Pierre-Olivier Tremblay travaillera toutefois sur le grand projet d’aménagement du Sanctuaire.
Pierre-Olivier Tremblay travaillera toutefois sur le grand projet d’aménagement du Sanctuaire.

Sanctuaire: fin de mandat pour le recteur Mgr Pierre-Olivier Tremblay

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le mandat de Mgr Pierre-Olivier Tremblay à titre de recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap se termine après un peu plus de quatre années à ce poste.

En entrevue au Nouvelliste mercredi, l’évêque auxiliaire du diocèse de Trois-Rivières, qui est aussi le plus jeune évêque du Québec, explique que ce rôle qu’il occupe à l’évêché depuis mai 2018 faisait en sorte qu’il ne pouvait plus se consacrer qu’à mi-temps à chacun de ses mandats, tous deux très exigeants, dit-il.

«De part et d’autre, on sentait qu’il y avait des besoins du côté du diocèse et que mon rôle pourrait être précieux à ce moment-ci. On vit beaucoup de changements dans notre Église à l’occasion de la pandémie», signale celui qui deviendra bientôt vicaire général.

Loin de quitter le Sanctuaire, Mgr Tremblay continuera à s’y investir. «Il y a un grand projet d’aménagement qui se poursuit. Je vais continuer d’être un joueur clé dans sa réalisation à titre d’évêque auxiliaire», assure-t-il.

Parallèlement, l’évêque auxiliaire sera affecté à l’accompagnement des communautés chrétiennes.

«Je suis heureux de ce que j’ai vécu ici pendant 4 ans et demi. Ça a été un mandat avec de beaux moments», assure celui que tous appellent amicalement Pierre-Olivier.

Ce dernier se dit particulièrement fier, en ces temps où la place de la religion est souvent remise en question, d’avoir travaillé à faire du Sanctuaire un joueur important sur la place publique. «On a collaboré avec les grands projets, avec le Grand Prix, avec FestiVoix; on a travaillé à être en lien avec la Ville au niveau du Bas-du-Cap, à devenir un acteur social un peu plus important, connecté davantage avec notre milieu et j’ai senti que les gens ont bien répondu à ça», analyse-t-il.

Le père Luc Tardif, provincial des Oblats de Marie Immaculée, souligne que Mgr Tremblay reste «un ambassadeur inconditionnel». Selon lui, le recteur a su faire «un vrai Sanctuaire pour le 21e siècle».

Mgr Tremblay indique que malgré toutes ses implications, il n’a pas pu réaliser tous les projets qu’il souhaitait «car j’ai toujours le goût d’aller plus loin», confie-t-il.

Malgré tout, Mgr Tremblay a senti une ouverture de la part du milieu. Il part avec le sentiment qu’il faut continuer à rejoindre les générations plus jeunes «sans perdre notre raison d’être, notre âme ou notre mission. On veut être un lieu accueillant pour tout le monde. C’est un message qui a bien passé», analyse-t-il. Le Festival de l’Assomption et le Marché de Noël, parmi d’autres, contribuent à créer des ponts avec le public.

Sous son mandat, l’équipe du Sanctuaire a travaillé à la création de nouvelles activités, par exemple du côté de Cap-Jeunesse ou de la programmation. «On a mis en place, avec d’autres partenaires, le Symposium des arts visuels», illustre-t-il, une activité mise à mal cet été, toutefois, à cause de la pandémie.

«Ce qui m’habite beaucoup, c’est comment on peut rejoindre nos familles», dit-il, une préoccupation qui sera sans doute aussi celle de son successeur, prévoit-il. Même durant le confinement, «les gens venaient sur les terrains du Sanctuaire et cela a manifesté combien c’est un don précieux pour notre communauté», souligne-t-il.

L’identité du prochain recteur sera dévoilée plus tard. Selon Mgr Tremblay, le plus grand défi qui attendra son successeur sera celui de «la transmission à une nouvelle génération. Ça a commencé sous mon mandat, mais de nouveaux acteurs arrivent. On sent bien qu’on a besoin de renouveler l’équipe pour aller rejoindre la clientèle des familles et des nouvelles générations», constate-t-il.

Pierre-Olivier Tremblay ne cache pas une certaine inquiétude face à la seconde vague de COVID-19 qui se pointe et prévoit des moments difficiles à venir.

«Le Sanctuaire aura traversé la première vague de justesse grâce, entre autres, comme plusieurs autres entreprises, aux subventions salariales du gouvernement fédéral. Nos revenus ont diminué drastiquement. On a fait les efforts nécessaires au niveau de nos dépenses, mais ça a été très, très exigeant et ça va continuer à l’être. À court terme, les prochains temps vont être très, très durs pour tout le monde», prévoit-il. L’aide financière accordée en ces temps de pandémie «est très appréciée. Juste avec nos propres ressources, on n’y arriverait pas», confie-t-il.

Le Sanctuaire vit beaucoup du tourisme, or le tourisme, rappelle-t-il, «est un des secteurs les plus touchés. On n’est pas différent des autres», fait-il valoir.

Toutefois, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap bénéficie d’un «tourisme loyal», précise-t-il. Certains fréquentent en effet les lieux depuis des décennies, parfois même depuis 50 ans. «Dès que la Santé publique le permettra, je suis convaincu que les sanctuaires vont vivre un regain immédiat», prévoit-il.