Martin Fréchette et Marianne Dupont de la ferme Fréchette.
Martin Fréchette et Marianne Dupont de la ferme Fréchette.

Saint-Barnabé veut défendre sa réputation

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SAINT-BARNABÉ — Non seulement Saint-Barnabé réfléchit à la possibilité de défendre l’intégrité de son processus entourant l’octroi de son contrat de déneigement avec une entreprise de Yamachiche, ce dossier se ramasse devant la Commission municipale du Québec afin que son aspect éthique soit discuté. Le maire, Michel Lemay, est convoqué à une audition de cet organisme qui aura lieu mardi.

La Municipalité a été sommée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation de recommencer le processus d’appel d’offres pour trouver un déneigeur en vue de la saison 2019-2020. Certains citoyens de la localité, dont des élus, ont laissé entendre que des irrégularités avaient été observées durant ce processus.

Ces allégations agacent sérieusement le maire Lemay. Selon lui, tout le processus entourant l’octroi du contrat de déneigement à la ferme Fréchette respecte les règles. Voilà pourquoi il a demandé que le ministère des Affaires et de l’Habitation étudie la question afin de mettre les choses au clair.

«Je n’ai rien à me reprocher, nos fonctionnaires non plus. Il y a une enquête de la Commission municipale qui va faire une vérification sur des choses qui auraient pu être dites ou véhiculées qui auraient donné des informations différentes. La Commission veut comprendre le processus. Il y a eu des insinuations qui ont été faites et la Commission veut savoir si c’est fondé ou non», raconte le maire, qui confirme qu’une plainte à propos de ce dossier a été déposée au gouvernement avant qu’il dévoile publiquement son intention de demander au gouvernement d’examiner le tout.

Certains élus ont entre autres mentionné que des informations au sujet de ce contrat de déneigement ne leur avaient pas été transmises avant le vote pris sur cette question. Michel Lemay maintient que tous les élus ont eu accès aux mêmes informations.

«Si de l’information n’a pas été transmise, c’est grave. Je ne peux pas voir qu’il y a eu de la malversation. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’erreur, mais je pense avoir fait mon travail et je pense que le directeur général a aussi fait son travail. Si par mégarde, quelqu’un ne l’a pas fait, on vivra avec les conséquences. Mais je ne suis pas nerveux. Je vais donner ma version des faits», dit M. Lemay, en affirmant que la lettre du gouvernement ne fait aucune mention d’aspect nébuleux dans le processus d’appel d’offres sur invitation.

Deux jours plus tard, soit jeudi, le conseil sera réuni en assemblée extraordinaire afin d’octroyer un contrat à une firme d’avocat. Le mandat confié à ces conseillers juridiques sera d’accompagner la Municipalité à propos de la demande du ministère des Affaires municipales de reprendre le processus d’appel d’offres avec un minimum de trois soumissions.

Michel Lemay

«La demande du gouvernement n’est pas gérable. Ça prend deux semaines pour aller en appel d’offres sur invitation. Si on lance le processus le 2 décembre (à la prochaine réunion du conseil), on ouvrirait les soumissions vers le 15 ou 20 décembre. Comme ça demeure un contrat de gré à gré (de plus de 101 000 $), le gouvernement doit entériner le contrat, mais ça va prendre combien de temps pour l’entériner? L’avocat va nous guider dans la réglementation pour qu’on fasse le travail du mieux qu’on peut. Soit on va défendre ce qu’on a fait comme processus, soit on y va par appel d’offres sur invitation ou par appel d’offres public.»

À ce sujet, le conseil a rencontré l’entreprise retenue à la suite du dernier appel d’offres sur invitation et avec laquelle la Municipalité voulait signer un contrat. La ferme Fréchette a discuté avec les élus samedi, ce qui a permis d’éclaircir certains points, constate Michel Lemay.

«Cette entreprise a été ciblée pour faire de la collusion avec moi. Mais à la rencontre de samedi, ils avaient tous les documents. Ils étaient préparés et ils étaient sincères dans leur démarche. Ils ont défendu leur dossier avec brio. Mais on trouve dommage qu’il y ait eu autant d’attention médiatique. Il faut vivre avec la réalité des médias sociaux.»

«On s’est senti attaqué»

L’équipe de la ferme Fréchette avoue avoir été dépassée par les événements. Selon cette entreprise de Yamachiche, tout ceci est attribuable à des rumeurs laissant entendre que la compagnie n’avait pas les équipements nécessaires pour déneiger les rues de Saint-Barnabé. Selon Marianne Dupont, ces rumeurs sont non fondées.

«On a une déneigeuse, elle a été achetée. Le 8 octobre, on a donné un premier versement de 10 000 $ à notre fournisseur. On a déposé notre soumission le 10 octobre. On a les papiers d’assurance, ce qui est une caution sur le contrat de déneigement. Ça a dérapé, car quelqu’un a dit qu’on était mal intentionné. On souhaite que Saint-Barnabé défende son point, car ça défend notre intégrité. On s’est senti attaqué.»

Selon Mme Dupont, la rencontre de samedi a permis aux élus de voir que le dossier de la ferme Fréchette est complet.

«On a été surpris de l’ampleur de l’histoire. On ne sait pas pourquoi on est pris là-dedans. On est une entreprise familiale, on a un bon nom, on est toujours clair dans ce qu’on dit, notre réputation est faite depuis longtemps. On veut juste travailler et avoir un nouveau défi avec le municipal.»

D’autre part, Mme Dupont se demande pourquoi l’autre entrepreneur qui a déposé une soumission, Mario Bellefeuille, n’a pas participé aux appels d’offres publics ayant précédé l’appel sur invitation. Elle précise que la ferme Fréchette a été absente de ces appels d’offres publics, car elle avait d’abord participé à un processus semblable à Yamachiche.

La ferme Fréchette attend la suite des choses avant d’annoncer si elle participera à un nouvel appel d’offres. L’entreprise assure qu’elle respecte l’entente temporaire prise avec Saint-Barnabé pour déneiger les rues en attendant la conclusion du dossier.