Christiane Guilbeault, coordonnatrice du Regroupement des aidants naturels de la Mauricie.
Christiane Guilbeault, coordonnatrice du Regroupement des aidants naturels de la Mauricie.

S’adapter pour mieux soutenir les proches aidants

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les différentes associations qui viennent en aide aux proches aidants de la région n’ont eu d’autre choix que d’adapter leurs services en catastrophe au printemps dernier, quitte à laisser tomber à contrecœur plusieurs activités qui étaient pourtant essentielles au bon équilibre des proches aidants. La perspective d’une deuxième vague est toutefois moins anxiogène pour ces ressources, étant donné que plusieurs services ont pu être adaptés et pourront se poursuivre si la situation du coronavirus devait empirer dans la région.

«Les proches aidants, ce sont aussi majoritairement des personnes âgées et elles ont vécu énormément d’isolement au printemps dernier, on l’a bien senti. Quand la pandémie est arrivée, personne n’était préparé à ça. Maintenant, on a plus d’outils entre les mains», résume Christiane Guilbeault, coordonnatrice du Regroupement des aidants naturels de la Mauricie.

Si le soutien psychosocial aux proches aidants n’a jamais cessé durant le confinement du printemps, se faisant soit par téléphone ou par conférence Zoom, plusieurs autres activités comme les cafés-rencontre ont dû cesser en présence et se tenir en mode virtuel. Les conférences et les groupes d’entraide ont cependant dû cesser complètement.

Cette semaine, pour la première fois, on a pu tenir un groupe d’entraide et une conférence, en plus de recommencer les cafés-rencontre en personne dans des salles adaptées pour respecter les mesures sanitaires. Mercredi soir, plusieurs proches aidants se sont donné rendez-vous au cinéma Le Tapis Rouge pour entendre la conférence «S’adapter ou oser changer» dans le respect des normes de santé publique.

«Les gens sont contents que ça se fasse en personne. On repart tranquillement les activités et c’est apprécié», confirme Christiane Guilbeault, ajoutant que si un reconfinement devait survenir, l’équipe est davantage prête à faire face au défi.

Josée Gélinas, directrice générale de l’Association des personnes aidantes de la Vallée-de-la-Batiscan, assistait mercredi à la toute première conférence donnée par son organisme depuis le confinement du printemps. Une conférence dans les règles des mesures sanitaires et qui affichait complet à Sainte-Thècle.

Même son de cloche pour l’Association des personnes aidantes de la Vallée de la Batiscan, où les conférences ont aussi repris cette semaine en personne du côté de Sainte-Thècle. La salle, bien qu’adaptée aux mesures COVID, affichait complet en distanciation, preuve que les activités en personne étaient plus qu’attendues de la part des personnes aidantes.

«Au printemps, on a dû faire du volet soutien notre priorité. Tout s’est passé par Zoom ou par téléphone, car certaines personnes n’ont pas facilement accès à Internet sur le territoire. Aujourd’hui, nos bureaux ont été adaptés, avec notamment des panneaux de plexiglas. On a aussi adapté nos journées ressourcement. Auparavant, on offrait le repas, ce qui est trop difficile à gérer maintenant, alors on ne propose que les conférences. On s’adapte», résume Josée Gélinas, directrice générale de l’association.

Le répit aux personnes aidantes a dû être complètement arrêté du mois de mars jusqu’au mois de juin, ce qui n’a pas été sans conséquence, constate Mme Gélinas. «Depuis qu’on a recommencé, la demande a beaucoup augmenté pour du répit. Les gens ont trouvé ça difficile alors on essaie de s’adapter du mieux possible pour les aider», ajoute-t-elle.

Aide à domicile

Pour l’organisme Ménagez-Vous, qui oeuvre principalement dans l’aide et le maintien à domicile, le confinement du printemps aura été synonyme de l’arrêt de ses activités d’entretien ménager et d’aide à domicile pendant près d’un mois. Trente jours qui se traduisaient parfois par une absence totale de visite ou de contact humain pour certains bénéficiaires.

Pour cette deuxième vague, une chose est claire: pas question de fermer! «Nous avons été nommés dans le plan du gouvernement comme étant un service essentiel. D’ailleurs, toute cette crise aura démontré l’importance d’investir dans le maintien à domicile, et ce sera à mon avis le prochain chantier du gouvernement», croit le directeur, Martin-Charles Saint-Pierre.

Martin-Charles Saint-Pierre, directeur général de l’organisme Ménagez-vous.

Ce dernier fait remarquer que depuis le printemps, des procédures sécuritaires ont été mises en place pour permettre le maintien des activités auprès des quelque 4000 bénéficiaires des services de Ménagez-Vous. L’organisme compte sur environ 200 employés.