Un citoyen de Saint-Édouard-de-Maskinongé est décédé des suites d’un malaise survenu lors d’une assemblée municipale particulièrement houleuse, lundi soir.
Un citoyen de Saint-Édouard-de-Maskinongé est décédé des suites d’un malaise survenu lors d’une assemblée municipale particulièrement houleuse, lundi soir.

Saint-Édouard-de-Maskinongé: assemblée tragique du conseil

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ — L’assemblée publique du conseil municipal fut mouvementée lundi soir à Saint-Édouard-de-Maskinongé. Une centaine de citoyens s’étaient d’abord massés dans la salle municipale, au point où les places assises manquaient, tandis que deux dossiers controversés devaient être abordés et que la présence d’un avocat et d’un policier avait été sollicitée pour expliquer les décisions du conseil. Or, la soirée aura connu un dénouement aussi abrupt qu’inattendu alors qu’un homme, victime d’un malaise, a dû être transporté à l’hôpital, où on aura constaté son décès. Un conseiller municipal aura dû être pris en charge à son tour par les ambulanciers, lui aussi victime d’un malaise.

Les dossiers en litige concernent l’interdiction de stationnement récemment mis en place devant l’unique dépanneur du village, sur la route 348, de même que l’installation d’un dôme sur la patinoire extérieure. Deux pétitions ont été présentées au conseil municipal pour faire valoir l’opposition de citoyens dans les deux enjeux.

Mardi après-midi, au lendemain des événements, le maire Normandin n’entendait pas à rire. 

«Ça a commencé avec des menaces et de l’intimidation et ça n’a pas lâché depuis un mois», soutient-il. «J’ai quelqu’un qui a démissionné à cause de cette pression-là, hier j’en ai un qui a fait une crise de panique, puis là j’ai un décès, si ce n’est pas assez pour dire que la menace, ça ne mène nulle part...», laisse tomber le premier magistrat.

Or, malgré les écueils, le maire ne compte pas reculer sur les décisions du conseil. «Si on donne raison, on plie aux menaces. Ça, ça veut dire que le moindrement que quelqu’un va crier, va chialer, va menacer, on va plier aux exigences», maintient-il. M. Normandin avait déjà eu des discussions dans la journée avec le député de Maskinongé, Simon Allaire, de même qu’avec le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et des avocats. «Je ne voudrais pas que la situation se représente», indique-t-il. 

M. Normandin soutient que «des débats de trois heures» en séances publiques ne sont pas des façons de fonctionner et ne témoignent pas d’une saine discussion. «Les projets vont peut-être être au ralenti avec ce qu’on vit là, il va falloir que j’en discute avec le conseil», déclare-t-il, refusant toutefois de commenter les dossiers litigieux.

Le maire de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Réal Normandin

Le stationnement d’une controverse

Pour Marcel Thibodeau, propriétaire du dépanneur-quincaillerie 348, devant laquelle une nouvelle réglementation interdit le stationnement, la réunion de lundi devait être l’occasion de déposer une pétition réunissant 460 noms et manifestant son opposition à la mesure.

Le propriétaire s’explique mal l’argument de sécurité invoqué par le conseil pour justifier la nouvelle interdiction. Le commerce est là depuis une centaine d’années, sans qu’aucun accident n’ait jamais été constaté, plaide-t-il. L’impossibilité de s’arrêter devant le commerce pour ceux qui circulent en direction de Louiseville a un impact négatif sur son chiffre d’affaires, fait-il valoir.

Marcel Thibodeau a bien rencontré le député Simon Allaire pour tenter d’obtenir son appui, mais celui-ci aurait refusé de s’immiscer dans les affaires de la Municipalité. «Il dit qu’il veut nous aider par en arrière, mais il ne fait rien pantoute»,vocifère le commerçant.

De son côté, le député Allaire confirme ne pas vouloir s’ingérer dans la gestion municipale. «Dans le contexte, la Municipalité a bien agi», avance-t-il. Il indique que des vérifications ont été faites au ministère des Transports pour s’assurer de la conformité et de la pertinence de la démarche. 

Le fait de ne pas réglementer l’espace de stationnement en cause contrevient aux normes en place, soutient l’élu. Quant à l’argument voulant que l’endroit n’ait jamais été la scène d’un accident, il relate que des situations qui auraient pu s’avérer fâcheuses ont déjà été constatées.

En accord avec le maire Normandin, M. Allaire a fait appel au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour accompagner la Municipalité dans l’application de ses décisions.

Quant à l’enjeu du dôme de la patinoire, M. Allaire dit ne jamais avoir eu vent que le projet suscite de l’opposition dans la communauté. Le projet avait même été évoqué comme outil de relance à la réunion du 18 juin dernier, alors que les citoyens s’étaient réunis pour réfléchir à leur avenir, après la fermeture du zoo.

Le projet ferait l’objet d’une demande de subvention afin d’aller de l’avant. L’opposition tiendrait au fait que le terrain où se trouve la patinoire n’appartient pas à la municipalité, mais à la commission scolaire, et qu’avec une population vieillissante, l’ajout d’une telle infrastructure, destinée à un public plus jeune, n’est peut-être pas le plus avisé.

Une équipe municipale en eaux troubles

À la Municipalité, le conseiller André Vanasse, au siège #3, serait le seul à faire bande à part et à appuyer l’opposition citoyenne. La conseillère Kim D’Allaire, au siège #2, a démissionné en février pour des raisons de santé. Le conseiller au siège #5, Michel Fréchette, était absent de la réunion de lundi, également pour des raisons de santé. Quant au conseiller qui a souffert d’une attaque de panique, il s’agit de Simon Julien, au siège #1.

La réunion de lundi en était à la période de questions quand les incidents tragiques ont eu lieu. On a ajourné la session avant de pouvoir conclure.