Les citoyens le désirant ont reçu du soutien psychologique des services sociaux, jeudi à Saint-Édouard-de-Maskinongé.

Saint-Édouard-de-Maskinongé: le calme après la tempête?

SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — Après un début de semaine mouvementé, marqué par le décès d’un citoyen en pleine séance du conseil municipal – une réunion particulièrement houleuse –, le calme semblait prendre un peu le dessus, jeudi, à Saint-Édouard-de-Maskinongé. À la demande expresse du maire Réal Normandin, une cellule de crise a été mise en place pour offrir du réconfort et accompagner les citoyens perturbés par la tournure tragique des événements. Des intervenants des services sociaux sont venus à la rencontre de citoyens qui en ressentaient le besoin. «C’est pas toutes les semaines que tu vois quelqu’un qui s’effondre et qui meurt. C’est pas donné à tout le monde ça!», déclare le maire, qui a lui-même agi comme intervenant dans les Centres jeunesse pendant quelque 35 années.

Quant à la suite des choses, Réal Normandin dit être en mode réflexion et attendre le retour d’avocats, de même que celui du député Simon Allaire, présentement en vacances, pour statuer sur la marche à suivre. Rappelons que des citoyens s’opposent à deux décisions du conseil, l’une portant sur une interdiction de stationner sur un côté de la route 348, et l’autre sur l’installation d’un dôme au-dessus de la patinoire municipale.

Des pétitions circulent d’ailleurs pour dénoncer les initiatives du conseil et rassembleraient plusieurs centaines de noms. Des voix s’élèvent toutefois et mettent en doute la validité de celles-ci.

Le maire Normandin se montre par ailleurs philosophe sur la période trouble que traverse la municipalité. S’il a sollicité le soutien du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour appuyer le conseil dans son travail, il soutient que ce dernier se bute à une résistance au changement qui relève d’un trait culturel propre au milieu. Il rappelle que la communauté avait aussi connu une période difficile en 2008, qui avait conduit à la démission d’une partie du conseil et la mise sous tutelle de la municipalité.

Le dôme qui soulève une levée de boucliers avait obtenu un financement de 198 000$, en 2018, qui devait couvrir la moitié des coûts de construction. Le conseil en est à chercher du financement pour boucler le budget, tandis que la subvention initiale doit être dépensée d’ici juillet, à défaut de quoi, la somme sera perdue. La vente de publicité serait une des voies privilégiées pour y arriver.

Le maire de Saint-Édouard-de-Maskinongé constate que certains de ses concitoyens acceptent difficilement le changement.

Des citoyens avançaient cette semaine que la Municipalité n’était même pas propriétaire du terrain et qu’elle se lançait dans une entreprise risquée. Or, la Municipalité a procédé à une mise au point en publiant sur sa page Facebook l’acte notarié qui démontre qu’elle est bien chez elle sur le terrain, et ce, depuis 2007.

Quant à l’argument pécuniaire, M. Normandin soutient que le projet multifonctionnel vise l’autofinancement afin d’aller de l’avant. On s’étonne d’autant plus de l’ampleur de l’opposition que le projet avait suscité l’enthousiasme l’été dernier quand la communauté s’était rassemblée pour réfléchir à son avenir, à la suite de la fermeture du zoo. L’idée était de travailler sur le caractère attractif de la municipalité.

«Pourquoi ça retourne de bord, j’en ai aucune idée», laisse tomber le maire, qui n’exclue pas de consulter la population de manière formelle afin de valider le projet, une fois le montage financier complété.

Dans le dossier du stationnement interdit, le maire réfute toute allégation de vengeance, évoqué par les opposants du nouveau règlement. Il dit avoir répondu à des plaintes de citoyens, en sollicitant le concours du ministère des Transports et que c’est ce dernier qui aura statué sur l’aspect dangereux du tronçon de la route 348 au cœur de la controverse. Il souligne par ailleurs que l’interdiction est saisonnière, tandis que la largeur de la route est réduite en raison des accumulations de neige.

De leur côté, les opposants aux deux projets indiquent réfléchir à la poursuite de leur mobilisation.

«On va monter plus haut que la Municipalité ou que [le député] Simon Allaire», maintient Marcel Thibodeau, propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348. On annonce que le point sera fait sur la stratégie à suivre vendredi matin.