Michel Lemay est le maire de Saint-Barnabé.
Michel Lemay est le maire de Saint-Barnabé.

Saint-Barnabé: Michel Lemay en poste en 2020

Saint-Barnabé — Jonglant en début d’année avec la possibilité de remettre sa démission de la mairie de Saint-Barnabé, Michel Lemay assure qu’il terminera l’année 2020 à cette fonction et n’exclut pas de conclure son mandat à l’automne 2021.

Le maire Lemay avait déclaré en janvier qu’il réfléchissait à quitter son siège. La division au sein du conseil, le dossier du déneigement et le rejet des prévisions budgétaires de 2020 donnaient un arrière-goût à sa volonté de faire de la politique.

Quelques mois ont passé depuis le début de l’année et Michel Lemay veut accomplir certains projets prévus pour 2020 avant de penser à une possible retraite anticipée de sa vie politique, ce mandat étant son dernier.

«L’ambiance au conseil est divisée, mais je vais demeurer en poste au moins jusqu’au remplacement de notre directeur général (Denis Gélinas prendra sa retraite le 31 décembre 2020). Pour 2020, je serai là. Après, on verra l’ambiance au conseil. Et si on passe à travers de ce qu’on a eu, ça regarde pour que je finisse le mandat.»

M. Lemay a discuté avec Le Nouvelliste mercredi, alors qu’il aurait dû normalement être en audience devant la Commission municipale du Québec. La CMQ l’a cité à comparaître pour un dossier de possible conflit d’intérêt concernant l’octroi en octobre d’un contrat de déneigement à une entreprise de Yamachiche, contrat qui n’est jamais entré en vigueur devant le refus du gouvernement d’entériner l’entente de gré à gré. Il est aussi accusé de manque de respect en raison de propos déplacés envers les femmes.

L’Autorité des marchés publics s’intéresse aussi à ce contrat déneigement. Mais dans un cas comme dans l’autre, M. Lemay réaffirme qu’il n’a rien à se reprocher.

«Si le jugement de l’Autorité des marchés publics m’est favorable, comme je m’y attends, des gens auront appris. Des gens, de mon conseil, auront cheminé dans l’expérience municipale. Et si les enquêteurs de l’Autorité des marchés publics disent qu’il n’y a rien, je verrais mal me faire dire par la Commission municipale que j’ai fait de la collusion. Pour mes propos (lors d’une séance du conseil tenue en novembre, le maire a dit: «Il y en a peut-être bien qui n’étaient pas dans leur assiette, qui étaient dans leur période ce soir-là»), je ne les ai jamais niés. S’il y a une sanction, je la prendrai», raconte M. Lemay, qui s’était excusé de la nature de ses propos après avoir été interpellé par une citoyenne qui assistait à la séance.

M. Lemay raconte que l’AMP a enquêté sur le contrat de déneigement prévu avec la ferme Fréchette, mais a aussi mis le nez dans ses affaires professionnelles lorsqu’il était propriétaire d’une ferme. Il avait à ce moment engagé la ferme Fréchette comme sous-traitant pour différents travaux à sa ferme, confirme-t-il.

«Ça les a impressionnés qu’on fasse affaire avec des gens autour de nous. Mais c’est la vie de notre quotidien et ça me fait rire. Je ne suis plus actionnaire de la ferme depuis le 1er septembre 2019, mais les enquêteurs ont remonté jusqu’en 2003. C’est un peu spécial», déclare M. Lemay, dont les dépenses d’avocat qui s’élèvent jusqu’à maintenant à environ 6000 $ dans ces deux dossiers ont été payées par la Municipalité.

La pandémie de coronavirus a bousculé les habitudes de travail de bien du monde, y compris celles de la CMQ. L’audience de Michel Lemay devait avoir lieu du 15 au 17 avril. Elle a été reportée au début du mois de mai.

Entre-temps, la Municipalité vient de lancer un appel d’offres public dans le but de trouver un déneigeur, car le contrat signé en janvier 2020 avec le Groupe Bellemare est venu à échéance avec la fin de l’actuelle période de chutes de neige.

Le déneigement en a occupé du temps au bureau municipal de Saint-Barnabé en 2019 et même au début de janvier 2020, car la Municipalité a dû amorcer six démarches pour enfin trouver un entrepreneur. Michel Lemay se dit assez positif quant au dénouement de cet appel d’offres qui prendra fin le 7 mai.

«Avec ce qu’on vit actuellement, le prix du pétrole, l’hiver plus raisonnable qu’en 2018-2019, je suis confiant d’avoir des soumissions. Je ne dis pas qu’on va en avoir une dizaine, mais on va en avoir.»

Selon le maire de Saint-Barnabé, la dernière saison de déneigement représente une dépense de quelque 220 000 $, incluant les contrats à l’heure, mais excluant les taxes. La facture pour le déneigement en 2018-2019 était sous les 100 000 $, taxes incluses, selon le maire.