Le maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay.
Le maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay.

Saint-Barnabé: des menaces contre le maire Michel Lemay

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SAINT-BARNABÉ — Alors que le conseil de Saint-Barnabé se prépare à lancer un nouvel appel d’offres sur invitation pour trouver un déneigeur, la prochaine séance publique des élus se déroulera sous surveillance policière, car Michel Lemay affirme avoir reçu des menaces.

Le dossier du déneigement a attiré l’attention des médias il y a quelques semaines lorsque des citoyens et des élus ont mentionné que le processus d’octroi du contrat en octobre à une entreprise de Yamachiche avait été teinté d’irrégularités. Dans la foulée de ces allégations, il a été permis d’apprendre que le maire avait tenu des propos déplacés à l’endroit des femmes, des propos suivis d’excuses de la part de Michel Lemay.

Ce dernier indique avoir reçu des menaces durant cette période mouvementée. Sans entrer dans les détails, M. Lemay mentionne que le contenu desdits messages doit être pris au sérieux après en avoir parlé avec la Sûreté du Québec.

«Des décisions qu’on prend touchent des gens et des fois, l’émotif embarque. C’est là, le problème. J’ai eu des courriels plus humoristiques, mais des menaces par téléphone, sur mon répondeur au bureau municipal et à mon domicile. Les menaces étaient suffisamment claires pour que j’en parle à la SQ. La police a dit de ne tolérer aucune menace. Une présence policière, ça calme les esprits. Quand il y a une voiture de la SQ devant le bureau municipal, c’est rare qu’il y a des débordements», raconte M. Lemay, qui croit que ces menaces proviennent de gens de l’extérieur de Saint-Barnabé.

M. Lemay précise que cette présence policière se fera aussi à sa résidence. Cette surveillance durera quelques jours, étant donné que M. Lemay sera bientôt en vacances.

Ces vacances planifiées depuis le début du mois d’octobre feront en sorte que M. Lemay sera absent de la séance du conseil de lundi, séance durant laquelle le conseil adoptera par résolution le lancement d’un nouvel appel d’offres sur invitation auprès de huit entreprises de déneigement. Le conseil suivra ainsi le mot d’ordre lancé par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation afin de trouver un déneigement pour 2019-2020, lui qui a refusé d’entériner le contrat de gré à gré établi en octobre entre la Municipalité et la ferme Fréchette. Saint-Barnabé ne contestera finalement pas la décision du gouvernement.

«L’ouverture des soumissions se fera autour du 13 décembre, dit le maire. On va transmettre au ministère le résultat de l’ouverture des soumissions, notre procureur va vérifier la conformité des soumissions, avec notre directeur général. On va prendre le soumissionnaire le plus bas. Le gouvernement dit qu’il faut prendre le plus bas. On va savoir le 13 décembre quelle entreprise va ouvrir les rues de Saint-Barnabé.»

Depuis la décision du gouvernement d’imposer la reprise du processus, Saint-Barnabé fonctionne avec l’entreprise Fréchette de Yamachiche selon une entente temporaire. À ce sujet, M. Lemay a contacté le bureau régional des Affaires municipales pour établir un plan B si jamais il survenait un pépin.

«Je ne pense pas qu’il y aura une interruption du service, j’ai confiance en la parole de la ferme Fréchette, mais des gens autour de la table se sont opposés à cette compagnie. Si la ferme envoie une facture et que le conseil ne veut pas payer, le service risque d’être interrompu.»

D’autre part, Michel Lemay confirme avoir rencontré des représentants de la Commission municipale du Québec il y a une semaine afin de discuter de l’aspect éthique du dossier du contrat de déneigement. Il est possible que l’organisme fasse certaines recommandations.

«Des autorités compétentes se penchent là-dessus, on va les laisser travailler. Mais j’ai confiance en nos systèmes de gestion.»