Malgré la pandémie, on vibrait quand même au rythme du western samedi à Saint-Tite.
Malgré la pandémie, on vibrait quand même au rythme du western samedi à Saint-Tite.

Saint-Tite en mode western, même sans festival

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
SAINT-TITE – On aurait pu voir passer la fameuse botte de foin, classique des grands films western, dans la capitale des cowboys samedi après-midi tellement la municipalité est presque devenue fantôme en l’absence de son festival, qui battrait normalement son plein dans un contexte habituel.

Malgré la présence de quelques irréductibles, Saint-Tite détonnait du portrait habituel qu’elle présente à la mi-septembre. Les clins d’oeil à l’événement-phare sont nombreux, mais les citoyens sont résignés.

«C’est une drôle d’ambiance. C’est presque comme si on était en année sabbatique!», sourit Lise Cossette, dont la maison se trouve sur la rue du Moulin, une artère généralement bien plus achalandée.

La résidente se désole de voir sa ville sur pause en 2020, mais avoue du même souffle entretenir une certaine crainte.

«C’est une drôle d’ambiance», selon Mme Lise Cossette.

«J’ai peur que ça bouchonne, à un moment donné. Je pensais que ce serait encore plus tranquille que ça, surtout que la mairesse a clairement demandé aux gens de rester chez eux cette année. Je ne comprends pas pourquoi ils viennent quand même», souffle-t-elle, faisant référence aux touristes qui se sont présentés à Saint-Tite par cette journée ensoleillée, demandant à gauche et à droite ce à quoi ressemble l’endroit «en temps normal».

C’est le cas de Louise Morin, en visite de Gatineau.

«Je voulais supporter la municipalité quand même cette année. On est venus manger une frite et s’acheter un chapeau de cowboy. On fait notre petite part», confie la motocycliste.

À la boutique officielle du Festival western, la coordonnatrice à la commercialisation, Mélanie Comtois, avoue qu’il s’agit d’une année plus tranquille.

Des visiteurs ont profité du beau temps de samedi pour faire une petite virée Saint-Tite.

«Heureusement que les gens d’affaires se sont associés pour mettre en place une vente-trottoir pendant la période normale du Festival. On a eu des clients de la Beauce, du Saguenay. On a quand même un bon roulement.»

Mme Comtois souligne toutefois que tout est en format réduit cette année: du nombre d’employés sur le plancher aux heures d’ouverture.

«Normalement, on est douze pour être en mesure de fournir et on se pile sur les pieds, il y a des files d’attente. Aujourd’hui, on est deux. Dans une année normale, on ne ferme jamais avant minuit, là, ce sera à 17 h», souligne-t-elle.

À l’inverse, à la microbrasserie À la fût, sur la rue Notre-Dame, on se réjouit du nombre de personnes qui passent.

Philippe Dumais et son équipe de la microbrasserie À la fût étaient fidèles au poste.

«On se sent comme un samedi après-midi d’été. La place est pleine, même si c’est plus tranquille. On a eu un bon été, alors c’est bien parfait pour nous», soutient Philippe Dumais, membre fondateur du commerce, qui affirme lui aussi, voir plusieurs touristes de l’extérieur de la région.

Signe encourageant pour l’établissement, le personnel n’a pas été réduit, alors qu’une douzaine de personnes se trouvaient sur le plancher au moment du passage du Nouvelliste.

La Sûreté du Québec, habituellement très présente pendant la durée du Festival western, promet d’être aux aguets même si la situation sera probablement aux antipodes cette année.

«Compte tenu de l’annulation du Festival cette année, la desserte policière régulière va se poursuivre dans la ville de Saint-Tite, par le poste de la SQ de la MRC de Mékinac, en fonction des besoins. Nous poursuivrons le travail effectué quotidiennement. Si des infractions sont constatées, nous allons intervenir», explique la sergente Éloïse Cossette.

Un peu moins de chapeaux qu’à l’habitude ont trouvé preneurs.

Le Festival western de Saint-Tite 2020 était programmé du 11 au 20 septembre.

Les visiteurs en profitent quand même pour s’acheter quelques souvenirs.
Des grandes estrades pas mal moins achalandées que par les années passées.
Des visiteurs se sont évidemment arrêtés au Village western Kapibouska.