Guillaume Laverdière
Guillaume Laverdière

Saint-Barnabé: le conseil retire majoritairement sa confiance envers le maire Lemay

SAINT-BARNABÉ — Reprochant au maire Michel Lemay son manque de transparence, son manque de travail en collégialité et sa mauvaise foi, le conseil de Saint-Barnabé vient de retirer à majorité sa confiance envers lui.

L’initiative de cette résolution adoptée lundi soir en séance ordinaire provient du conseiller Guillaume Laverdière. Dans son préambule, M. Laverdière a rappelé que le maire Lemay est cité en déontologie devant la Commission municipale du Québec concernant notamment du favoritisme présumé dans l’octroi d’un contrat de déneigement et que l’Autorité des marchés publics devrait déposer bientôt un rapport.

Secondée par le conseiller Jimmy Gélinas, la résolution a fait l’objet d’un vote pour demander aux élus s’ils ont confiance au maire Lemay. MM. Laverdière et Gélinas ont voté pour, de même que la conseillère Stéphanie Rivard. Louise Lamy et Michel Bournival ont voté contre. La conseillère Geneviève St-Louis, qui agissait à titre de mairesse suppléante en raison de l’absence de Michel Lemay, s’est abstenue de voter comme sa fonction le permet.

Le résultat du vote a laissé des gens dans la salle un peu confus sur la signification réelle de la résolution. La mairesse suppléante a dû expliquer que la résolution fait référence à un vote de non-confiance envers Michel Lemay.

Reconnaissant que le libellé de la résolution aurait dû être plus précis, Guillaume Laverdière a une idée très claire quant au niveau de confiance dont jouit Michel Lemay autour de la table du conseil. Selon M. Laverdière, la confiance n’y est plus.

«On est épuisé de la mauvaise foi de M. Lemay. Si trois conseillers n’ont plus confiance, il doit quitter son poste ou changer de comportement. On est dans une crise. Il faut que ça change», indique M. Laverdière, critiquant au passage d’avoir appris la date d’adoption du budget de 2020 dans une entrevue de Michel Lemay publiée dans Le Nouvelliste du 10 janvier.

Jimmy Gélinas est du même avis que M. Laverdière. Jusqu’à il y a quelques mois, M. Gélinas était le chef des pompiers de Saint-Barnabé. Il connaît donc le maire Lemay depuis plusieurs années.

«J’ai toujours eu des problèmes avec sa gestion, mentionne celui qui en est à un premier mandat comme conseiller. Il gère par la peur. Dans des réunions de travail, il nous dit: «T’es un pas bon». Ce n’est pas digne d’un maire. Il peut finir son mandat, mais le lien de confiance est brisé.»

Michel Bournival a refusé d’embarquer dans une telle décision du conseil. Ce conseiller veut laisser les autorités compétentes faire leur travail concernant l’évaluation du comportement de Michel Lemay.

Plus de 30 personnes ont assisté à la séance du conseil de Saint-Barnabé, lundi.

«Je ne jugerai pas une personne avant d’avoir un rapport pour savoir s’il y a eu des abus», a dit M. Bournival, en interpellant Guillaume Laverdière sur le fait que ce dernier demandait au conseil de se substituer à l’Autorité des marchés publics.

Geneviève St-Louis ne croyait pas qu’elle aurait à prendre son poste de mairesse suppléante pour la séance du conseil de lundi. Elle a appris dans la journée de lundi que M. Lemay serait absent.

«Je n’ai aucune idée pourquoi M. Lemay n’est pas là ce soir (lundi)», a spécifié Mme St-Louis, soulignant que le conseil a su répondre aux questions des gens lors des récentes séances.

La décision du conseil sera transmise au député de Maskinongé Simon Allaire et au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

Grippe et déneigement

Grippé, Michel Lemay a préféré s’abstenir de participer à la séance de lundi, car il savait que les factures de déneigement déposées par le Groupe Bellemare allaient faire l’objet de discussions. Étant donné qu’il est visé par une accusation de favoritisme concernant un contrat de déneigement, M. Lemay a annoncé en décembre qu’il ne touche plus à ce dossier.

«J’aurais pu me retirer de la table, mais j’ai décidé de ne pas être présent. Le vote de non-confiance n’a pas de lien avec ma décision de ne pas être là. Un vote de non-confiance, c’est symbolique. Ce n’est pas ça qui va me forcer à démissionner. Ce sont les mêmes personnes qui ont formé un consortium et qui ont voté contre le budget. On devrait mettre notre énergie sur les projets en cours au lieu d’essayer de trouver des puces au maire. Ça ne m’impressionne pas beaucoup, ça vient tannant, mais l’important est qu’on adopte le budget, le 27 janvier», a dit M. Lemay lorsque contacté en soirée par Le Nouvelliste.

M. Lemay laisse entendre qu’il pourrait démissionner avant la fin de son mandat. Sa décision ne viendra pas aussitôt le budget adopté.

«On a des choses à placer. Ma décision va aller après, ça pourrait aller dans le courant du printemps. Ce n’est pas M. Laverdière qui va me faire shaker dans mes bottes. Avec un an comme conseiller, je ne pense pas qu’il a toutes les qualifications pour prendre beaucoup de décisions. Il parle au nom d’un groupe de trois conseillers. On n’a pas les mêmes visions de gestion.»

Paule Jacques, une ancienne conseillère qui a perdu son élection à la mairie aux mains de Michel Lemay, fait circuler une pétition demandant le départ du maire. Ce dernier mentionne qu’elle peut bien faire le tour de la localité, il rappelle que c’est lui qui a été élu.

Quelque 15 personnes ont signé la pétition qui était placée à l’entrée de la salle du conseil, lundi.