Éducation

Les futures sages-femmes veulent être payées

Trois-Rivières — Les étudiantes en pratique sage-femme demandent au gouvernement du Québec de les rémunérer pour les stages et l’internat qu’elles doivent faire au cours des quatre années que dure leur formation. Ces étudiantes doivent en effet faire pas moins de 2400 heures de stages et d’internat. «Nous faisons tous ces stages de façon bénévole, gratuite et ça encourt un endettement assez majeur et cet endettement vient même entraver le délai dans lequel on réussit à réaliser notre programme», explique Françoise Hasty, représentante du comité de mobilisation de rémunération de l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec.

Cet endettement fait en sorte que la diplomation se fait «au compte-goutte», indique Mme Hasty. Au moins le tiers de toutes les étudiantes sages-femmes du Québec (elles sont 76) se sont réunies pour manifester, mardi, au seul endroit du Québec où leur formation est dispensée, c’est-à-dire à l’Université du Québec à Trois-Rivières. «On propose au gouvernement de s’inspirer du salaire des stagiaires dans la fonction publique, selon les échelles salariales déjà établies. Pour ce qui est de l’internat, qui est notre stage final, on constate qu’on a les mêmes responsabilités que les résidents en médecine, donc on réclame un salaire qui se rapproche plus de celui des résidents en médecine familiale», indique Mme Hasty.

Actualités

Des préposées enceintes rappelées au travail

Trois-Rivières — Le manque criant de préposés aux bénéficiaires dans les établissements du CIUSSS régional force le retour au travail de préposées enceintes qui bénéficiaient d’un retrait préventif.

Le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec a contacté 11 personnes le 9 février dernier pour les sommer de revenir au travail en raison des besoins en main-d’œuvre. Ces préposées ne reviennent pas à cette fonction, mais bien comme aides de service: elles ne déplacent pas de patients, mais peuvent les aider à manger ou transporter des plateaux.

La pénurie de préposés aux bénéficiaires n’est pas une nouvelle en soi, mais elle atteint un tel niveau que le CIUSSS doit agir ainsi, confie Martin Beaumont.

«L’employeur a le droit de réassigner les gens en éliminant les risques. Si on est capable de le faire, on va le faire», déclare le président et directeur général du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

«Ce n’est pas une pratique nouvelle. C’est pour donner un coup de main aux préposés aux bénéficiaires», ajoute Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS.

En considérant les 11 préposées aux bénéficiaires nouvellement revenues au travail, le CIUSSS mise depuis quelques mois sur 27 préposées enceintes de retour d’un retrait préventif qui œuvrent comme aides de service. Une situation qui déplaît à Pascal Bastarache, président du syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec.

«On est en pénurie de personnel, mais faire revenir des femmes enceintes, avec les risques que cela représente, ce n’est pas une de mes options préférées», dit-il.

Le contrat de travail unissant le CIUSSS à ses travailleurs prévoit que l’employeur peut se prévaloir d’une telle mesure. Selon le syndicat, la direction doit toutefois s’assurer de respecter trois conditions.

«Ça prend l’autorisation du médecin traitant, il faut que l’employeur examine le milieu de travail pour qu’il soit sécuritaire et il doit évaluer les tâches de la salariée pour s’assurer que ça respecte sa condition», énumère M. Bastarache, qui se dit surpris d’apprendre que les 11 préposées enceintes récemment contactées sont déjà au travail, car selon lui, leur rappel a été suspendu le temps que les deux parties discutent du sujet lors d’une rencontre qui aura lieu jeudi.

«C’est ça, le CIUSSS, une structure ingérable. C’est tellement rendu gros qu’il y a un manque de communication et ça a des répercussions sur le terrain.»

Selon ce dernier, l’employeur n’aurait pas respecté ces trois critères. Faux, réplique l’employeur. La seule condition à respecter est une règle de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

«Selon ce qu’on me donne comme information, le CIUSSS doit respecter le programme Maternité sans danger. Les gestionnaires doivent respecter le cadre du programme», déclare Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS.

M. Brunelle réfute certaines informations selon lesquelles des préposées enceintes œuvrant à titre d’aides de service ont changé des couches de résidents et ont aussi manipulé des draps de patients suivant des traitements de chimiothérapie, une manœuvre qui représenterait des risques pour leur santé. Il assure que la consigne de respecter le programme Maternité sans danger sera rappelée aux gestionnaires de plan de travail afin de ne pas utiliser ces aides de service pour remplacer ponctuellement les préposés advenant un manque de ressources, une crainte manifestée par la partie syndicale.

«Le programme prévoit une série de tâches qui peuvent être faites sans danger. On ne peut pas ramener une préposée enceinte dans un centre jeunesse où il y a une clientèle qui peut être violente», dit M. Brunelle.

Martin Beaumont est catégorique sur l’aspect de la sécurité des employés. «Notre travail est d’évaluer les risques. Je ne mettrai pas à risque nos employés», insiste le pdg du CIUSSS.

M. Bastarache refuse de donner son avis quant à l’acceptabilité de confier des travaux légers à une salariée enceinte.

«C’est une preuve de plus qu’on manque énormément de personnel. Mais je pense qu’on ne cible pas les bons objectifs. Il faut prendre soin de notre monde. Environ 25 % des travailleurs sont absents du travail pour cause de maladie, parce qu’ils quittent. Juste en prenant soin des travailleurs, on règle une partie du problème.»

Santé

Soins infirmiers: des étudiants à intégrer et à garder

Trois-Rivières — Cinq maisons d’enseignement offrant le programme de soins infirmiers et de sciences infirmières s’associent au CIUSSS pour mettre en place un plan favorisant l’attraction des étudiants et étudiantes et leur rétention lorsqu’ils auront leur diplôme en poche.

Le Collège Shawinigan, les Cégeps de Trois-Rivières, de Drummondville et de Victoriaville ainsi que l’Université du Québec à Trois-Rivières unissent leurs efforts à ceux consacrés par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec dans le lancement du parcours intégré de cheminement de carrière. Les étudiantes et étudiants qui seront de la rentrée scolaire de l’automne 2018 pourront vivre une expérience de travail au sein d’un établissement du CIUSSS. Dès la première session complétée en soins infirmiers (niveau collégial), les étudiants pourront oeuvrer comme préposés aux bénéficiaires.

Santé

De meilleures conditions réclamées dans les CHSLD

Trois-Rivières — Les soins offerts par des CHSLD de la région continuent d’être fortement critiqués et c’est le bureau du député Pierre Michel Auger qui a été le point de chute des doléances de personnes dont un proche est un résident des centres Cloutier-du Rivage, Louis-Denoncourt et Roland-Leclerc de Trois-Rivières.

Quelque 30 personnes sont allées rendre visite au député de Champlain, lundi matin, afin de dénoncer le manque de service découlant d’un personnel insuffisant et de lui demander d’intercéder auprès du gouvernement pour améliorer la situation. Loin de déblatérer contre le professionnalisme des préposés aux bénéficiaires, ces époux et filles de résident en ont assez de constater une régression de la qualité des soins.

La mère de Francine Rochette vit à la résidence Louis-Denoncourt depuis 2011. Selon elle, la pénurie de personnel entraîne des situations ayant un fort potentiel de gravité.

«Après les repas, il n’y a pas de surveillance au salon, car ils sont souvent deux préposés. Je suis intervenue à deux reprises pour une résidente agressive. La première fois, elle était en train d’étouffer une personne. L’autre fois, elle a frappé quelqu’un. Si je ne suis pas là, il arrive quoi?»

Chaque jour, René Defoy rend visite à son épouse au CHSLD Cloutier-du Rivage. Le manque de préposés est fréquent et la baisse de la qualité du service suit automatiquement, soutient-il.

«On paie 1867,50 $ par mois. Mais il manque toujours de personnel. Ce sont les patients qui paient pour, que ce soit pour l’hygiène, les repas. Des bouts, ça n’a pas de bon sens», raconte M. Defoy.

Les frais sont les mêmes pour la famille de la mère de Francine Rochette. Elle a la vive impression de ne pas en avoir pour son argent.

«Je me demande si on va continuer à payer. Je veux que ma mère soit bien, mais il y a trop de roulement de personnel. La stabilité est importante. Ma mère pleure quand elle voit quelqu’un qu’elle ne connaît pas. La gestion par le CIUSSS n’est pas un point fort. On sent qu’il n’y a pas d’intérêt à ce qu’on dit.»

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a participé à cette rencontre avec le député Auger. Le regroupement syndical propose d’améliorer les conditions de travail notamment en garantissant des heures de travail, en stabilisant les équipes dans une même unité et en cessant d’appeler à la dernière minute les préposés nouvellement embauchés.

Ces suggestions permettraient d’attirer des gens dans la profession et de les retenir, selon Claude Audy.

«Ce qu’on dit est de donner des postes, mais c’est trop simple pour notre employeur. C’est un problème d’organisation», martèle M. Audy, vice-président régional de la FSSS-CSN.

M. Audy demande au député Auger d’aller rencontrer la direction du CIUSSS et de discuter avec son collègue, le ministre Gaétan Barrette, afin de ramener les prises de décision au niveau local. M. Auger assure qu’il ira s’informer de la structure organisationnelle du CIUSSS auprès de sa direction.

«Je veux valider tout ça avec le CIUSSS. Je suis prêt à aller passer une journée dans un CHSLD, sans m’annoncer, pour voir comment ça se passe. Mais à la base, ce n’est pas un problème d’argent, car l’argent est là. Le problème est le manque de main-d’œuvre et la rétention.»

Selon M. Auger, le ministre de la Santé travaille sur une stratégie visant à embaucher et retenir des préposés aux bénéficiaires. Il croit que certaines questions pourraient être posées en ce qui concerne le niveau de formation et la révision du nombre de patients par préposé. Mais le problème sera réglé à condition que tous les intervenants collaborent.

30 au lieu de 4

Pierre Michel Auger a manifesté sa surprise d’accueillir quelque 30 personnes et des représentants des médias, lundi matin, alors qu’il s’attendait à en recevoir beaucoup moins.

«J’aurais aimé qu’on me le dise. On avait comme information qu’on recevait quatre personnes sans syndicat, sans média et sans point de presse. Je n’ai jamais refusé personne et les gens sont les bienvenus. Mais il faut m’avertir avant», déclare M. Auger, qui a rencontré les gens durant environ 30 minutes.

Le syndicat réplique que cette façon de faire était basée sur le fait que des familles se sont ajoutées et que la CSN a déjà été confrontée à l’absence d’un député (qui n’est pas Pierre Michel Auger) même si un rendez-vous avait été pris en bonne et due forme.

«Si on nous donne la garantie de nous accueillir, on ne fera pas la même stratégie, assure M. Audy. Mais en même temps, il n’y avait rien de violent. On a jasé.»

Actualités

Les candidatures attendues au CIUSSS MCQ

Trois-Rivières — Bien que nous soyons en plein cœur de l’hiver, c’est le moment de l’année pour les jeunes de la Mauricie de proposer leur candidature pour un emploi d’été. L’équipe de recrutement du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec offre la possibilité de travailler à un salaire très compétitif, soit entre 17 $ et 20 $ de l’heure.

Du 12 au 28 février, les jeunes de partout sont invités à proposer leur candidature pour un emploi d’été, près de chez eux. Ils auront la chance de travailler dans différents secteurs tels que la cuisine, les bureaux, la buanderie, l’entretien ménager, en tant que préposé aux bénéficiaires ou en réadaptation.

Santé

La Fédération des médecins spécialistes accuse Québec de coulage d’information

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) accuse «quelqu’un» au gouvernement de couler «toutes sortes d’informations inadéquates» aux médias dans le seul but de «dénigrer ses membres» et de «semer la zizanie» entre eux.

Dans un message intitulé «Rumeur, vérité et mensonge» adressé à ses membres, et dont Le Soleil a obtenu copie, la présidente de la FMSQ affirme qu’elle se doit de faire une mise au point sur le volet financier de l’entente conclue vendredi en raison de «toutes les fausses informations qui circulent dans les médias». Sans le nommer, elle accuse «quelqu’un» (elle laisse ses membres «deviner qui») de ne pas vouloir que cette entente se concrétise et d’être à l’origine des fuites dans les médias. 

Selon La Presse, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, éprouverait de sérieuses réserves quant aux résultats des négociations, qui ont été menées par le Conseil du Trésor. Le ministre de la Santé en a été écarté alors que la FMSQ s’apprêtait à déposer une requête en Cour supérieure pour faire valoir son droit de négocier ses conditions de travail.

La présidente de la FMSQ ne confirme pas et n’infirme pas le montant qui sera versé aux médecins spécialistes. Elle indique seulement que le volet financier de l’entente concerne «le rattrapage du rattrapage du rattrapage, dont une partie seulement, celle qui était retenue par Gaétan Barrette, sera versée sous forme de chèque». 

Mardi, La Presse rapportait que Québec devait 480 millions $ aux spécialistes, une dépense non récurrente qu’il remboursera sur quatre années financières et qui était déjà inscrite dans le budget de Carlos Leitão, déposé il y a un an. 

Ces sommes, écrivait le quotidien, auraient dû être versées aux médecins en 2015-2016 et en 2016-2017, mais ne l’ont pas été parce que le ministre Barrette les avait retenues comme levier dans le cadre des négociations avec les spécialistes. «La facture a grimpé durant les dernières années, mais l’origine de cette dette vient de sommes non versées à la suite des ententes conclues avec le gouvernement Marois», précisait encore La Presse.

«Plus complexe»

Dans son message à ses membres, la présidente de la FMSQ affirme qu’il est faux de prétendre que chacun des 10 000 médecins spécialistes recevra un chèque de 50 000 $ ou de 12 000 $ d’ici le 31 mars, comme l’ont rapporté les médias. «C’est pas mal plus complexe que ça», écrit-elle.

Selon la Dre Francoeur, plusieurs nouvelles mesures entreront en vigueur. «Le paiement des chefs, les dossiers électroniques et les obligations de couverture de garde que nous assumons à même l’enveloppe, seront assurés avant les chèques», précise-t-elle simplement, tout en assurant que la FMSQ n’a «rien à cacher» et que ses membres seront informés des détails de l’entente quand elle sera signée par le ministre de la Santé.

La présidente de la FMSQ confirme par ailleurs qu’il n’y a «pas d’argent frais pour l’instant». «Pour ce qui est de l’avenir, notre objectif ayant toujours été la parité canadienne en respectant la «richesse» du Québec, nous allons participer à l’étude de parité pancanadienne qui devrait établir notre positionnement en matière de rémunération», ajoute-t-elle. La Dre Francoeur réfute l’affirmation voulant que la rémunération des médecins spécialistes québécois soit de 10 à 15 % au-dessus de la parité ontarienne. 

La présidente de la FMSQ conclut son message en mentionnant que les spécialistes n’auront «pas un gros chèque à offrir pour la Saint-Valentin, mais beaucoup plus». «Il y a de la lumière au bout du tunnel, vous allez retrouver votre dignité et la nécessaire collaboration dans votre milieu de travail», expose-t-elle, en référence, comprend-on, aux gains obtenus concernant les dispositions des lois 20 et 130. 

Il n’a pas été possible d’obtenir des précisions sur l’entente auprès de la FMSQ, mardi. 

Politique

Médecins spécialistes: Québec veut régler sa «dette énorme»

Le gouvernement s’apprête à verser une importante compensation — près de 500 millions $ — aux médecins spécialistes, de l’argent qui leur serait dû depuis plusieurs années. À qui la faute? Les partis politiques se sont tour à tour pointés du doigt mardi comme responsables de cette dette envers les médecins.

Sans livrer les détails de l’entente qu’il vient de signer avec les spécialistes, le président du Conseil du Trésor Pierre Arcand a expliqué qu’elle n’entraîne «pas de nouvelle hausse comme tel» du salaire des médecins et qu’elle ne contient pas «d’argent neuf». Il s’agirait plutôt d’une «dette», qui remonte à 2007 et que le gouvernement n’a jamais réglée.

«Si on avait été dans une situation budgétaire meilleure autour de 2008 en particulier, probablement qu’on aurait pu régler ça, et on n’aurait pas ces montants astronomiques qui se promènent à gauche et à droite», a expliqué M. Arcand. 

En chambre, le premier ministre Philippe Couillard a soutenu que «chaque parti qui a été au gouvernement» a joué un rôle dans l’accumulation de cette dette, taxant le Parti québécois (PQ) de l’avoir laissé grossir de 2012 à 2014. Jean-François Lisée, chef du PQ, a quant à lui accusé François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) d’avoir mis «le doigt dans l’engrenage» en promettant aux médecins l’équité avec les autres provinces dès 2003, alors qu’il était ministre de la Santé au Parti québécois. Une «mauvaise idée» du PQ à l’époque, juge M. Lisée. 

«On a accumulé une dette énorme envers la Fédération des médecins spécialistes du Québec. On a le choix : soit prétendre qu’elle n’est pas là et finir par la payer un jour avec les intérêts, soit, comme nous l’avons fait, nous en libérer», a justifié M. Couillard. 

Le ministre Arcand dit s’être également assuré que la masse salariale des médecins n’excède pas 20 % du budget du ministère de la Santé. 

«Ça dépasse l'entendement»

Les partis d’opposition ont décrié d’une même voix cette compensation. «Vous pourriez au moins trouver que c’est indécent, comme le reste des Québécois!» a lancé M. Lisée en s’adressant au premier ministre. 

Selon M. Lisée, «ça dépasse l’entendement» qu’après avoir entendu les histoires des infirmières et des préposées aux bénéficiaires épuisées ces dernières semaines, le gouvernement cède une nouvelle fois devant les médecins. «Que ce soit budgété tant qu’ils veulent, le besoin n’est pas là.» Un gouvernement péquiste gèlerait la rémunération des médecins et rouvrirait l’entente qui vient d’être conclue.

«Ce qui m’a le plus choqué, c’est d’apprendre que ça les amènerait à un salaire de 10 % à 15 % plus élevé que celui des spécialistes dans le reste du Canada. Ça n’a aucun bon sens. Il y a des limites», a quant à lui réagi François Legault. Il a réclamé que le gouvernement rende publique immédiatement l’entente secrète signée avec les médecins, sans succès. «Il ne peut pas laisser traîner ça, là. Je sens une grogne dans la population», a averti M. Legault. 

Amir Khadir, député de Québec solidaire, croit que Philippe Couillard et Gaétan Barrette sont des médecins «à l’argent». «Comme ils le sont, ils pensent que tous les médecins, c’est la seule chose qui les intéresse. Ça, c’est déplorable pour la vocation des médecins.» M. Khadir s’est également attaqué à «la petite gang qui domine l’establishment médical» et qui a signé cette entente avec le gouvernement. 

Finies les ruptures de service

Même s’il avait été écarté des négociations financières avec les spécialistes, le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’est tout de même réjoui de l’entente, qu’il a qualifiée «d’historique». 

Selon lui, elle comporte «des avancées spectaculaires» pour le Québec, car elle assure qu’il n’y aura plus de ruptures de services, en anesthésie ou en gynécologie par exemple, dans toutes les régions, 365 jours par année. 

Un système de primes et de pénalités, payées à même l’enveloppe globale de rémunération, permettra aux médecins de se déployer partout, en tout temps. «On a maintenant une garantie de résultats», soutient M. Barrette. 

Le ministre de la Santé a également précisé que la «période de grâce» dont bénéficient les médecins dans le cadre de la loi 20 durera un an. Par la suite, des sanctions pourraient être imposées à ceux qui ne respectent pas la loi.

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Santé

Maltraitance organisationnelle: enquête de la Protectrice du citoyen réclamée

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) et l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ) demandent à la Protectrice du citoyen d’enquêter sur la maltraitance organisationnelle dans les établissements de santé.

Selon les trois organisations, la détérioration constante des conditions de travail de même que ses effets sur la santé du personnel et sur les services offerts à la population commandent une intervention immédiate de la Protectrice du citoyen «en raison des risques accrus de maltraitance organisationnelle».

Il y a maltraitance organisationnelle quand les politiques ou les procédures d’un établissement créent des situations pouvant causer du tort ou de la détresse aux usagers, a-t-on défini mardi en conférence de presse. 

Pour la présidente de la CSQ, Louise Chabot, la crise majeure que traverse actuellement le réseau justifie un tel recours à la Protectrice du citoyen.

«Ce qui se passe présentement n’est pas le fruit du hasard. C’est la conséquence de mauvais choix politiques. L’austérité du gouvernement Couillard et la réforme du ministre Barrette ont créé un chaos organisationnel. Le manque d’effectifs criant et l’épuisement généralisé du personnel affectent indéniablement la qualité et la sécurité des soins», estime Louise Chabot.

Selon elle, un gouvernement qui prétend vouloir prévenir et lutter contre toute forme de maltraitance, notamment auprès des aînés, doit agir afin de corriger sans tarder sa propre maltraitance organisationnelle du réseau.

La présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour, déplore quant à elle la détérioration des conditions de travail du personnel de la santé.

«Le démantèlement et l’instabilité des équipes de soins, ajoutés au manque criant de ressources, pèsent de plus en plus lourd sur le personnel. On le constate par l’augmentation importante du temps supplémentaire obligatoire, du recours à la main-d’œuvre indépendante, de l’assurance salaire, des cas de santé et sécurité au travail, ainsi que des incidents et des accidents lors de la prestation des services de santé», dénonce Claire Montour.

Santé

Framboises infectées: des centaines de personnes touchées en région

MONTRÉAL — Des framboises congelées importées de Chine ont rendu malades des centaines de personnes l’été dernier au Québec, dont plusieurs en Mauricie et au Centre-du-Québec, et en ont probablement tué certaines, selon un récent bilan de la santé publique.

Les petits fruits contaminés par un virus ont entraîné une grande vague de rappels parce qu’ils ont été utilisés par des transformateurs alimentaires – des brasseurs, des pâtissiers et des glaciers, par exemple – en plus d’être cuisinés par des cafétérias d’hôpital ou de résidences pour aînés.

Les framboises étaient contaminées par un norovirus, un type de virus très contagieux qui provoque des gastroentérites souvent longues et sévères. Au moins 724 Québécois sont tombés malades, un nombre qui ne représenterait que «la pointe de l’iceberg».

Selon le Dr Yves Jalbert, directeur de la protection à la Direction générale de santé publique du ministère de la Santé, il est évident qu’il y a eu des décès durant cette période, sans toutefois pouvoir en préciser le nombre. La santé publique ne suit pas l’évolution de chacun des malades infectés. 

Cinq régions du Québec auraient été touchées par la présence de ce virus. Selon les chiffres révélés par le Ministère de la Santé et des Services sociaux, c’est en Mauricie et au Centre-du-Québec que la contamination a été la plus forte, avec un total de 345 cas entre les mois de mars et de mai dans six résidences pour personnes âgées approvisionnées par la même cuisine centrale.

Avec Le Nouvelliste

Santé

Infirmières épuisées: la FIQ dit avoir eu des engagements de Barrette

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) dit avoir reçu des engagements de la part du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en vue de régler le problème de la surcharge de travail des infirmières.

Après une rencontre de deux heures avec le ministre, mardi en fin de journée, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s'est montrée satisfaite de l'ouverture manifestée par M. Barrette, à propos du litige sur le temps supplémentaire obligatoire et le ratio jugé trop élevé du nombre de patients sous la responsabilité de chaque infirmière durant un quart de travail.

Les deux parties ont convenu de se revoir dans deux semaines pour faire le point sur l'évolution du dossier.

La FIQ s'attend à court terme à l'ouverture de nombreux postes à temps complet, notamment.

Selon Mme Bédard, le ministre comprend la nature et l'ampleur du problème et s'est engagé à accélérer les choses, de manière à mettre en vigueur les lettres d'ententes signées entre les deux parties il y a deux ans.

«L'engagement que j'ai compris du ministre aujourd'hui, c'était qu'il allait faire en sorte que les choses allaient s'activer et qu'on devait avoir des résultats rapides», a commenté Mme Bédard, lors d'une mêlée de presse après la rencontre. Elle s'est montrée convaincue que les choses allaient changer.

Le ministre a aussi pris l'engagement de tout mettre en oeuvre pour que le ratio patients-infirmière corresponde dorénavant «aux besoins des patients», a ajouté Mme Bédard, laissant entendre que le ratio serait revu à la baisse, nécessitant l'embauche d'un grand nombre d'infirmières.

Elle s'attend également à des gestes concrets de la part de Québec pour limiter le temps supplémentaire obligatoire.

Le ministre Barrette s'est montré pour sa part plus évasif, refusant d'entrer dans les détails de la discussion et de ses conclusions.

«Je prends un certain nombre de choses en mains d'ici deux semaines», a-t-il commenté à son tour, en point de presse après la rencontre qualifiée de «cordiale».

Sur le fond des revendications, le ministre a dit que les infirmières avaient raison. «On s'entend sur la destination», a-t-il dit.

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COUILLARD FAIT TOUJOURS CONFIANCE À SON MINISTRE