La Sûreté du Québec a interrompu le défilé des chars allégoriques après environ deux heures de festivités.
La Sûreté du Québec a interrompu le défilé des chars allégoriques après environ deux heures de festivités.

Saint-Boniface: une Saint-Jean-Baptiste mobile perturbée

SAINT-BONIFACE — Alors que le spectacle mobile organisé à Saint-Boniface à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste semblait se dérouler à merveille, mardi soir, les policiers de la Sûreté du Québec ont été contraints de faire appliquer la loi et d’interrompre momentanément la fête.

Les habitants de la municipalité étaient nombreux à être sortis sur leur balcon pour assister à ce spectacle tout spécial. Pour l’occasion, deux chars allégoriques avaient été décorés aux couleurs de la Belle Province. Ceux-ci avaient été aménagés de sorte que le groupe Les Frères Lemay ainsi que le chanteur shawiniganais Jean-François Bastien et ses musiciens puissent jouer dessus.

Le tableau était donc parfait pour permettre aux citoyens de festoyer comme il se doit au son des classiques québécois qui font fureur chaque année lors de la Fête nationale. Seule ombre au tableau, une loi interdit à toute personne de se trouver sur un véhicule en mouvement sans que les rues ne soient fermées à cet effet.

Le départ du défilé a pris place dans le stationnement de l’usine Gérard Milette de Saint-Boniface. Par la suite, le convoi a sillonné les rues de la municipalité pour rejoindre le plus grand nombre de citoyens.

Ainsi, après environ deux heures de célébrations, la fête a dû être interrompue par les autorités policières. Devant ce problème, les Frères Lemay, Jean-François Bastien, le claviériste Guillaume Marchand ainsi que le batteur Bob Saint-Laurent ont tout de même poursuivi leurs performances au sol, en toute légalité, pendant un peu plus d’une trentaine de minutes.

Un geste apprécié

Avant l’interruption du spectacle, une ambiance des plus festives avait déjà pu s’installer dans les rues du village. Les résidents semblaient tous reconnaissants de ce geste posé par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, en collaboration avec la Municipalité, dans le but de leur rendre un peu de ce qui leur avait été enlevé en raison de l’urgence sanitaire décrétée.

«On est vraiment contents de pouvoir bouger et profiter de cette soirée malgré tout. Ça démontre aussi beaucoup de volonté de la part des organisateurs, qui ont été capables de s’adapter au contexte actuel pour nous offrir ces festivités», a témoigné le Bonifacien Éric Provost.

Plusieurs familles d’habitants étaient bien installées sur leur terrain pour célébrer la fête nationale en compagnie de ces musiciens mobiles.

Pour la conseillère municipale de Saint-Boniface, Marie-Ève Landry, ce spectacle mobile représentait l’alternative idéale pour remplacer les célébrations traditionnelles de l’endroit, qui réunissent annuellement 4000 à 5000 personnes.

«C’est une belle idée, parce que la Saint-Jean-Baptiste se célèbre ici depuis 50 ans. C’est très gros à Saint-Boniface. Cette nouveauté rend beaucoup moins douloureuse l’interdiction de faire des feux de joie ou de lancer des feux d’artifice dans le ciel», a-t-elle fait savoir.

«À la bonne franquette»

Désireuse d’organiser tout de même un déploiement pour cette édition particulière de la Fête nationale, la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie a lancé le défi à Jean-François Bastien d’organiser un événement festif, mais sécuritaire le plus rapidement possible.

Après l’interruption des célébrations par les autorités policières, les musiciens ont pu continuer le spectacle à pied pendant une trentaine de minutes, au grand bonheur des spectateurs.

«Tout le processus s’est enclenché il y a maximum deux semaines. Installé la veille, notre décor est un peu simpliste, mais demeure convivial à souhait. Étant dans l’incapacité de faire des spectacles depuis quelques mois, nous sommes très heureux de cette idée. Nous on se déplace pendant que les gens s’amusent à la maison, parce qu’une Saint-Jean sans spectacle, ce n’est pas une vraie Saint-Jean.», a souligné Jean-François Bastien.

Par ailleurs, l’événement s’est déroulé dans le respect complet des mesures de distanciation sociale mises en place par la Santé publique. Les citoyens étaient effectivement invités à rester sur leur terrain et n’avaient pas le droit de suivre l’un ou l’autre des chars allégoriques afin d’éviter tout danger de contamination. Seules quelques personnes se trouvaient à vélo derrière le convoi, dont le député provincial dans Maskinongé, Simon Allaire.