Des professionnels du milieu de la santé ont déambulé mardi matin sur le boulevard des Forges et bloqué le viaduc qui enjambe l’autoroute 40 afin de dénoncer les conditions de travail dans lesquelles ils évoluent depuis trop longtemps.
Des professionnels du milieu de la santé ont déambulé mardi matin sur le boulevard des Forges et bloqué le viaduc qui enjambe l’autoroute 40 afin de dénoncer les conditions de travail dans lesquelles ils évoluent depuis trop longtemps.

Santé : mobilisation sur le pont Lejeune pour dénoncer les conditions de travail

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Des professionnels du milieu de la santé ont déambulé mardi matin sur le boulevard des Forges et bloqué vers 7h45 le viaduc qui enjambe l’autoroute 40 afin de dénoncer les conditions de travail dans lesquelles ils évoluent depuis trop longtemps. La circulation a été bloquée au grand déplaisir de certains automobilistes.

En contexte de pandémie, le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie, Pascal Bastarache, croyait que le gouvernement prendrait la mesure réelle de la crise qui frappe la main-d’oeuvre, mais il en est tout autrement.

«Avec tout ce qui s’est passé au Québec en temps de pandémie, on aurait pensé que le gouvernement aurait compris la leçon, mais ce n’est pas ça qui arrive. La seule chose que le gouvernement a faite a été de déposer un arrêté ministériel pour nous contrôler et nous épuiser», déplore-t-il.

«Là, on change de ton», prévient M. Bastarache.


Selon lui, la goutte qui a fait déborder le vase est lorsque le gouvernement, par le biais du Conseil du Trésor, a balayé du revers de la main les nombreuses démissions depuis le début de la pandémie.

«Oui, on y va de moyens de pression plus costauds, mais on prend ça comme de l’arrogance du gouvernement. Ils nous ont carrément dit que si on n’était pas contents, on n’avait qu’à aller travailler ailleurs. Les anges gardiens, c’est bien beau, mais là, ils lancent un message», ajoute le président du Syndicat.

Les manifestants, dans le respect des mesures sanitaires, ont bloqué le pont Lejeune et paralysé la circulation pendant l’heure de pointe.

«On ne veut pas se mettre la population à dos, ce n’est pas pour des questions salariales ou autres, c’est pour l’avenir de la santé. Ce sera un bris total du système de santé si ça ne change pas», conclut Pascal Bastarache.

Les policiers se sont rendus sur place. Ils ont discuté avec les manifestants. Ceux-ci se sont ensuite dirigés sur l'accotement pour permettre aux automobilistes de circuler. 

À deux pas d'une contravention

Parce qu’ils n’avaient pas avisé les autorités policières de leur démarche, les manifestants s’exposaient à une contravention de 75$ par personne, mardi matin. Toutefois, les policiers ont décidé de faire preuve de clémence.

«Nous avons obtenu une collaboration rapide de la part des organisateurs. On préfère préconiser une approche collaborative. Le superviseur a jugé dans ce cas que ça ne méritait pas de contravention, cependant, on ne veut pas que les gens prennent ça pour une autorisation dans l’avenir», avertit Luc Mongrain, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

M. Bastarache assure que son groupe a collaboré avec les autorités policières. «On ne s’est pas interposé. On s’est placé sur le trottoir pour s’en aller à notre siège social sur la rue Saint-Georges. On laissait passer les autobus pour ne pas que les enfants soient en retard à l’école», a-t-il précisé.