L'historien René Beaudoin applaudit le désir de l'UQTR de restaurer le moulin de la Commune.

Sa restauration coûterait 923 000 $

Les détails coulent au compte-gouttes dans le dossier du moulin de la Commune. L'Université du Québec à Trois-Rivières estime à environ 923 000 $ les débours nécessaires pour rénover la toiture et les voilures du moulin dont elle est propriétaire, en plus d'en verdir les parages avec un aménagement paysager et une installation de panneaux d'interprétation. C'est du moins ce que stipule le compte rendu d'une réunion du comité d'audit et du comité des affaires budgétaires de l'UQTR tenue le 16 avril 2014, un document dont Le Nouvelliste a obtenu copie.
Lors d'une rencontre du Comité de régie interne, une cellule de bonne entente qui réunit sur une base hebdomadaire la rectrice et l'ensemble du vice-rectorat afin de débattre, sans procès-verbal, des enjeux liés à l'administration de l'Université, il a été discuté «d'une possible réfection [du moulin] puisqu'une subvention du ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) serait disponible.»
Pour assurer la pérennité du bâtiment ancestral, trois options furent par la suite déposées sur la table de travail du comité d'audit et du comité des affaires budgétaires, le tout en présence, entre autres, de la rectrice Nadia Ghazzali, de la vice-rectrice à l'administration et aux finances Johanne Giguère et de Marie-Josée Deschênes, architecte spécialiste référée par le MCCQ.
Premièrement, on envisageait de déménager le moulin, mais cette option «très dispendieuse [risquait d'] affecter la structure de la bâtisse, lit-on dans le document. Les coûts s'estiment à environ 150 000 $ pour un tel déplacement». Cette option a donc d'ores et déjà été exclue par l'administration. Deuxièmement, la reconstruction du moulin et la remise en marche du mécanisme interne servant à produire de la farine furent examinées. Calquée sur les espoirs de l'historien René Beaudoin, cette option a cependant été écartée car elle ne cadre pas avec la mission de l'UQTR. «Ceci serait aussi un projet d'une ampleur considérable», explique-t-on.
Enfin, «l'interprétation du moulin à vent constituerait un repère identitaire pour l'UQTR avec, entre autres, le réaménagement de la toiture et des ailes». Une option qui reste, pour le moment, «la plus envisageable». L'UQTR prévoit donc «un aménagement paysager et une installation de panneaux d'interprétation». Ainsi, le moulin «marquerait visiblement l'entrée du campus. L'estimation des coûts pourrait s'élever à environ 923 000 $».
Aucune mention, dans le document, n'explicite les réaménagements envisagés sur le moulin de la Commune pour lui redonner ses allures d'antan. Selon l'historien René Beaudoin, très impliqué dans le dossier, il faudrait minimalement soulever l'édifice de trois pieds, construire une galerie circulaire et installer un vire-vent servant à faire pivoter le toit en fonction de la direction du vent. Pour financer son projet, la vice-rectrice à l'administration et aux finances a demandé une autorisation aux membres du comité afin de présenter cette troisième option au MCCQ et à la Ville de Trois-Rivières pour une éventuelle contribution.
«Près de 70 % du projet pourrait être subventionné par le MCCQ et les 30 % restant par des partenaires.» À la Ville de Trois-Rivières, le porte-parole Yvan Toutant ne ferme pas la porte à une éventuelle implication dans le projet, mais ne déborde pas d'enthousiasme quant à y engager les deniers des contribuables.
À l'UQTR, on souligne que le montage financier du projet n'est pas encore complété. Chose certaine, l'administration souhaite restaurer le moulin sans mettre la main dans ses coffres.
«Pour rassurer la population, on ne veut pas prendre un dollar dans notre budget de fonctionnement pour réaliser ce projet. Maintenant, est-ce que les subventions qu'on va aller chercher vont être suffisantes pour payer l'ensemble des travaux? Au moment où on se parle, il est trop tôt pour le dire», souligne Jean-François Hinse du service des communications de l'UQTR.
Si les subventions que l'UQTR espère obtenir ne paient pas la totalité des travaux, il est envisagé de se tourner vers la Fondation de l'UQTR, vers la Ville de Trois-Rivières, voire vers le secteur privé.
«On est vraiment au début du projet. C'est le conseil d'administration qui donnera le ok. Mais les moyens financiers dont nous disposerons guideront nos travaux», précise M. Hinse.