Le conseil municipal de Saint-Boniface

Saint-Boniface et ses employés règlent 89 griefs

Le syndicat des employés de Saint-Boniface et la Municipalité prennent les moyens pour enterrer la hache de guerre. Quelques semaines après l’arrivée de nouveaux élus autour de la table du conseil, les deux parties ont réglé les 89 griefs qui s’empilaient à une vitesse effarante après le renouvellement de la convention collective.

Les dernières négociations ont été longues et pénibles. Trois ans ont été nécessaires pour aboutir à un nouveau contrat de travail signé en janvier dernier. Malgré ce contrat tout neuf, les affrontements concernant entre autres des jours fériés et des primes impayés se multipliaient et la Municipalité a accumulé plus de 200 000 $ de dépenses (frais d’avocat, règlement avec des employés, etc.) depuis le début des négociations jusqu’au règlement des griefs.

Tous les griefs ont été réglés à la suite de deux séances de négociations tenues le 30 novembre et le 7 décembre entre le syndicat et les conseillers municipaux Sylvio Bourgeois et Jonathan Fleury. Selon Stéphane Lemaire, la bonne volonté démontrée par le conseil a joué un rôle majeur dans ce règlement entériné lundi par le conseil.

«La convention collective n’était pas respectée. Je m’occupe de 26 unités syndicales dans les domaines municipal et paramunicipal et je n’ai pas cinq griefs au total dans toutes les autres unités! C’était l’enfer, les relations de travail. Mais avec le nouveau conseil, ça semble changer. Et on peut saluer la contribution des conseillers à la table», mentionne M. Lemaire, conseiller à la CSN.

Céline Lemay, présidente du syndicat représentant 18 employés municipaux à Saint-Boniface, sent que le conseil arrive avec une énergie et une volonté de replacer le climat de travail dans le bon sens.

«On espère avoir un climat sain et agréable, ce qu’on n’avait pas depuis quelques années. On va voir. On n’efface pas rapidement les impacts de 89 griefs. Ça va prendre des preuves de cette bonne volonté, mais je suis confiante.»

Mme Lemay affirme que les deux parties ont mis de l’eau dans leur vin afin d’en arriver à un dénouement. Pierre Desaulniers a la même lecture, lui qui a assisté aux rencontres comme observateur. «Ça n’a pas été à sens unique, analyse le maire. Je donne le crédit à Sylvio Bourgeois et à Jonathan Fleury. Ils avaient le mandat de régler les griefs et ils avaient les moyens. L’employeur et le syndicat ont été très sérieux. Il y avait des griefs qui étaient fondés. Ça a coûté plus de 200 000 $, toute cette histoire-là. C’est assez. Il faut en revenir», raconte M. Desaulniers, qui ajoute que le règlement des griefs représente une dépense d’environ 6000 $ pour la Municipalité.

La convention collective signée il y a moins d’un an viendra à échéance le 31 décembre 2018. Pierre Desaulniers a le désir de lancer la ronde des négociations vers le printemps dans le but de conclure un renouvellement sans être bousculé par la date-butoir.

«On repart sur des nouvelles bases. Nous, on veut que ça fonctionne. Les employés sont moins stressés, on voit que l’ambiance est déjà un peu mieux. On entrevoit les négociations pour la convention dans le même état d’esprit de volonté de règlement. On ne s’en va pas en guerre, on veut régler ça de façon pacifique.»

Le maire confirme que les conseillers Bourgeois et Fleury participeront au processus de renouvellement de la convention collective.