Le Festival western de Saint-Tite organisera le rodéo urbain inscrit à la programmation des fêtes du 375e anniversaire de Montréal.

Rodéo au 375e de Montréal: les détracteurs invités à y assister

«Ils font leur travail et on fait le nôtre. Qu'ils viennent nous voir!», lance Maxime Lefebvre, producteur du rodéo urbain inscrit à la programmation du 375e anniversaire de Montréal, élaboré en collaboration avec le Festival western de Saint-Tite.
Il lance cette invitation aux membres des différents groupes qui dénoncent la pratique du rodéo et associent le sport à de la cruauté animale.
Maxime Lefebvre, de la firme TKNL, ne veut pas trop commenter les sorties de ceux qu'il appelle les «activistes». Il soutient que c'est la méconnaissance qui nourrit les préjugés et perceptions liés au rodéo.
Entre autres, rappelons que la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, sur sa page Facebook, a parlé des épreuves de rodéo comme d'«activités désuètes, inhumaines et dangereuses» qui promeuvent «l'exploitation et la souffrance inutile des animaux».
L'Alliance des animaux du Canada condamne aussi la présentation d'un rodéo parmi les événements au calendrier des fêtes du 375e de Montréal. L'Alliance invite la population à décrier l'événement auprès du maire de Montréal Denis Coderre, de la ministre du Tourisme Julie Boulet (Saint-Titienne et ministre responsable de la région), et de Serge Postigo, commissaire adjoint aux célébrations du 375e anniversaire.
Un modèle de lettre de protestation est même proposé sur le site de l'association, qui affiche en page d'accueil, sur une photo de rodéo: «Aidez-nous à bannir le rodéo au 375e de Montréal».
La semaine dernière, Loblaw, un des commanditaires du 375e de Montréal, s'est dissocié de l'activité rodéo en indiquant que l'entreprise ne s'y afficherait pas.
Mais de quoi parle-t-on?
Le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière, explique que le rodéo qui sera présenté à Montréal s'inscrit dans une série d'événements estivaux organisés par le festival. 
«Le 375e de Montréal est un de nos clients comme on en a une dizaine dans l'été. On propose ce produit-là aux promoteurs qui veulent organiser des rodéos chez eux, mais qui ne connaissent pas ça. On dit: «Gère ton site, tes spectacles, ta bière, tes entrées, etc.», et nous on arrive avec un clé en main, avec nos clôtures, nos taureaux, nos chevaux, nos compétiteurs, nos juges, nos animateurs, et on gère le spectacle et le sport qu'est le rodéo dans ces événements», détaille M. Lafrenière, dont l'organisation s'est associée à la firme TKNL pour le projet du 375e de Montréal.
C'est le festival western qui a soumis l'idée du rodéo urbain au comité des fêtes du 375e, répondant à un appel de projets. Pour correspondre aux critères de sélection, il fallait lier le 375e, l'histoire et le projet soumis.
L'équipe du Festival western a rappelé que la plus grosse bourse de rodéo offerte en Amérique l'avait été à l'Expo de Montréal en 1967. Elle a aussi évoqué le début de l'histoire des rodéos au Québec, concrétisée par le passage à Montréal du Billy Bob Show.
Les spectateurs à Montréal pourront découvrir les épreuves de dressage, soit la monte de chevaux avec et sans selle, et la monte de taureaux. Les disciplines de courses entre barils, de course de sauvetage et d'échange de cavaliers seront présentées en démonstration. Ces rodéos estivaux servent de qualifications pour la compétition de Saint-Tite.
L'éducation et le respect
«Les gens qui émettent des arguments anti-rodéo tombent souvent dans l'émotion. Nous, on tente d'être rationnels», commente M. Lafrenière, en rappelant que Saint-Tite est proactive dans la prévention de la santé animale avec notamment les examens vétérinaires systématiques et la modification du règlement dans la discipline de la prise du veau au lasso pour limiter les effets sur la bête.
«On ne se donne pas le mandat de convaincre les gens. Je peux argumenter pendant longtemps, mais il faut venir à Saint-Tite. Les animaux sont accessibles, ils sont visibles. On n'a rien à cacher. Il n'y a personne qui saigne et aucun animal en détresse. L'amour que les gens du rodéo portent à leur bête est incommensurable. Avoir un petit animal de compagnie, il faut s'en occuper. Un cheval, il faut s'en occuper fois 1000! C'est deux heures de soins par jour. Ce n'est pas vrai que les gens vont maltraiter leurs chevaux», plaide M. Lafrenière.
«On s'est donné comme mission d'éduquer les gens et non de plaire à tous. Le débat est sans fin. Est-ce que c'est pire de pratiquer un rodéo ou d'avoir un caniche dans une sacoche au centre d'achat ou une perruche dans une cage?», illustre le directeur du FWST.
Le NomadFest - rodéo urbain se tiendra au quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal du 24 au 27 août, et il comprendra plusieurs volets liés à la culture équine et country, dont un important volet musical.