Les rodéos seraient illégaux au sens de la Loi sur le bien-être animal, soutient la SPCA Montréal.

Saint-Tite: la SPCA s’en prend aux commanditaires

SAINT-TITE — La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal prend les grands moyens pour arriver à ses fins en ce qui concerne la tenue de rodéos au Festival western de Saint-Tite, en lien avec le récent rapport publié par le professeur Alain Roy sur les traitements réservés aux animaux de rodéo. La SPCA, qui n’a jamais caché souhaiter l’abolition pure et simple des activités de rodéo au Québec, interpelle maintenant les commanditaires du Festival western de Saint-Tite afin de les inciter à ne plus commanditer l’événement, spécialement la partie du rodéo.

Récemment, la SPCA avait écrit à chacun des commanditaires en privé, leur demandant de mettre fin au plan de commandites des rodéos. Les entreprises qui n’avaient pas donné suite à cette demande ont été, jeudi matin, inscrites dans une publication Facebook de l’organisme montréalais. On y présente un montage vidéo condensé des images prises lors de rodéos à Saint-Tite et qui ont inspiré la publication du rapport d’Alain Roy. Puis, chacun des commanditaires y est nommé, indiquant que «cette cruauté animale vous est présentée par...» les commanditaires concernés.

Me Sophie Gaillard, avocate pour la SPCA de Montréal, indique que la réaction du ministre Laurent Lessard lors de la publication du rapport il y a deux semaines laisse croire à l’organisme qu’il ne semblait pas y avoir une grande volonté politique d’agir en ce qui concerne le bien-être animal dans les rodéos, ce qui fait que la SPCA a choisi de s’attaquer à l’aspect économique.

Voici la publication faite jeudi matin sur la page Facebook de la SPCA Montréal.

Questionnée à savoir si la SPCA faisait ainsi un appel au boycott des compagnies commanditaires des activités de rodéo du Festival western, Me Gaillard estime qu’il appartient aux citoyens de faire ce choix en prenant connaissance des images diffusées, mais que la SPCA espère une grande mobilisation du public pour ne plus encourager les activités de rodéo où des animaux sont dressés et utilisés pour le divertissement. Elle invite d’ailleurs les gens à se mobiliser sur le site nonaurodeo.com.

En soirée jeudi, la publication Facebook de la SPCA Montréal avait été partagée par près de 600 personnes et avait généré des centaines de réactions et de commentaires.

«une campagne vicieuse»
Au Festival western, on déplore la sortie de la SPCA de Montréal, que l’on n’hésite pas à qualifier de «vicieuse». «C’est une campagne vicieuse de la SPCA de Montréal que l’on considère alarmiste. Ça ne fait que braquer les gens et les camper sur leurs positions au lieu de favoriser un dialogue ouvert comme nous tentons d’en établir un», constate le directeur général du Festival western, Pascal Lafrenière.

Rappelons que des travaux sont présentement en cours avec un comité consultatif formé des gens du MAPAQ, de représentants du Festival western de même que de spécialistes nommés par le professeur Alain Roy, afin de déterminer les balises de la Loi sur le bien-être animal en regard des activités entourant les rodéos. Le comité doit d’ailleurs se réunir ce vendredi à Trois-Rivières pour poursuivre les travaux.

«Nous sommes surpris d’une autre sortie de la sorte, d’autant plus que la SPCA est au fait des travaux qui sont en cours avec le comité consultatif. Ça jette de l’huile sur le feu et ça polarise les positions en ne donnant pas une information juste et exacte. Pour nous, ça ne fait que démontrer que ces gens-là sont des activistes qui ne sont pas capables de faire des nuances. Ça prouve qu’ils sont prêts à tout pour nuire à un événement qui a fait ses preuves depuis 50 ans et qui a toujours été à l’avant-garde du bien-être animal», croit Pascal Lafrenière, qui rappelle que le festival n’a jamais été sanctionné d’aucune façon par le MAPAQ, qui est pourtant présent à chacun de ses rodéos pour assurer le respect de la loi.

De son côté, Me Sophie Gaillard indique que la SPCA n’avait aucun intérêt à attendre la fin des travaux du comité consultatif. «Pour nous, le contenu du rapport de M. Roy de même que les images diffusées sont clairs. Il n’y a pas d’autre conclusion possible que les activités de rodéo sont incompatibles avec la Loi sur le bien-être animal, et ce, peu importe l’issue des travaux du comité. Nous n’avons d’autre choix que de dénoncer la tenue de ces activités», indique-t-elle.

La plupart des commanditaires nommés dans cet envoi ont déjà pris contact avec le Festival western pour réitérer leur engagement face à l’événement, assure Pascal Lafrenière. «Ça porte ombrage à nos partenaires qui sont là depuis plusieurs années. Mais les commentaires de nos partenaires sont tous positifs, et ils sont derrière nous. À la limite, je crois qu’une telle action ne va que solidifier et renforcer nos liens avec nos partenaires», constate M. Lafrenière.