Le relais motoneige-cabane à sucre Chez Roger est fermé depuis le 11 décembre. Son propriétaire en avait fait l'acquisition en février 2014.

Saint-Prosper: la Cabane Chez Roger ferme

Après en avoir fait l'acquisition en 2014, le propriétaire de la Cabane Chez Roger de Saint-Prosper a dû se résigner à fermer l'établissement dimanche dernier.
Mario Audet a en effet décidé de mettre fin aux opérations de ce relais motoneige-cabane à sucre la semaine dernière après une courte période de réflexion. Sans directement pointer une cause qui le force à agir de la sorte, l'homme d'affaires soutient que son comptable lui avait conseillé de fermer à la fin de l'année fiscale 2015. Il avait alors tout de même pris la décision de poursuivre l'aventure pendant quelques mois. Le brunch qui fut servi le 11 décembre est donc le dernier repas à l'être sous le règne de M. Audet.
«C'est difficile de rentabiliser un édifice comme celui-là. Au départ, j'avais acheté avec un associé, mais j'ai dû le racheter quand il a décidé de quitter trois semaines plus tard. Outre le départ de mon associé, le fait que la saison de motoneige, pendant laquelle la cabane roule bien, n'a pas été longue au cours des dernières années n'a pas aidé», mentionne M. Audet.
Le propriétaire qui vit encore pour l'instant dans le logement situé au-dessus de l'établissement recherche un acheteur qui serait prêt à relancer les opérations. Il demande un prix de 350 000 $ pour sa propriété, ce qui inclut un système de chauffage à l'eau chaude fonctionnant au bois. Sans ce système, le prix de vente passerait à 300 000 $. Bien que la fermeture soit récente, une vingtaine de personnes se sont déjà montrées intéressées. Mais aucun pourparler sérieux n'a été entrepris avec l'une d'entre elles.
«On n'a pas encore reçu de chèque», lance-t-il à la blague, visiblement désireux de dédramatiser la situation.
M. Audet rappelle qu'il a travaillé d'arrache-pied afin de redonner ses lettres de noblesse à l'endroit. Il ne veut d'ailleurs pas dévoiler le montant total des investissements qu'il a faits depuis qu'il s'est lancé dans cette aventure.
«J'aime mieux ne pas le dire car j'ai peur que les gens me prennent pour un fou! Nous avons essayé beaucoup de choses et lancé beaucoup de projets, mais ça s'est avéré tranquille. Peut-être que d'autres feraient mieux, mais moi, j'ai fait ce dont j'étais capable», poursuit-il.
Mario Audet et son associé avaient eu le coup de foudre en 2014 pour ce commerce fermé depuis trois ans. Ils étaient à la recherche d'un terrain de camping mais c'est finalement une cabane à sucre qu'ils ont trouvée.
Après des années difficiles, les précédents propriétaires des lieux, les membres de la famille Liu, originaires de Chine, avaient décidé de s'en départir. L'achat de la cabane à sucre par ces Chinois en 2009 avait d'ailleurs défrayé les manchettes en raison de la charge culturelle que contenait cette transaction inusitée à saveur patrimoniale. Mais malgré les conseils des anciens propriétaires de la cabane, la famille Liu n'avait pas réussi à maintenir les standards, d'où une baisse rapide de clientèle, suivie d'une fermeture. Pendant cette période, l'aspect restauration avait notamment fait l'objet de nombreux commentaires négatifs sur les forums sociaux privés de motoneigistes, venant à bout de l'excellente réputation qu'avait ce relais depuis une trentaine d'années.