Guylaine Bourdages est la nouvelle responsable de la danse pour le Festival western de Saint-Tite.

Saint-Tite vibre pour la danse

SAINT-TITE — Les amateurs de danse country ont de quoi se réjouir cette année, au Festival western de Saint-Tite. L’organisation a réellement pris un virage à 180 degrés au niveau de la danse, une activité qui gagne de plus en plus en popularité auprès des festivaliers. Non seulement l’espace réservé aux danseurs s’est nettement amélioré, mais l’organisation a même engagé la chorégraphe de renommée internationale Guylaine Bourdages pour guider leurs pas.

La femme originaire de Trois-Rivières vient à peine de finir un intense cours de trois heures de danse en ligne lorsqu’elle vient à notre rencontre. Deux gorgées de jus et elle est prête à dévoiler tous ses secrets, malgré la fatigue et les amateurs qui continuent de venir la voir pour lui demander une petite précision sur le pas de danse qu’ils viennent d’apprendre.

«Saint-Tite, je l’ai dans mon cœur», résume celle qui a fait ses premiers pas de danse au festival en 2002, alors qu’elle n’avait pas une très grande expérience en danse country. Sa spécialité était plutôt la danse sociale, qu’elle enseignait à La Picarlène de Trois-Rivières.

Puis, après avoir fondé son école de danse à La Tuque, elle a monté une troupe amateur à la demande du festival pour participer aux Championnats canadiens en 2002. «On a apporté quelque chose de nouveau, car c’était des mouvements innovants. On a pris du hip-hop, de la danse sociale, différents styles pour monter une chorégraphie et la danser sur du country. C’était du jamais vu, et on a remporté le championnat cette année-là», se souvient-elle.

La troupe s’est ensuite produite à Nashville, où elle a terminé deuxième aux Championnats du monde.

La vie a rapidement fait en sorte que Guylaine Bourdages a été demandée en France, là où la danse country est très populaire. La demande toujours plus forte a fait que la femme a déménagé ses pénates du côté de l’hexagone, où elle faisait la tournée des événements pour enseigner la danse country, en plus de créer le spectacle Showtime country, où 150 amateurs côtoient des professionnels sur la scène. Elle habite maintenant à Aiffres, près de La Rochelle, depuis douze ans.

Saint-Tite
Toutefois, lorsque le Festival western a ouvert le poste de responsable de la danse, Guylaine Bourdages s’est sentie interpellée. «J’ai toujours collaboré avec Saint-Tite, c’est une grande fierté. Et j’ai aimé la nouvelle vision que l’organisation voulait apporter», confie-t-elle.

Car la danse était autrefois prise en charge par des bénévoles, à l’aréna de Saint-Tite. Or, après avoir tenu compte des commentaires des amateurs, l’organisation a décidé de faire plus de place à cette discipline, non seulement en leur dédiant des ressources professionnelles, mais en ouvrant le chapiteau Saloon Hydro-Québec, juste à côté de l’ancien Marché Tradition, un chapiteau ouvert 24 heures sur 24 avec un espace de danse beaucoup plus grand et mieux aménagé.

«Le festival a été à l’écoute des danseurs, et ça se voit. Les commentaires sont tellement positifs, les gens viennent nous voir pour nous dire à quel point ils aiment ça et ils sont contents», rapporte Mme Bourdages.

Entourée d’une équipe de 18 professeurs et de DJ de partout au Québec, la nouvelle responsable de la danse propose donc des cours et des formations tous les jours pour que les gens puissent parfaire leur art. Des premiers pas aux débutants jusqu’aux connaisseurs, tout le monde y trouve son compte. Le soir, le chapiteau s’ouvre pour des soirées dansantes, au grand bonheur des amateurs. «Je peux compter sur une super équipe. Tout ça ne serait pas possible sans eux», constate-t-elle.

La fin de semaine dernière, le chorégraphe anglais très connu Rob Fowler est venu à Saint-Tite, à l’invitation de Guylaine Bourdages. Les 350 places disponibles se sont envolées dans le temps de le dire. «Il a capoté! Il faisait des vidéos en direct sur son Facebook et ça commentait de partout dans le monde. Pour la visibilité du festival, c’est une vitrine extraordinaire», constate-t-elle.

Dans quelques jours, les Américains Dan et Kelly Albro, également chorégraphes, seront aussi à Saint-Tite. Là encore, ce sera à guichet fermé.

Pourrait-on voir le retour des compétitions professionnelles à Saint-Tite? Pour celle qui en est encore à définir son nouveau rôle, elle ne ferme la porte à rien, mais préfère tout de même laisser passer un peu de temps.

«C’est une place de cowboy. Les gens qui aiment la danse ici sont des amateurs, c’est surtout ça notre clientèle. Mais je vais suivre la cadence et continuer de regarder aller les choses dans les prochaines années», indique celle qui se réjouit de voir de plus en plus de jeunes assister à ses cours et de voir une nouvelle génération de danseurs prendre la relève.