L’entreprise AAR, qui embauche déjà 330 personnes, tente de recruter 60 employés de plus pour honorer ses nombreux contrats.

Ruée vers l'emploi chez AAR

Trois-Rivières — À peine huit jours après avoir lancé une grande campagne de recrutement pour combler quelque 60 postes au sein de son équipe, l’entreprise AAR de Trois-Rivières croule sous les curriculum vitae qui arrivent de partout au Québec. C’est en effet quelques centaines de CV qu’AAR a reçus à la suite de la médiatisation de cette campagne de recrutement et à la mise en place d’outils promotionnels sur le web.

Bien que toutes les candidatures ne répondent pas forcément aux attentes de l’entreprise, le vice-président aux opérations chez AAR, Stéphane Rochette, ne cache pas sa satisfaction quant aux résultats connus depuis la semaine dernière. En huit jours, pas moins de neuf personnes ont déjà été embauchées, et d’autres embauches seront à venir dans les prochaines semaines pour cette entreprise qui a acheté Premier Aviation il y a quelques mois à peine.

«Nous sommes vraiment très satisfaits, spécialement de la couverture qui a été donnée à notre campagne de recrutement. Notre revue de presse nous permet de constater que quatorze médias se sont intéressés à notre campagne, en plus des efforts qui sont déployés sur Internet», constate M. Rochette, qui doute néanmoins que la totalité des 60 emplois à combler puisse l’être complètement à l’intérieur des candidatures reçues depuis les derniers jours.

«Ce sont d’excellents résultats, mais nous aurons encore des efforts à faire. En ce sens, nous allons continuer nos efforts publicitaires et également cibler les écoles, les étudiants de niveau collégial qui terminent leur année scolaire vers le mois de mai», indique Stéphane Rochette, ajoutant qu’avec la pénurie de main-d’œuvre qui prévaut actuellement, AAR pourrait aussi se tourner vers la main-d’œuvre étudiante.

«On pense toujours aux embauches à long terme, de façon permanente avec un employé qui a déjà de l’expérience. Mais avec la pénurie actuellement, nous devons aussi repenser nos façons de faire et viser les étudiants, qui pourraient venir travailler chez nous à temps partiel, en conciliation avec leurs études», mentionne le vice-président aux opérations.

Stéphane Rochette, vice-président aux opérations chez AAR.

En ce sens, les efforts sont également déployés afin de faire la promotion de la vie à Trois-Rivières, pour tenter d’aller chercher de nouveaux candidats dans les autres régions. Des arguments qui trouvent davantage écho dans les régions que dans les grands centres, constate Stéphane Rochette.

«Vendre la qualité de vie que peut offrir Trois-Rivières à un Montréalais qui est né à Montréal et qui y a toujours vécu, c’est parfois plus difficile. On concentre souvent ces arguments dans des régions comme la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie. Les gens s’identifient davantage à ces arguments et se reconnaissent dans une région comme la nôtre, avec la proximité des grands espaces verts par exemple. Il faut savoir cibler son message en fonction de la clientèle», reconnaît M. Rochette.

L’entreprise, qui embauche déjà 330 personnes et qui souhaiterait passer à 390 pour honorer ses nombreux contrats notamment avec Air Canada, se dit par ailleurs reconnaissante du soutien apporté par le milieu dans cette recherche de main-d’œuvre. «Le milieu jouera toujours un rôle important. Que ce soit Emploi Québec, IDE Trois-Rivières, les médias ou nos différents partenaires comme la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, nous n’en serions pas là si tout ce monde n’y était pas non plus», ajoute M. Rochette.

Chez Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, on reconnaît que la campagne de recrutement sur le web est un grand succès. En fait, l’organisme avait mis en place, à l’automne dernier, un outil de recrutement par Internet dédié à trouver de la main-d’œuvre dans les domaines de la transformation métallique et des technologies de l’information. Devant les besoins importants chez AAR, on a tout simplement intégré cette nouvelle campagne à celles qui étaient déjà en place.

«On surfe un peu sur le succès de nos campagnes web déjà en place. Mais avec AAR, on a atteint 3700 visites de la page en seulement une semaine, ce qui est remarquable», explique le directeur général adjoint d’IDE, Jean Côté.

Évidemment, IDE a ciblé différentes clientèles spécifiques pour tenter de rejoindre les travailleurs potentiels, comme elle le fait avec ses autres campagnes d’ailleurs. Alors que les campagnes pour la transformation métallique et les technologies de l’information sont très présentes dans le marché montréalais, c’est davantage dans la région que l’on a concentré le public cible pour les emplois chez AAR, et plus particulièrement chez les jeunes à la recherche d’un emploi.

Un tel engouement laisse croire à Jean Côté que la pénurie de main-d’œuvre a sans doute un visage différent que celui qu’on dépeint présentement. «La main-d’œuvre est là, mais elle n’est peut-être pas visible. Nous allons aussi avoir l’occasion de faire un constat sur la situation lors de notre salon de l’emploi qui se tiendra en mars prochain», ajoute M. Côté.