Salaire des enseignants: la moyenne canadienne et 9 %, demande la FAE

La FAE, qui représente des enseignants du primaire et du secondaire, demande une nouvelle échelle salariale qui porterait le salaire maximal de ses membres de 83 000 $ à 92 000 $, en plus d’augmentations de 3 % pour chacune des trois années de la convention.

De plus, la nouvelle échelle salariale qui est demandée par la Fédération autonome de l’enseignement serait amputée de ses six premiers échelons. Elle en contient actuellement 17.

Après la FTQ, la CSQ et l’alliance FIQ-APTS, c’était au tour de la FAE, mardi, de déposer ses demandes en vue du renouvellement des conventions collectives des secteurs public et parapublic, qui arriveront à échéance le 31 mars prochain.

«Le premier ministre, en novembre 2018, a dit que l’éducation était la priorité du gouvernement. Comment il entend respecter cet engagement-là? Ça ne peut pas n’être qu’un simple discours; il faut qu’il pose des gestes», s’est exclamé le président de la FAE, Sylvain Mallette, en entrevue.

«On a une situation économique enviable; le gouvernement engrange des surplus. Et là, c’est à notre tour; c’est au tour des profs», a-t-il lancé.

Moyenne canadienne

À l’heure actuelle, l’échelle salariale des enseignants va de 42 431 $ au premier échelon à 82 585 $ au 17et dernier échelon. En supprimant les premiers échelons et en portant le salaire au dernier échelon à 91 894 $, le salaire versé aux enseignants du Québec atteindrait celui de la moyenne canadienne, a plaidé la FAE.

«Le fait que les profs québécois soient les moins bien payés au Canada, qu’on soit payé en dessous de la moyenne canadienne, pour un prof qui fait 35 ans dans la profession, c’est 420 000 $ de manque à gagner» à la fin de sa carrière, a déploré M. Mallette.

Dubé: «c’est beaucoup»

En réplique, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, ne s’est pas montré surpris que les syndicats des secteurs public et parapublic déposent des demandes séparément — à l’exception de la FIQ qui fait alliance avec l’APTS — puisque le premier ministre François Legault avait lui-même évoqué des augmentations différentes selon le titre d’emploi.

Dans les faits, ce sont les trois centrales, CSQ, CSN et FTQ, qui n’ont pas réussi à reconstituer le front commun intersyndical, malgré plusieurs rencontres en ce sens.

Le ministre Dubé a rapporté avoir rencontré «une dizaine» de représentants syndicaux depuis deux semaines. Et, à ce jour, il en conclut que «les demandes, je les trouve très importantes; je trouve que c’est beaucoup».

Il a convenu que les secteurs de la santé et de l’éducation étaient prioritaires, qu’il y aurait «des aménagements différents à faire» pour eux.

«On va revenir avec une façon différente de négocier», a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’il «n’y aura pas de jaloux».

Autres demandes

La Fédération autonome de l’enseignement, qui représente 45 000 enseignants, veut aussi bonifier les mécanismes d’octroi de contrats à temps partiel et de contrats à temps plein. À l’heure actuelle, près de 25 % des enseignants à la formation générale ont un statut précaire. À l’éducation des adultes, ce serait 70 %, a noté M. Mallette.

En matière d’autonomie professionnelle, la FAE revendique également que Québec octroie «une pleine et entière liberté de choisir les modalités d’intervention, les approches et les méthodes pédagogiques, ainsi que le matériel didactique et les instruments d’évaluation».

L’organisation syndicale formule aussi des demandes touchant l’intégration des élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage en classe ordinaire, notamment en ce qui a trait à la pondération a priori des élèves, afin qu’on en tienne compte dans la formation des groupes.

Elle veut aussi resserrer les règles de formation de groupes à l’éducation des adultes et à la formation professionnelle, où l’on voit parfois des classes de 40 ou 50 élèves, a précisé M. Mallette.