Michel Poirier est étonné de l'intérêt suscité par sa pétition afin que Saint-Jean-des-Piles réapparaisse sur le panneau 226 de l'autoroute de l'Énergie.

Saint-Jean-des-Piles refuse de disparaître

La sensibilité des citoyens de Shawinigan se manifeste souvent lorsqu'une décision affecte une ancienne municipalité avalée par la fusion de 2002. À Saint-Jean-des-Piles, plus de 560 personnes ont déjà signé une pétition pour réclamer le retour de l'appellation du secteur sur l'autoroute de l'Énergie, à la sortie 226.
Au début de l'année, la direction régionale du ministère des Transports a procédé à un changement sur ce panneau. Le nom de Saint-Jean-des-Piles a été retiré et remplacé par «Chemin du Parc-National». Plusieurs résidents ressentent un malaise depuis ce temps. L'idée d'une pétition a ainsi fait son chemin et elle devrait être déposée à la prochaine séance publique régulière du conseil municipal, le 11 juillet.
«Ça a commencé avec une discussion de trottoir devant le dépanneur», raconte Michel Poirier, instigateur de la démarche avec sa soeur, France. «J'en avais aussi parlé dans ma famille. Faire disparaître ainsi Saint-Jean-des-Piles, ça n'a pas d'allure! Nous avons parlé de pétition et après d'autres conversations au dépanneur, j'ai décidé de m'embarquer là-dedans. Les gens trouvaient que c'était une bonne idée.»
Les signatures ont commencé le 13 juin. Deux semaines plus tard, 518 noms avaient été recueillis et ça continue. M. Poirier estime que 75 % des signataires habitent le secteur Saint-Jean-des-Piles. Les autres viennent de touristes. 
«Ceux qui ne sont pas familiers passent tout droit!», observe Mme Poirier. «Au rond-point, ils se rendent compte de leur erreur ou encore, ils se rendent jusqu'à Grandes-Piles.»
M. Poirier a effectué quelques démarches auprès du ministère des Transports, du maire Michel Angers et de la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, pour savoir qui a pris la décision de modifier ce panneau. Même la députée de Laviolette et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, a été sensibilisée à la démarche.
«Personne n'est capable de nous dire qui a pris la décision», déplore M. Poirier.
«Ça touche les gens de deux façons», explique France Poirier. «Les visiteurs ne trouvent pas leur chemin et en plus, ça nous touche en plein coeur. C'est notre coin de pays! La réponse des gens est très motivante.»
«On dirait qu'on veut faire disparaître le secteur Saint-Jean-des-Piles», déplore M. Poirier. «On va poursuivre notre démarche jusqu'au bout, parce qu'on est assez déterminés.»
À la sortie 226, Saint-Jean-des-Piles a disparu du panneau de signalisation, alors que le secteur Grand-Mère a gardé sa place.
L'exception de Grand-Mère
À la Ville de Shawinigan, François St-Onge, directeur des communications, explique qu'à la suite de la fusion, puis de la réforme toponymique, les noms des anciennes municipalités sont retirés des sorties d'autoroute. 
«Nous pouvons faire des demandes au MTQ, mais c'est lui qui décide», relate-t-il. «Par exemple, après la fusion, le nom de Saint-Gérard-des-Laurentides a été enlevé parce que ce n'était plus une municipalité. Sur les panneaux d'autoroute, le MTQ nous explique qu'il faut mettre des noms de municipalités ou de rues.»
À la sortie 211 également, le nom du secteur Shawinigan-Sud n'apparaît plus. En direction nord, seules les mentions «Saint-Boniface» et «Shawinigan centre-ville» sont inscrites.
«Dans le secteur Grand-Mère, les modifications n'avaient pas été faites», poursuit M. St-Onge. «Ça a été fait et ils ont ajouté des noms de rues, comme partout.»
Pourtant, autant en direction nord qu'en direction sud, le nom de Grand-Mère apparaît toujours à la sortie 226. Même qu'en direction nord à la sortie 223, il est indiqué «Grand-Mère centre-ville», alors qu'en direction sud, la même sortie est plutôt libellée «Avenue de Grand-Mère» et «25e Rue». M. St-Onge ne peut expliquer pourquoi le nom de ce secteur perdure alors que tous les autres sont disparus le long de l'autoroute de l'Énergie.
«Essentiellement, c'est le MTQ», répète-t-il. «La Ville n'a pas le dernier mot sur ce qui est écrit sur les panneaux.» La direction régionale du ministère des Transports n'a pu confirmer cette information jeudi dernier.
Les pétitionnaires seraient peut-être moins chatouilleux si l'odonyme «Chemin de Saint-Jean-des-Piles» apparaissait à la sortie 226, plutôt que celui de «Chemin du Parc-National». M. St-Onge mentionne que la réforme toponymique n'avait pas permis d'uniformiser le nom de cette route, en raison de la discontinuité des numéros civiques.
«Le Chemin du Parc-National part de la sortie de l'autoroute et se termine à peu près à la Pointe-à-Comeau», précise-t-il. «Après, c'est le Chemin de Saint-Jean-des-Piles jusqu'au parc national. Nous aurions aimé garder le même nom, mais il aurait fallu
procéder à des changements d'adresses trop importants. Nous avions deux règles dans l'harmonisation des noms de rues: que ça se fasse au moindre coût possible et avec le moins d'impact. Or, il aurait fallu renuméroter, en adresses civiques, tout ce qu'il y a entre l'autoroute et le parc national. Nous sommes allés au moindre impact.»