Actualités

Mini-Défi InterVal: pas de limites pour Vincent Plante

Trois-Rivières — À première vue, lorsqu’on rencontre Vincent Plante, 10 ans, un jeune homme atteint de paraparésie spastique familiale, on remarque immédiatement sa démarche chancelante. Ce handicap physique ne lui a toutefois jamais imposé de limites et ne l’a pas empêché de trouver dans le sport une véritable passion.

Que ce soit en faisant du sport avec son vélo adapté ou encore avec sa nouvelle passion pour le golf, rien ne pouvait toutefois laisser croire que le jeune homme s’apprêtait, samedi, à participer au Mini-Défi InterVal, une compétition sportive où les jeunes âgés de 5 à 21 ans, vivant avec un handicap physique ou visuel participent à plusieurs épreuves sportives.

C’est pourtant ce qu’il accomplit avec brio depuis maintenant cinq ans, et ce, dans de nombreuses disciplines.

«Aujourd’hui (samedi), Vincent va participer à la course de 50 m, à la course à relais, au lancer du poids, au parcours à obstacles et au saut en longueur. En fait, il fait toutes les disciplines sauf la natation», sourit Annie Picard, la mère de famille, elle aussi atteinte de la paraparésie spastique, une maladie génétique.

Quelques minutes avant de fouler le parcours du Mini-Défi, c’est avec les yeux brillants et plein de fierté que Vincent Plante parlait du Mini-Défi InterVal qu’il s’apprêtait à accomplir, un moment qui lui permet d’être pour une fois, comme tous les enfants de son âge.

«C’est important pour moi de venir ici chaque année, car ça me permet de bouger, de m’amuser, de me dépasser, mais surtout, de m’améliorer. Aujourd’hui, c’est dans le lancer du poids que je pense être le meilleur », a-t-il lancé.

Le jeune homme étant toujours prêt à bouger et à se dépasser, il venait de soi pour la famille de Vincent de l’encourager dans toutes ses ambitions sportives, afin de ne pas lui imposer de limites.

«C’est le fun de voir que Vincent se trouve une passion avec le sport. Il aime énormément bouger donc c’est bien de pouvoir l’encourager malgré sa maladie. On ne l’a d’ailleurs jamais empêché de faire quoi que ce soit en raison de sa maladie. On l’a au contraire toujours poussé à bouger. Je lui dis que le plus longtemps il sera capable de la faire, il doit le faire», mentionne avec fierté Annie Picard.

La paraparésie spastique, une histoire de famille

Avant de mettre au monde Vincent, Annie Picard était loin de se douter qu’elle transmettrait la paraparésie spastique à son fils, elle qui ignorait jusque-là être atteinte de la maladie, si ce n’était de sa manie de boiter lorsqu’elle était fatiguée.

Le signal d’alarme est toutefois apparu lorsque les parents de Vincent ont découvert que leur garçon de 18 mois commençait à marcher difficilement et sur la pointe des pieds. S’est alors enclenchée une série de tests avec un podiatre, un physiothérapeute et finalement un neuropédiatre.

C’est à ce moment que le double diagnostic est tombé pour Annie Picard, maintenant en fauteuil roulant, qui a dû affronter avec son fils cette nouvelle réalité.

«J’ai eu en quelque sorte deux deuils en même temps à faire. Premièrement me dire que mon garçon aurait de la difficulté toute sa vie, mais moi aussi j’embarquais dans tout ce processus puisqu’il n’y a pas d’âge pour que la maladie apparaisse», raconte Annie Picard.

Une année record pour le Mini-Défi

Pour sa 8e édition, ce sont plus de 90 jeunes de Trois-Rivières, Shawinigan, Victoriaville et Drummondville ayant une déficience motrice, visuelle ou auditive, qui ont pris part au Mini-Défi InterVal, soit une année record pour l’organisation.

«On voit que d’année en année, le Mini-Défi est de plus en plus populaire. C’est d’ailleurs une fierté pour nous puisque cette année, on a une belle relève avec beaucoup de petits, ce qui rejoint notre mission de leur montrer qu’il n’y a pas de limites à faire du sport en bas âge et malgré un handicap», mentionne Nicole Bellerose, une physiothérapeute au CIUSSS MCQ et membre du comité organisateur.

Santé

Exode inquiétant des employés dans les ressources intermédiaires

Trois-Rivières — Rien ne va plus entre le gouvernement du Québec et l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec. Faute d’un financement adéquat, ces résidences qui accueillent des personnes semi-autonomes assistent, impuissantes, à un exode graduel de leur personnel.

«La différence est de 10 $ l’heure» entre un employé qui travaille en ressource intermédiaire et celui qui travaille en CHSLD, au public, souligne Manon Charpentier, propriétaire de la Maison Mava inc. située dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Depuis un an et surtout depuis le printemps dernier, Mme Charpentier a vu quatre de ses employés s’en aller afin d’aller chercher de meilleures conditions salariales ailleurs. La Maison Mava compte 41 lits, dont 35 en ressource intermédiaire financés à 100 % par le gouvernement. La propriétaire ne cache pas sa profonde inquiétude face à l’avenir.

Le travail des préposés aux bénéficiaires consiste à aider les résidents dans les activités de la vie quotidienne comme s’habiller, offrir des soins d’hygiène et des traitements. 

«Ils font la même chose qu’à l’hôpital, mais en plus, ils donnent des soins», explique Mme Charpentier. «Ils vont donner de l’insuline. Ils vont prendre des glycémies, mettre des patches et des crèmes», illustre-t-elle.

«Ce sont des actes qui sont normalement faits par des infirmières auxiliaires», dit-elle, mais ils peuvent poser ces actes délégués, selon la loi «et ils ont une formation pour le faire», précise-t-elle. Leur niveau de responsabilité est donc supérieur, fait-elle valoir, mais le salaire, lui, n’est pas conséquent. 

«Leur responsabilité est beaucoup plus élevée pour un salaire beaucoup moindre» par rapport aux préposés aux bénéficiaires en CHSLD, souligne-t-elle.

«Dans la région, les CHSLD et les hôpitaux font toutes sortes de programmes pour attirer des préposés aux bénéficiaires parce qu’ils manquent de monde eux-mêmes», rappelle Mme Charpentier. «Alors imaginez nous» fait-elle valoir.

L’entente nationale régissant les conditions de ressources intermédiaires est échue depuis deux ans. Les négociations sont au point mort au point où le ministre de la Santé, Gaétan Barrette «ne daigne même plus retourner les appels», déplore l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec.

Mme Charpentier confie que pour la première fois en neuf ans d’existence, la Maison Mava a dû faire affaires avec des agences pour combler les postes vacants.

«Même si le personnel est qualifié, ces personnes ne connaissent pas notre clientèle, elles ne connaissent pas notre façon de fonctionner. Ça désorganise tout le monde. Ça fait en sorte, aussi, que les résidents les connaissent peu ou pas du tout», explique la propriétaire.

«C’est difficile parce que le lien entre nos résidents et nos préposés, c’est important», plaide-t-elle.

«Il faudrait augmenter de façon importante le salaire de nos préposés», insiste-t-elle. «Je le fais depuis quelques années, mais ma limite est atteinte», confie-t-elle.

Les ressources intermédiaires du Québec estiment à 15 millions $ par année pour les cinq prochaines années la somme que le gouvernement devrait ajouter pour assurer des services de qualité aux 13 000 personnes semi-autonomes dont elles prennent soin.

L’idée n’est pas seulement de retenir les employés, explique Mme Charpentier. «Il faut en attirer aussi» fait-elle valoir, inquiète de voir la marge énorme qui sépare les ressources intermédiaires des services publics en termes de salaire.

«Ce que le gouvernement offre ne comble même pas l’augmentation du salaire minimum», déplore-t-elle.

Le gouvernement propose en effet une hausse de 8 % sur 5 ans aux ressources intermédiaires et pendant la même période, le salaire minimum augmentera de 18 %. 

«C’est complètement insensé», déplore l’Association.

«On est tous inquiets. On a de la difficulté à prévoir ce qui va se passer dans les prochaines années à court terme», indique Mme Charpentier. «Est-ce que je vais être capable d’offrir le même type de service dans un an, dans deux ans? Il n’y a rien de sûr», déplore-t-elle.

«Par rapport aux soins, j’ose espérer que jamais on ne touchera à ça, mais par rapport au temps attribué à chacun des résidents, par rapport aux toilettes partielles, par rapport aux bains et tout ça, clairement, à un moment donné, on ne pourra pas fournir», craint-elle. «Il va falloir diminuer le personnel pour mieux payer ceux qui sont là. Et ce n’est pas ce qu’on souhaite. Ce qu’on souhaite, c’est l’augmenter.»

Santé

Grève des ambulanciers: Québec pressé de régler le conflit rapidement

Shawinigan — L’inquiétude est vive, au Collège Shawinigan, où les finissants en soins préhospitaliers d’urgence ne savent pas encore s’ils pourront faire leur stage de fin d’études, l’hiver prochain, les ambulanciers du Québec étant toujours en grève.

Le directeur des études au Collège, Éric Milette, a confirmé au Nouvelliste, vendredi, que le Collège a changé son fusil d’épaule et ne donnera finalement pas de diplôme aux finissants du programme tant que ces derniers n’auront pu faire de stage en situation réelle.

«On a travaillé avec le département et le ministère de la Santé et on reconnaît que ça prend absolument des stages, dans le domaine des soins préhospitaliers d’urgence, pour être en mesure de diplômer les étudiants», indique M. Milette.


Actualités

Le Dr Alain Veilleux radié pour cinq mois

Trois-Rivières — Le médecin trifluvien Alain Veilleux vient d’être radié temporairement par le Collège des médecins pour une période de cinq mois en lien avec le décès d’un patient qui s’était présenté à l’urgence de l’hôpital régional de Trois-Rivières alors qu'il y assumait la garde.

Le médecin avait d’ailleurs plaidé coupable à une plainte de négligence portée par le Collège des médecins dans cette affaire.

Les faits remontent à septembre 2011, au moment où un homme de 65 ans s’était présenté à deux reprises à l’urgence, dont la seconde fois en ambulance, essentiellement pour des symptômes d’anxiété et d’insomnie. Lorsqu’il est ausculté par le Dr Veilleux, ce dernier n’effectue pas d’examen physique et ne demande pas de bilan paraclinique. Il porte un diagnostic d’anxiété et prescrit du Xanax à l’homme, qui décédera subitement chez lui quelques heures plus tard.

L’autopsie a révélé que l’homme a succombé à un syndrome coronarien caractérisé par plusieurs micro-infarctus récents, en plus d’une insuffisance cardiaque qui évoluait depuis environ une semaine. Le médecin n’avait pas consulté le dossier médical du patient, qui faisait pourtant état d’une insuffisance rénale chronique, de maladie cardiaque, de diabète de type 2, d’hypertension, d’anémie sévère et d’une maladie vasculaire périphérique.

Selon le jugement rendu le 25 octobre par le Collège des médecins, «l’intimé a omis de remplir son obligation de moyens à l’égard de son patient et il n’a pas respecté, en ce sens, les règles de l’art en médecine d’urgence».

Alain Veilleux avait déjà fait l’objet d’une radiation temporaire, prononcée en 2015 mais pour des événements survenus en 2012, alors qu’il avait fait défaut de demander un test sanguin qui aurait confirmé le diagnostic de malaria chez un patient présentant de la fièvre et qui revenait de Madagascar. 

Par ailleurs, le médecin avait fait l’objet d’autres avertissements pour des défauts de diagnostic, négligence et manque de disponibilité lors des appels au service d’urgence lorsqu’il était en garde de nuit. 

Depuis le 22 janvier 2016, le Dr Veilleux est contraint à une limitation de pratique qui l’engage à pratiquer la médecine familiale en cabinet afin de ne plus évaluer de patients dans un contexte de sans rendez-vous et ne peut plus également exercer la médecine dans une salle d’urgence d’un établissement de santé. En outre, le médecin a exprimé ses remords face à ce patient et sa conjointe.

Actualités

Un bureau du pot à Louiseville

Louiseville — L’ouverture manifestée par Yvon Deshaies concernant l’arrivée d’entreprises de cannabis thérapeutique à Louiseville porte ses fruits.

Après la construction d’une usine de production de pot thérapeutique, voilà qu’un bureau de consultation pour avoir accès à du cannabis thérapeutique vient d’ouvrir ses portes en plein centre-ville et qu’un projet de coopérative visant à ériger un lieu de production de cannabis thérapeutique sur une base individuelle est en gestation.

Situé tout juste à côté du bureau de comté de la députée fédérale Ruth Ellen Brosseau, Cannabis médical Louiseville est en exploitation depuis un mois. L’entreprise offre sur rendez-vous le service de consultation à toute personne ayant un problème de santé qui pourrait être soulagé par la prise de cannabis thérapeutique. L’équipe en place évalue le dossier d’un patient potentiel en se basant sur le diagnostic d’un médecin. 

«On ne fouine pas dans le dossier pour trouver quelque chose de personnel, on a besoin d’avoir le diagnostic posé par un médecin pour un problème de douleur lombaire, de douleur après une opération. Si le patient est qualifiable, il rencontre un médecin pour voir si un traitement par cannabis thérapeutique est approprié», explique Régis Gaudet, le gérant de l’entreprise.

Selon M. Gaudet, le Collège des médecins du Québec n’est pas très porté sur l’utilisation du cannabis thérapeutique pour soulager la douleur de certaines personnes, si bien que les médecins québécois sont très rares à prescrire ce genre de traitement. 

Voilà pourquoi l’entreprise fait affaire avec des médecins d’autres provinces canadiennes. Si le patient est qualifiable, il discute de son cas avec un médecin de la Colombie-Britannique, de l’Ontario ou de la Nouvelle-Écosse par l’entremise de l’application Skype. La consultation se fait donc à distance.

«On travaille particulièrement avec des médecins de la Colombie-Britannique, car il y a une ouverture là-bas pour le cannabis thérapeutique, mentionne M. Gaudet. La télémédecine se fait dans plusieurs provinces.»

Selon M. Gaudet, près de 20 personnes ont jusqu’à maintenant fait affaire avec Cannabis médical Louiseville pour des cas de fibromyalgie, de cancer, de douleurs chroniques au dos. De ce nombre, 14 ont rencontré à distance un médecin basé en Nouvelle-Écosse et sont en processus avec Santé Canada pour avoir le permis permettant de cultiver leur propre plant de cannabis, question de réduire les coûts de la médication.

«Quand tu rencontres le médecin par Skype et que tu te qualifies, tu reçois une semaine plus tard un formulaire de Santé Canada (pour le permis de culture de cannabis). Notre travail est aussi d’aider les patients pour remplir le formulaire. On les accompagne», dit Régis Gaudet.

Les gens qui pensent pouvoir se procurer du cannabis dans les locaux de Cannabis médical Louiseville se trompent royalement. L’entreprise ne vend aucun produit du cannabis, qu’il soit en joint, en huile ou en crème. D’autres entreprises dans la région, comme dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine ou à Shawinigan, sont spécialisées dans la transformation et la distribution de cannabis thérapeutique. 

D’ici quelques semaines, le commerce vendra des équipements (lampes d’éclairage, engrais) pour favoriser la culture des plants de cannabis. 

L’entreprise pourra aussi guider les patients concernant les exigences en matière d’installation électrique et de contrôle d’humidité.

«Si le patient ne fait pas pousser son cannabis, on va le diriger vers un producteur autorisé par Santé Canada.»

Les services de Cannabis médical Louiseville coûtent 150 $ pour tout patient qui a une ordonnance de cannabis thérapeutique variant de 1 à 5 grammes par jour. Si l’ordonnance est de 5 à 10 grammes, les frais sont de 250 $. Ces frais n’incluent pas le cannabis.

Actualités

Légalisation du cannabis: tout pour le récréatif, rien pour le médical

Trois-Rivières — Les propriétaires d’une clinique spécialisée en cannabis médical affirment que tout ce qui englobe le projet de loi du gouvernement fédéral concernant la légalisation du cannabis laisse toute la place à l’aspect récréatif et met de côté l’aspect thérapeutique.

Shantal Arroyo et Mihail Sandev sont les copropriétaires de la clinique Croix Verte à Montréal. Le duo est en tournée québécoise pour rappeler que même si le cannabis thérapeutique est encadré par le fédéral depuis plusieurs années, le produit demeure difficile d’accès.

«Les médecins au Québec ne prescrivent pas le cannabis médical, affirme Mme Arroyo. Les patients n’ont pas accès à du cannabis médical, car il y a seulement un producteur au Québec.»

Plusieurs indications laissent entendre que des boutiques gérées par le gouvernement du Québec vendront le cannabis lorsque ce produit sera légalisé d’ici juillet 2018. 

Selon Mme Arroyo et M. Sandev, les consommateurs ne seront pas conseillés lorsqu’ils se procureront du cannabis.

«C’est une mauvaise idée de ne pas connaître le produit. Le cannabis peut avoir des effets inconfortables pour des gens, et rien pour d’autres. Quand on vend de la bière, on sait ce que ça fait. Pour le cannabis, ça prend une connaissance supérieure pour donner le bon produit à la bonne personne. L’important est la génétique de la plante pour l’agencer au bon individu. C’est une plante qui a des milliers de génétiques. Le cannabis est un antidouleur et un anti-inflammatoire. Mais ça fonctionne si on a le bon produit», soutient M. Sandev.

La vente devrait plutôt être confiée à des établissements spécialisés, comme le recommande l’Association québécoise des intervenants en cannabis médical.

«Si l’État vend un gummy à quelqu’un qui fait un bad trip, il va poursuivre l’État?» se questionne Shantal Arroyo. La place de l’État est d’encadrer, pas de vendre.»

M. Sandev est d’avis que la demande pour du cannabis thérapeutique est supérieure à la production au Québec, ce qui incite des gens à retourner sur le marché noir. 

Ces deux membres de l’Association québécoise des intervenants en cannabis médical annoncent qu’un projet de coopérative réunissant des producteurs privés est dans l’air.

«Ce serait de petits producteurs standardisés pour fournir les gens afin qu’on n’ait pas de pénurie de cannabis médical», mentionne Mme Arroyo.

Cette dernière sait très bien qu’une telle initiative est illégale.

«On le fait depuis 10 ans (à leur entreprise). On n’est pas pire que les commerces qui vendent des pipes à eau ou des salons de massage. C’est même le contraire. On fait de la santé publique, on encadre les gens et on les sort du marché noir.»

Actualités

Se battre pour vivre

Bécancour — Le 25 mai dernier, la vie d’Annie Lafrance et de son conjoint Martin Joly a basculé. Les deux parents de Bécancour ont accueilli dans leur famille comptant déjà trois autres enfants la petite Zoey avec douze semaines d’avance.

Depuis cette naissance prématurée, les deux parents ne comptent plus les aller-retour à l’hôpital pour enfants Sainte-Justine de Montréal où la petite est toujours hospitalisée aux soins intensifs. Afin de venir en aide à ces deux parents confrontés à des dépenses imprévues, une campagne de sociofinancement a été lancée.

La petite Zoey est née après seulement 28 semaines de grossesse, soit douze semaines avant le temps normal. Lorsqu’elle est sortie du ventre de sa mère, elle ne pesait que 2,2 livres. 

«Elle était vraiment minuscule. Elle n’avait que la peau et les os», se souvient Annie Lafrance. 

Cette naissance prématurée a entraîné des problèmes pulmonaires et de digestion chez l’enfant.

«Elle a deux problèmes, dont la nourriture. Elle va avoir une opération pour avoir une gastrostomie, mais elle doit être capable de tolérer cette opération. On ne peut pas l’envoyer en opération, si on pense qu’elle ne va pas s’en sortir à cause de ses poumons», explique la mère de la petite. 

«Il faut attendre. On ne sait pas quand ses poumons seront capables de subir l’opération. Et c’est long les poumons à se former et à guérir de tout ça. [...] Mais elle montre qu’elle se bat. Elle se bat très bien et elle est débordante d’énergie. Elle nous fait de beaux sourires et commence à jaser comme un bébé.»

Même si elle démontre des signes évidents de battante, la petite Zoey est aidée d’un appareil pour respirer. Sans ça, elle n’y arriverait pas. «Si on enlève son appareil, elle va faire un arrêt cardio-respiratoire», précise Mme Lafrance. «Elle ne reçoit que huit litres d’air à la minute. C’est comme rouler à 120 km/h sur l’autoroute, mettre sa tête dehors et essayer de respirer.» 

Ces conditions médicales pourraient cacher quelque chose d’encore plus grave. L’enfant a passé des tests, car les médecins soupçonnent la présence d’une maladie pulmonaire mortelle. 

«On est toujours en attente des résultats. Ce sont des tests qui sont envoyés pour analyse aux États-Unis», souligne Annie Lafrance. «Quand on s’est fait dire ça, mon conjoint a aussi pris congé pour être à l’hôpital et à la maison avec les enfants. On devrait avoir des nouvelles de ces tests dans les prochaines semaines.»

Cette attente engendre un stress important chez toute la famille. «Si les tests sont négatifs, les médecins vont certainement conclure à une bronchodysplasie sévère des prématurés. C’est une maladie que les bébés prématurés sévères ont», explique la mère de Zoey. 

Et si jamais les tests sont positifs, les médecins devront passer des tests génétiques chez les parents pour poursuivre l’analyse. Cette option ne veut bien sûr pas être envisagée par les deux parents de Zoey, rongés par l’inquiétude. 

Depuis que Zoey est née, ses parents se relayent à l’hôpital Sainte-Justine. Lorsqu’un des deux est à Bécancour pour s’occuper du reste de la famille, l’autre est auprès de Zoey. 

«Comme mon mari dit souvent, on est capable de payer le loyer et tout ce que nous avons besoin. Mais nous n’avons pas d’extra», avoue Annie Lafrance. 

«Tout ce qui est à Montréal, ça monte vite. Le Manoir Ronald McDonald n’est pas cher, mais c’est dix dollars par nuit. Ça fait donc 300 $ par mois plus 100 $ pour le stationnement de Sainte-Justine. Et c’est à part l’essence et la deuxième épicerie. Ce sont des coûts qu’on ne pense pas lorsqu’on a un bébé.» 

C’est donc pour payer ces dépenses supplémentaires liées aux déplacements, au stationnement, à l’hébergement au Manoir Ronald McDonald ainsi que la nourriture lors des séjours à Montréal que la campagne a été lancée. L’objectif est d’amasser 3000 $. Déjà dimanche, près de 1300 $ avaient été récoltés. 

Des dons pour la campagne de sociofinancement Zoey et ses parents de Bécancour peuvent être faits au www.yoyomolo.com/pour-zoey-et-ses-parents-non. 

De plus, des canettes de dons ont été installées à la station-service Petro-Canada, à la pharmacie Familiprix du domaine Godefroy à Bécancour ainsi qu’au supermarché Metro et au Familiprix du village de Saint-Grégoire. 

Santé

Infirmières en chirurgie: Barrette rejette les accusations du PQ

Le Soleil — Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a rejeté mardi les accusations de l’opposition officielle, selon qui le manque de disponibilité des chirurgiens pour donner la formation d’infirmière de première assistance en chirurgie (IPAC) est attribuable à ses «mesures de coercition» et aux «diminutions de budget».

Le Soleil rapportait la semaine dernière que la seule université du Québec qui formait des IPAC, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), avait décidé de mettre fin à son programme, faute de chirurgiens disponibles pour donner la formation. La cinquantaine d’étudiantes de la dernière cohorte, qui sont actuellement en stage, finiront leur formation en décembre, après quoi le programme sera fermé. 

Ces 50 recrues s’ajouteront à la centaine d’IPAC qu’on compte actuellement au Québec et qui travaillent notamment en chirurgie orthopédique, cardiaque, urologique et gynécologique. Ces professionnelles peuvent poser plusieurs actes cliniques, dont inciser, disséquer et prélever des tissus de même que suturer la plaie chirurgicale, facilitant ainsi la tâche des chirurgiens, qui peuvent être libérés plus rapidement.

Invité la semaine dernière à réagir à l’article du Soleil, le ministre Barrette s’était dit «surpris» du manque de disponibilité des chirurgiens pour donner la formation d’IPAC, soulignant que les médecins spécialistes avaient réclamé cette formation à l’époque où il les représentait. 

En chambre, mardi après-midi, la députée Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, a rappelé qu’à l’hôpital de Hull et au Glen du CUSM, on avait récemment dû reporter des chirurgies en raison du manque d’infirmières formées pour travailler en salle d’opération. 

«Le ministre s’est dit surpris. Surpris de quoi? Que ses mesures de coercition, que ses diminutions de budget aient un impact sur la disponibilité des chirurgiens qui ont toujours, historiquement, réussi à faire de la formation, et que ça crée une pénurie d’infirmières formées pour le bloc opératoire?» a demandé la députée de Taillon.

Le ministre Barrette a affirmé que la fin du programme de l’UQTR n’était pas «une question d’investissements». 

Il a du reste dit souhaiter que le programme se poursuive, tout en plaidant que le dossier n’était pas sous sa juridiction. 

Santé

Sursis pour la résidence l’Entre-Deux

La résidence pour personnes handicapées l’Entre-Deux bénéficie d’un sursis et demeurera ouverte. Les résidents ont poussé un soupir de soulagement vendredi après-midi lors d’une assemblée générale sur la question. Le conseil d’administration de la résidence devra toutefois trouver des solutions pour redresser les finances de la corporation qui affiche un déficit accumulé d’environ 125 000 $.

Les 24 résidents des deux pavillons de l’Entre-Deux étaient présents à cette assemblée générale. Plusieurs proches de ceux-ci ainsi que membres du personnel, qui n’avaient pas le droit de vote, étaient aussi sur place pour prendre part aux discussions sur l’avenir du service pour personnes handicapées. La tension était palpable, car plusieurs personnes craignaient la fermeture de la résidence. Il s’agissait d’une des options sur la table, mais elle a été rejetée massivement pas les résidents.  

Le déficit de 125 000 $ s’accumule depuis la création de la corporation de la résidence, il y a un peu plus de 20 ans. En 2017, le déficit de la résidence a été de 49 300 $, ce qui a fait grossir le déficit accumulé. Entre 2016 et 2017, les salaires et charges sociales inscrits au budget ont bondi de 70 000 $. La direction de la résidence soutient que cela est dû à l’utilisation accrue d’heures supplémentaires, devant la difficulté de recruter des préposés aux bénéficiaires. Le syndicat répond à cela que lors de la négociation de la dernière convention collective, les employés ont accepté que soient coupées 90 heures de travail par semaine afin de faire des économies. Des parents de résidents ont soulevé ce paradoxe et ont affirmé que cela faisait la démonstration de la mauvaise gestion de l’endroit.

Ne cachant pas qu’il y a un problème de déficit accumulé, le président du conseil d’administration, Jocelyn Bouchard, soutient que des changements devront être apportés à l’administration de la résidence pour éviter de faire progresser le déficit accumulé depuis la création de la résidence en 1995, mais aussi que le financement est adéquat. «Notre budget est comparable à celui des résidences similaires. Nous devrions pouvoir avoir un budget équilibré avec le financement que nous avons du CIUSSS (1,1 million $)», a-t-il précisé après la rencontre. «On se doit de renégocier la convention collective. Avec l’expérience, on va négocier pour que le temps supplémentaire soit beaucoup plus bas.»

Les discussions ont été houleuses à quelques reprises vendredi après-midi. Le spectre d’une possible fermeture de la résidence rendait plusieurs personnes émotives. «Il y a des points de vue variés. Ç’a été un peu houleux, mais ça prenait de bonnes discussions. Et il en ressort des éléments positifs. Les gens veulent que ça reste ouvert et ils ne veulent pas recommencer à zéro avec un nouveau conseil d’administration», a ajouté M. Bouchard.  

Dans les prochaines semaines, les postes vacants du conseil d’administration de la résidence doivent être comblés afin de mener à bien cette restructuration de la gouvernance notamment en embauchant un nouveau directeur général. Plusieurs personnes et résidents présents à l’assemblée de vendredi ont manifesté leur intérêt d’intégrer le conseil d’administration. Actuellement, deux places sont réservées aux résidents, ce qui pourrait changer prochainement.

Yannick Bellemare est un des résidents du pavillon du Cap-de-la-Madeleine. Il avoue en effet que l’inquiétude était un sentiment généralisé depuis un certain temps. «Ça a créé beaucoup d’inquiétude. Au Cap, on est encore plus isolé qu’à Trois-Rivières. Le conseil d’administration vient à Trois-Rivières, mais pas au Cap. Ils ne nous donnent aucune information. Il y a beaucoup d’incertitude. On s’est réuni dernièrement et quelques-uns se sont mis à pleurer», a soutenu Yannick Bellemare qui ajoute que la décision de maintenir la résidence ouverte est très bien accueillie par ceux qui y habitent.
Lorsque la décision de maintenir la résidence ouverte a été annoncée, plusieurs résidents ont applaudi. Ils sont très heureux de pouvoir continuer de vivre chez eux. Certains, comme Sara Milot, peuvent maintenant se concentrer sur leur projet personnel. Cette jeune femme originaire de La Tuque poursuit d’ailleurs des études en Gestion et intervention en loisir au Collège Laflèche. «J’avais peur pour la suite des choses. Je ne voulais pas que ça affecte mes études. Mais aujourd’hui, on est rassuré et on va pouvoir dormir», a avoué la jeune femme.


Santé

Investissement de 12 M$ à la Maison Olivier

La Maison Olivier de Shawinigan est sortie de l’anonymat par la grande porte, jeudi matin, en annonçant un investissement de 12 millions de dollars pour un agrandissement qui permettra d’ajouter 97 chambres à cette résidence pour aînés spécialisée dans l’accompagnement de personnes atteintes de troubles cognitifs.

En fait, ces travaux toucheront le lieu auparavant connu sous l’appellation de la Résidence Da-Mie. Au printemps, trois jeunes entrepreneurs de Sorel, Ive-Étienne Gélinas-Lapierre, Sylvain Descheneaux et Pierre-André Dumas, se sont associés à Janick Lemoine pour acheter cet établissement. Le quatuor a aussi fait l’acquisition de la Résidence Saint-Sauveur, qui compte 16 unités dans le secteur Shawinigan-Sud.

Située derrière le quartier général de la Sûreté du Québec, la Maison Olivier offrait déjà 52 chambres à sa clientèle, toute référée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

L’agrandissement, une annexe sur deux étages, permettra dorénavant de réserver un bloc de 34 chambres privées qui pourront être offertes à la communauté. L’entente avec le CIUSSS Mauricie - Centre-du-Québec sera maintenue, avec l’ajout de 63 chambres. 

La Maison Olivier vient justement de remporter deux appels d’offres du réseau public pour Shawinigan. 

«Nous avions besoin de cinq places pour des personnes avec des problèmes cognitifs, dix pour la déficience physique et douze pour du post-hospitalier», précise Isabelle Dion, chef des relations contractuelles des ressources non institutionnelles, du soutien à l’autonomie de la personne âgée, de la déficience physique et des résidences privées pour aînées au CIUSSS MCQ. «Dans le cadre de cette entente, ils fournissent les services d’assistance, de gîte et de couverts, alors que nous assumons les services professionnels tels que les infirmières, les travailleurs sociaux et la réadaptation.»

La nouvelle partie sera divisée en plusieurs ailes, qui seront attribuées à la déficience physique, aux soins post-hospitaliers et aux usagers présentant des troubles cognitifs.