Karine Thibault et son fils Gabriel Charest n’en peuvent plus d’attendre la réponse de la RAMQ.

Sans nouvelle de la RAMQ depuis quatre mois: «C’est très frustrant»

LA TUQUE — «Ça fait quatre mois qu’on attend la réponse de la contestation». Karine Thibault n’a plus de patience. Elle a contesté le refus de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) d’intégrer la composante iLevel au nouveau fauteuil de son fils de 19 ans atteint d’une maladie dégénérative, l’amyotrophie spinale de type 2. Depuis, c’est le silence total. On ne lui a même pas fourni un accusé de réception. Une fois de plus, elle a décidé de dénoncer la lenteur du système.

«En arrière de tous ces délais-là, il y a un jeune homme qui est en attente depuis presque un an pour avoir un nouveau fauteuil adapté à ses besoins et qui attend encore. C’est ça qui est le plus frustrant», lance Karine Thibault.

Rappelons que la mère du jeune homme de 19 ans se bat depuis plusieurs mois pour intégrer iLevel au nouveau fauteuil de Gabriel. Une composante qui pourrait améliorer ses activités au quotidien et qui lui permettrait de gagner beaucoup en autonomie.

La mère de Gabriel s’était indignée du refus de la RAMQ et avait vivement dénoncé la décision. Dans la lettre de contestation qu’ils ont envoyée à la Régie de l’assurance maladie du Québec, ils mettent en lumière plusieurs situations qui pourraient améliorer leur qualité de vie. Depuis, aucune nouvelle.

«On me répond toujours que le dossier est à l’étude, mais on n’est pas capable de savoir pourquoi le dossier est si long. On demande un fauteuil et on a une réponse en dedans d’un mois, là ça fait quatre mois pour une demande de révision… La décision va être prise dans quelques semaines ? C’est quoi ça quelques semaines ?»

«On ne demande pas l’air climatisé et un banc chauffant. C’est une composante qui peut être banale pour certains, mais pour Gabriel ce serait vraiment utile. C’est une composante de 3000$ […] Je pense qu’ils ont de la misère à expliquer leur réponse», insiste Mme Thibault.

La Latuquoise a cogné au bureau de la députée provinciale de Laviolette—Saint-Maurice.

«La RAMQ doit recommencer le processus avec tous les critères d’admissibilité. La RAMQ et le système de santé c’est gros. Il y a tellement de dossiers et tout le monde dit que son propre dossier est prioritaire. […] Son dossier n’est pas refusé. Il est en traitement. On comprend que c’est long, mais il y a beaucoup de demandes», explique Marie-Louise Tardif.

Cette dernière n’est pas sans rappeler qu’elle a ardemment défendu le dossier l’an passé concernant le changement de fauteuil.

«Je suis allée jusqu’au directeur de la RAMQ et on a eu gain de cause. J’ai quand même été surprise de voir qu’elle n’avait pas changé la chaise. On avait travaillé fort pendant plusieurs mois. C’est là qu’on m’a informé qu’on lui avait suggéré d’intégrer le iLevel pour Gabriel. Ce n’est pas anodin, cependant c’est comme si on recommençait le processus à zéro», explique la députée.

Marie-Louise Tardif s’est dite prête à défendre le dossier, mais pas avant que la RAMQ est rendue sa décision. «On ne peut pas contester une décision qui n’est pas rendue. Malheureusement, il faut encore être patient et croire qu’elle va avoir gain de cause. Si jamais ce n’est pas le cas, c’est là que je pourrais intervenir», affirme Mme Tardif.

L’attente est rendue si insoutenable pour Karine Thibault qu’elle se demande même si les délais ne sont pas dirigés contre elle en raison de pression médiatique qu’elle a exercée dans les derniers mois.

«Est-ce qu’on est ciblés ? J’ai toujours été respectueuse, mais là je crois qu’on est ciblés en tant que personnes qui contestent, qui revendiquent et qui s’opposent au fonctionnement du système. Est-ce qu’ils ont mis notre dossier sur une tablette ? […] Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que c’est plus qu’uniquement le système».

«On ne s’explique pas le délai, c’est frustrant, très frustrant», a conclu Karine Thibault.