Le niveau de la rivière Mékinac se rapproche du pont qui l’enjambe dans le secteur Saint-Joseph-de-Mékinac.

Saint-Joseph-de-Mékinac: autorités et citoyens aux aguets

Trois-Rives — Même si le niveau de la rivière Mékinac est élevé à un point tel qu’elle est sortie de son lit et que les lacs au nord, dont celui du même nom, sont toujours recouverts de glace, les autorités ainsi que les citoyens ne sont pas énervés outre mesure dans le secteur Saint-Joseph-de-Mékinac de la municipalité de Trois-Rives.

Néanmoins, tout ce beau monde est sur le qui-vive et suit la situation d’heure en heure au cas où elle s’aggraverait soudainement. Des représentants du ministère des Transports, de la Sûreté du Québec (SQ), de la Sécurité civile ainsi que quatre militaires déployés dans la petite localité depuis le week-end sont aux aguets. Des employés d’Hydro-Québec sont également présents sur le terrain, car la société d’État est responsable du barrage situé à l’embouchure du lac Mékinac ainsi que de la rivière. Mercredi avant-midi, ces installations laissaient toujours l’eau s’écouler normalement.

De son côté, le maire de l’endroit, Lucien Mongrain, a indiqué qu’il avait effectué sa tournée des endroits névralgiques tôt en matinée lorsque Le Nouvelliste l’a rencontré mercredi. Assis derrière son bureau du petit édifice qui fait office d’hôtel de ville, il se disait aucunement nerveux de voir le petit cours d’eau à un tel niveau, et ce, même si les lacs en amont ne sont pas encore calés. Généralement présent au bureau municipal seulement le lundi et le vendredi avant-midi, celui qui dirige la municipalité depuis maintenant 37 ans tenait tout de même à être présent mercredi.

«On a déjà vu bien pire. Il reste encore de la place. À date, c’est normal pour nous. […] On a déjà vu l’eau couler à la hauteur du pont, mais on n’a pas encore vu ça cette année. Mais ça va peut-être venir», reconnaît le maire.

Par contre, M. Mongrain précise qu’il ne baisse pas sa garde pour autant. Il voit d’ailleurs d’un bon œil que les différentes organisations impliquées en fassent autant. Il salue notamment la présence de leurs représentants sur le terrain, qui travaillent en collaboration avec les pompiers et les employés municipaux. Par ailleurs, la quasi-totalité des véhicules rencontrés par Le Nouvelliste mercredi avant-midi étaient aux couleurs de la SQ, de la Sécurité civile ou du ministère des Transports.

«Il y a plus de personnel que par les années passées. À la gang, la sécurité est donc meilleure. On sait qu’on a des problèmes alors il faut être là», mentionne-t-il avant d’ajouter qu’environ 500 sacs de sable ont été mis à la disposition des citoyens.

Le maire de Trois-Rives, Lucien Mongrain, soutient que la situation actuelle ne se compare en rien à celle du printemps 1976.

Lorsqu’on lui demande en quoi la situation actuelle se compare aux pires épisodes printaniers qu’il a vécus, M. Mongrain met spontanément la main dans une poche de sa veste et en sort une pile de photos. Des clichés qu’il a pris lui-même en avril 1976. On peut y voir la route 155 entièrement recouverte de glace provenant de la rivière Saint-Maurice.

Tout comme leur maire, les quelques résidents rencontrés ne sont pas inquiets pour l’instant. Bien que plusieurs reconnaissent qu’ils surveillent leurs pompes de près, ils tiennent sensiblement le même discours. Et même si les lacs sont toujours gelés, ils ont confiance que le barrage d’Hydro-Québec empêchera la rivière de monter à un niveau qui entraînerait des conséquences dramatiques, comme recouvrir complètement les ponts, et du même coup, isoler les résidences situées au nord de la rivière. Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, un tel scénario ne s’est jamais produit.

«Quand j’étais jeune, on s’est déjà promené en canot dans le village. On est loin de ça présentement. Ça ne m’inquiète pas du tout», raconte Claude Doucet, dont la propriété est près de la rivière et qui vit à Saint-Joseph-de-Mékinac depuis toujours.

Établi directement en face d’un des deux ponts reliant les deux parties du village, un autre citoyen confie pour sa part qu’il craignait que les glaces recouvrant les lacs descendent la rivière et créent des embâcles lorsqu’elles céderont.

«C’est loin d’être fini. On est donc sur le qui-vive. Je surveille donc mes pompes qui marchent en permanence», lance-t-il.

La Batiscan déborde également

Pendant ce temps plus au sud sur le territoire de Mékinac, une autre rivière, la Batiscan, cause des maux de tête à des résidents de Saint-Adelphe. Le maire Paul Labranche confirme que quatre résidences ont dû être évacuées, lundi, après avoir été isolées en raison de la formation d’un embâcle. Il semble par contre que les occupants ont pu réintégrer leur logis depuis, selon le maire. Les secteurs touchés sont les domaines Charest et Manitou.

«Le débit moyen de la rivière Batiscan est de 96 mètres cubes par seconde. Le seuil critique est de 835 mètres cubes et nous avons eu 917 mètres cubes lundi soir», explique le maire.

Tout comme dans les autres localités touchées par les inondations, des militaires ont été dépêchés à Saint-Adelphe à la suite de l’épisode de lundi.