Jean Forest organise le Salon de l’arme et du militaria de Trois-Rivières qui sera présenté le 26 mai prochain.

Salon de l’arme et du militaria: dans la foulée de la nouvelle réglementation

BÉCANCOUR — C’est par intérêt pour l’histoire que Jean Forest en est venu à s’intéresser aux armes à feu. Le collectionneur d’armes anciennes, qui organise depuis deux ans le Salon de l’arme et du militaria de Trois-Rivières, a dû enregistrer près d’une centaine d’armes en décembre dernier afin de se conformer à la nouvelle réglementation québécoise.

C’est à titre de membre de l’Association des collectionneurs d’armes du Bas-Canada que M. Forest organise le Salon de Trois-Rivières. L’association à laquelle il appartient milite activement contre la Loi sur l’immatriculation des armes à feu. Or, depuis que le gouvernement a abandonné l’exigence de faire buriner les armes pour les identifier, Jean Forest a un peu perdu la motivation de s’opposer lui-même à la nouvelle législation.

C’est néanmoins 46 pages écrites que le collectionneur a dû transmettre au Service d’immatriculation des armes à feu du Québec avant le 29 janvier dernier, afin d’être en règle. Celui qui est ingénieur à la retraite de la centrale nucléaire de Gentilly dit en connaître un rayon sur les questions de sécurité. Étant un ancien de l’École polytechnique, il explique aussi comprendre les sensibilités des partisans d’un resserrement des règles. «Il n’y a rien qui est tout noir ou tout blanc», philosophe-t-il.

Un rendez-vous d’amateurs

«Ce n’est pas l’aspect “bing-bing pow-pow” qui m’intéresse, c’est le raffinement technique, c’est la qualité de fabrication», explique l’organisateur du rendez-vous des amateur d’armes de Trois-Rivières. De plus, souligne M. Forest, il faut que l’arme soit fonctionnelle, il importe d’abord de pouvoir se servir de l’arme au champ de tir.

Celui qui passe de considérations techniques à la perspective historique au cours de la même conversation indique que son champ d’intérêt ne dépasse guère l’époque de la deuxième Guerre mondiale. Passé cette période, relate-t-il, c’est l’arrivée des armes semi-automatiques, des designs et des matériaux qui l’interpellent moins.

Par ailleurs, souligne M. Forest, les intérêts varient beaucoup d’un collectionneur à l’autre. De manière générale, estime-t-il, 40 % des visiteurs fréquentent les expositions pour l’aspect historique des collections que l’on y présente, tandis que la majorité est davantage attirée par les armes de chasse.

Une préoccupation pour la sécurité

Si la popularité du Salon de Trois-Rivières était manifeste dès sa première édition, il y a deux ans, c’est en partie parce que l’on avait pris soin de bien faire les choses, selon M. Forest. Le maire Yves Lévesque avait accueilli favorablement la tenue de l’événement, relate-t-il. «Je m’étais fait dire que si les autorités locales étaient défavorables, je me frapperais à un mur, mais monsieur Lévesque a été absolument enchanté de l’idée», raconte-t-il.

Puisque des armes à feu sont en jeu et que l’événement est ouvert au grand public, la question de la sécurité est incontournable, selon M. Forest. «Il faut prévoir tous les coups», lance-t-il. Ainsi, l’exposition est directement reliée à la centrale de la Sûreté du Québec. Les pompiers sont impliqués. Les armes et les munitions ne sont jamais sur les mêmes tables. Chaque arme voit sa gâchette verrouillée. Les chargeurs sont enlevés des armes. Les agents de sécurité s’assurent également que tous les vendeurs et les exposants soient en règle.

L’engouement des visiteurs est tel, selon l’organisateur, qu’à partir de cette année, c’est à deux différentes occasions dans l’année que Trois-Rivières sera hôte du Salon.

Les fusils Mauser en vedette

Ce sont plus de 100 modèles et variantes du fusil militaire Mauser que les visiteurs du Salon pourront admirer le 26 mai prochain, au parc de l’Exposition, à Trois-Rivières. C’est à Petre Paul von Mauser que l’on doit cette lignée de fusils de métal et de bois, qui commence en 1871 et dont la version de 1898 sera considérée par les experts comme «le meilleur fusil à verrou jamais conçu, fait-on valoir du côté des organisateurs de l’exposition. Un parcours historique, par armes interposées, propose Jean Forest.