Chantal Bellemare est la pharmacienne qui était en fonction lors de la tentative de vol survenue jeudi soir à la pharmacie Jean Coutu du boulevard des Récollets à Trois-Rivières.

«Sacre ton camp!»

«Si c'est Vadeboncoeur, on aimerait ça que la justice le mette en prison pour qu'il arrête de terroriser les pharmaciens.»
Chantal Bellemare, copropriétaire de la pharmacie Jean Coutu du boulevard des Récollets, était derrière le comptoir des ordonnances lorsqu'un individu cagoulé a tenté de dérober des opiacés, jeudi soir. Elle ne peut prouver qu'Alexis Vadeboncoeur se cachait sous ce déguisement. Mais la pharmacienne a des doutes, compte tenu que l'événement de jeudi ressemble grandement à celui survenu en février 2013 et pour lequel Vadeboncoeur est accusé de vol qualifié.
«J'ai vu la vidéo la première fois (pour le vol de février 2013). Le voleur a fait la même chose: il s'est mis à courir et il a sauté par-dessus le comptoir. Ça prend quand même quelqu'un qui est athlétique. Il est entré dans le laboratoire. Il m'a dit: «Donne-moi du Dilaudid, donne-moi du Dilaudid!» Je lui ai dit: «Non. Sacre ton camp!»
Mme Bellemare explique que depuis le vol survenu en février 2013, la direction de la pharmacie a modifié sa façon de faire pour remettre ce genre de médicaments. Elle ajoute que l'individu secouait des pots contenant des comprimés, visiblement à la recherche du produit désiré, lorsqu'il s'adressait à elle. Elle a réussi à appeler le 9-1-1.
«Je ne voulais pas lui donner. Il m'a vue appeler la police et je ne m'approchais pas de lui, j'avais peur qu'il soit armé. Je me tenais le plus loin possible de lui. Je criais. Il a sacré son camp», témoigne Mme Bellemare, qui s'est retrouvée seule avec le présumé voleur, car les trois autres employés du laboratoire ont pris la fuite en le voyant arriver.
«Les employés criaient: «C'est un vol, c'est un vol!». Il y avait des clients à la pharmacie. Il n'a pas menacé personne», raconte la pharmacienne.
Maintenant qu'un individu a été arrêté en lien avec cette tentative de vol, Chantal Bellemare souhaite vraiment pouvoir travailler sans se faire importuner par ce genre d'événements.
«Je ne prends pas ça avec un grain de sel. Je n'ai pas aimé ça. J'ai eu tellement peur. La nuit dernière a été pénible. Un gars en manque de narcotique, tu ne sais jamais comment il peut réagir. Ça fait deux fois en l'espace d'un an, c'est assez. Ça va être quoi la prochaine fois? Tout ce que je souhaite est que le voleur soit en prison et qu'il ne revienne plus jamais dans ma pharmacie. Je suis tannée.»