale de la santé mentale 2019. Afin de bien souligner l’événement au Centre-du-Québec, les organismes communautaires en santé mentale des territoires de Bécancour et Nicolet-Yamaska se sont unis afin de proposer des activités, mais surtout tenter une fois de plus de faire tomber les préjugés sur tout ce qui entoure la santé mentale.

D’entrée de jeu, les organisatrices de l’activité ont invité le public à savoir faire la différence entre la santé mentale et la maladie mentale. «Habituellement, quand les gens entendent ‘’santé mentale’’, les gens entendent la problématique, alors que ce n’est pas le cas. Tout le monde a une santé mentale. Chaque individu se doit de la tenir en équilibre. Après, il y a des gens qui sont frappés par la maladie mentale. Ça ne veut pas nécessairement dire que ces gens seront en déséquilibre au niveau de leur santé mentale, car avec la médication, avec les outils qu’ils vont aller chercher, ils vont avoir une santé mentale équilibrée. En contrepartie, les gens qui n’ont pas de problématique en santé mentale peuvent à certains moments de leur vie, vivre de la détresse psychologique», explique Cynthia Leblanc, directrice générale de l’organise La Traverse du sentier, qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale.

C’est d’ailleurs pourquoi le logo retenu pour cette Semaine nationale de la santé mentale est une orange qui, lorsqu’épluchée, dévoile une montgolfière aux couleurs très vives. «De cette façon, on invite les gens à voir au-delà des apparences», considère Karine Gauthier, directrice générale de l’organisme La Passerelle, qui vient en aide à la famille et à l’entourage d’une personne atteinte d’un trouble majeur de santé mentale.

Présentement au Canada, on estime qu’une personne sur cinq pourrait souffrir d’un problème de santé mentale dans sa vie. De ce nombre, les deux tiers n’iront pas chercher l’aide dont ils ont besoin, relate Mme Leblanc, qui rappelle que les préjugés et la stigmatisation sont encore présents, malgré le travail de sensibilisation qui se fait et une certaine ouverture de la société envers les problèmes de santé mentale.

«On fait du travail d’éducation au quotidien. Dans les troubles sévères et persistants, comme la schizophrénie ou la bipolarité, les jugements seront plus profonds. Par exemple, c’est un mythe de penser que tous les crimes violents seront commis par des gens qui ont des problématiques en santé mentale, mais ça reste, ça perdure dans l’esprit des gens», ajoute Mme Leblanc.

Afin de soutenir leur mission, l’organisme que représente Mme Leblanc se joint aux organismes La Passerelle et La Chrysalide, une ressource offrant principalement de l’hébergement pour les personnes vivant une problématique de santé mentale. Les trois organismes présenteront le 6 juin prochain une activité qui permettra d’amasser des fonds pour aider encore plus de gens.

Cette activité sera un cocktail suivi d’une pièce de théâtre de la troupe Parminou, intitulée «Un regard qui dérange». Le propos de la pièce touchera justement les problématiques en santé mentale. La pièce sera présentée le jeudi 6 juin à l’église multifonctionnelle de Bécancour, et les billets sont en vente au coût de 12$ au (819) 294-9292 ou à la porte le soir du spectacle à 15$. Tous les profits seront versés aux trois organismes.