Plus de 1800 personnes ont visité le Salon des aidants et des aînés, dimanche, à l’hôtel Delta de Trois-Rivières.

Salon des aidants et des aînés: l’engouement ne se tarit pas

TROIS-RIVIÈRES — Le Salon des aidants et des aînés semble toujours gagner en popularité, alors que ses organisateurs estiment que plus de 1800 personnes s’y sont présentées, dimanche, à l’hôtel Delta de Trois-Rivières.

La salle où avait lieu la conférence principale, donnée par l’animatrice, productrice et réalisatrice Chantal Lacroix, était d’ailleurs comble. Sur le thème du bonheur, cette conférence s’adressait surtout aux proches aidants qui peuvent parfois se décourager face aux responsabilités qu’ils ont endossées.

«Souvent, les aidants deviennent dépassés par la maladie, explique Florence Pauquay, directrice générale de L’Appui Mauricie, l’organisme qui organise depuis 2015 le Salon. On ne sait jamais comment ça se passera le lendemain. C’est une conférence sur la résilience.»

Bien que cette résilience soit nécessaire, elle ne doit pas non plus empêcher les aidants d’aller chercher de l’aide et des ressources avant d’arriver au bout du rouleau. Or, un des problèmes qui guette les aidants est qu’ils ne réalisent souvent pas qu’ils le sont.

«Personne n’a envie de s’identifier comme un proche aidant, poursuit Mme Pauquay. On est une fille, un fils, un conjoint, une conjointe, c’est comme ça qu’on se définit par rapport à la personne. Et pour nous, quand on l’aide, c’est normal, on redonne à ses parents.»

Deux fois plus de kiosques

C’est d’ailleurs en partie pour attirer ces proches aidants en déni que le Salon s’adresse autant aux aidants qu’aux aînés. La stratégie a manifestement fonctionné, puisque l’événement attire davantage de visiteurs d’année en année. En 2015, lors de la première édition, 700 personnes s’étaient déplacées pour le visiter. Cette année, elles étaient plus de 1800, estime Mme Pauquay.

La conférencière principale de l’événement était Chantal Lacroix, dont la conférence portait sur le bonheur.

Le nombre de kiosques a lui aussi plus que doublé, passant de 40 en 2015 à 88 cette année. La moitié des exposants sont des organismes communautaires qui œuvrent auprès des proches aidants et des aînés et l’autre moitié est composée d’entreprises privées et d’économie sociale qui offrent des produits et services pour faciliter le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie.

«Ça peut être des lits et des chaises pour s’asseoir et se relever plus facilement, des prothèses auditives, etc., énumère Mme Pauquay. C’est très diversifié.»

Place aux nouvelles technologies

Le Salon donne également une place grandissante aux nouvelles technologies facilitant le maintien à domicile, comme des piluliers électroniques, des montres pour prévenir les chutes ou encore des tablettes faciles à utiliser pour la clientèle aînée. Ces produits technologiques sont d’autant plus importants que la moitié des aidants continuent à travailler en plus de s’occuper d’un parent ou d’un proche.

«On veut aider les aidants à savoir que les aînés dont ils s’occupent sont en sécurité à la maison. Il y a beaucoup d’objets connectés ou liés à la domotique (NDLR: des dispositifs qui permettent de contrôler des fonctions ou de faire de la surveillance de sa maison à distance), parce que les gens au travail savent qu’il y a toujours un risque de chute», illustre Mme Pauquay.

Une conférence portant sur les nouvelles technologies au service du maintien à domicile des aînés avait d’ailleurs lieu en avant-midi, donnée par Tayeb Medjeldi, professeur et chercheur au Cégep de Trois-Rivières.

De plus en plus d’aidants

Présentement, une personne sur quatre au Québec est un proche aidant, selon les organismes qui œuvrent auprès d’eux. Cette proportion pourrait toutefois grimper, avec le vieillissement de la population: Mme Pauquay estime qu’en 2031, une personne sur trois sera âgée de plus de 60 ans en Mauricie. Or, la directrice générale de L’Appui Mauricie craint que les aidants ne soient appelés à endosser de plus en plus de responsabilités qui relevaient avant du système de santé québécois.

«Il ne faut pas penser que le proche aidant va tout prendre en charge, prévient-elle. Il y a des choix qu’on a faits comme société, dans la mise en place d’un réseau public de santé, que je crains qu’on perde.»

Mme Pauquay se réjouit toutefois de l’annonce récente de l’implantation d’une maison de répit de la Fondation Gilles-Carle à Shawinigan et de la volonté affirmée par la Coalition avenir Québec d’en construire une vingtaine d’autres au Québec.

Semaine nationale des proches aidants

Un concours pour les proches aidants au travail

L’Appui Mauricie soulignera la Semaine nationale des proches aidants en organisant un concours dans les milieux de travail. 

Plusieurs prix seront tirés parmi les participants, dont un forfait pour deux personnes au Kinipi Spa. L’organisme invite les employeurs et leurs employés à inscrire au concours leurs collègues qui sont également proches aidants. 

«Nous voulons valoriser et reconnaître les proches aidants à l’emploi. Nous désirons aussi insuffler un vent de solidarité et de reconnaissance entre les collègues et les proches aidants qui concilient travail, vie personnelle et accompagnement d’un parent, d’un conjoint, d’un ami, etc.», a indiqué Florence Pauquay, directrice générale de l’Appui Mauricie. 

Les personnes qui désirent inscrire un collègue ou un employé au concours peuvent le faire au www.procheaidantmauricie.com, pendant la durée de la Semaine nationale des proches aidants, qui se déroulera du 4 au 10 novembre. 

L’Appui Mauricie indique qu’un Québécois sur quatre est proche aidant et que de ce nombre, 56 % conservent leur emploi. Par ailleurs, selon Mme Pauquay, la moitié des proches aidants ne disent pas qu’ils le sont à leur employeur, «pour des raisons variées».