Michel Lemay affirme qu’il n’y a eu aucune collusion dans l’octroi d’un contrat de déneigement à Saint-Barnabé.
Michel Lemay affirme qu’il n’y a eu aucune collusion dans l’octroi d’un contrat de déneigement à Saint-Barnabé.

Saint-Barnabé: le maire Michel Lemay accusé par la Commission municipale du Québec

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SAINT-BARNABÉ — Le maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay, est accusé par la Commission municipale du Québec d’avoir favorisé la ferme Fréchette dans l’octroi d’un contrat de déneigement et d’avoir manqué de respect dans l’exercice de ses fonctions en tenant des propos déplacés envers les femmes.

La journée de jeudi avait déjà été fort occupée pour le maire de Saint-Barnabé, contraint de faire face à l’absence de soumissions pour déneiger les rues de Saint-Barnabé. Elle s’est conclue avec la réception de cette lettre de la Commission municipale, a-t-il confirmé vendredi au Nouvelliste.

«La Commission municipale m’accuse en éthique et en déontologie. Mais je vais plaider non coupable», assure le maire Lemay.

Ce dernier a été convoqué par la Commission municipale du Québec en novembre afin de venir donner sa version des faits concernant l’octroi en octobre du contrat de gré à gré à cette entreprise de Yamachiche. Des citoyens et des élus avaient laissé entendre que des irrégularités avaient teinté ce dossier.

On avait appris que Michel Lemay avait discuté avec le père du propriétaire de la ferme Fréchette, un homme qu’il connaît depuis 40 ans. Mais le maire se défend d’avoir trempé dans une histoire de collusion pour l’octroi de ce contrat.

«L’accusation de collusion, c’est grave. J’ai parlé à Firmin Fréchette, car j’avais su que la ferme Fréchette faisait du déneigement. Je l’ai invité à venir à Saint-Barnabé, on cherchait un entrepreneur en déneigement. Mais après, les discussions ont eu lieu avec le directeur général de la Municipalité. Si c’est un crime de demander à quelqu’un de soumissionner, on a un problème. Pour trouver une entreprise pour un contrat de gré à gré, il faut parler à quelqu’un! Je maintiens qu’il n’y a pas eu de collusion.»

Le choix de la ferme Fréchette a été fait même si un autre soumissionnaire présentait un prix plus bas. Selon M. Lemay, Saint-Barnabé a décidé d’y aller avec cette entreprise en se basant sur le devis.

«On avait neuf items sur lesquels on a jugé les soumissions. Les discussions ont été autour de l’entreprise qui ferait le travail le mieux et le plus vite, car on était en octobre. On a choisi l’entreprise la plus susceptible de faire le travail», ajoute M. Lemay qui se dit désolé que cette accusation de collusion vienne quelque peu éclabousser la ferme Fréchette.

Ce contrat de déneigement devait être approuvé par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, car il était supérieur à 101 000 $. Mais Québec a refusé d’y apposer son sceau et a forcé Saint-Barnabé à reprendre le processus.

Michel Lemay croit que la pression publique a influencé le gouvernement dans ce dossier.

«La Commission municipale a eu des plaintes. Mais si on est rendu que les Affaires municipales écoutent les nouvelles pour approuver, me semble que c’est spécial un peu. Et au conseil, on était six à être d’accord avec ce contrat. La pression a fait pencher des gens qui ont moins la capacité de dire non devant des gens dans la salle du conseil.»

M. Lemay va aussi plaider non coupable à l’accusation d’avoir contrevenu au code d’éthique des élus de Saint-Barnabé concernant ses propos désobligeants envers les femmes. À la séance du conseil du 4 novembre, le sujet du déneigement a été longuement discuté. Des membres du conseil disaient alors regretter d’avoir voté avec le maire pour l’octroi du contrat, ce à quoi le maire a répliqué: «Il y en a qui regrettent peut-être d’avoir voté, il y en a peut-être bien qui n’étaient pas dans leur assiette, qui étaient dans leur période ce soir-là».

M. Lemay s’était aussitôt excusé après avoir été sommé de le faire par une citoyenne. Selon le maire, le fait de s’être excusé est suffisant pour tirer définitivement un trait sur ce sujet.

«Ce n’était pas ma meilleure déclaration, reconnaît-il. Mais je pense que ça devrait arrêter là.»