L’ancien député fédéral du NPD dans Trois-Rivières, Robert Aubin, a fait part de son expérience à la suite de la défaite électorale devant plusieurs participants au CreativeMornings Trois-Rivières.

Robert Aubin: quand le musicien se fait politicien...

Trois-Rivières — Même s’il avait d’abord décliné l’invitation de CreativeMornings Trois-Rivières à traiter du sujet du mois, soit la perte, en raison de sa défaite aux élections fédérales qu’il jugeait encore trop récente, Robert Aubin a finalement accepté de fouler son ancien lieu de travail vendredi, le Séminaire Saint-Joseph, pour partager son état d’âme.

«Je vis la défaite avec sérénité», a-t-il raconté devant plusieurs dizaines de participants réunis à la chapelle de l’établissement. Ce qui ne l’a pas empêché de cibler des moments charnières au cours de la dernière année.

Visiblement, l’homme de 59 ans avait le regard mélancolique sur ce selfie qu’il a pris lors du dernier jour des travaux parlementaires précédant la campagne électorale. «Il y a une différence entre quitter la Chambre à la fin d’une session et partir tout en sachant que ça va prendre un miracle pour que j’y revienne», a-t-il confié.

Mais une fois la bataille déclenchée, c’est tout sourire qu’on l’aperçoit devant son bureau électoral. «Je suis vraiment heureux de faire campagne. C’est une tribune extraordinaire pour porter les valeurs qui me sont chères», affirme-t-il avant de montrer une troisième photo, celle où il est «habillé en mou», chez lui, au lendemain du vote. «C’est un temps d’arrêt dont je profite», précise-t-il.

Il y a un an, l’ancien député fédéral vivait sa première perte, soit une séparation. Et alors que le Bloc québécois et le Parti vert lui faisaient les beaux yeux, dans un contexte où une réélection sous la bannière NPD était loin d’être évidente, la démission surprise du maire Yves Lévesque est venue compliquer la réflexion. Mais sa loyauté envers les électeurs de son comté lui aura permis de résister à la mairie et d’accepter de relever le défi d’un chef peu populaire en raison des signes religieux.

Par ailleurs, les demi-victoires obtenues au sein même de sa formation politique, par rapport à ses propositions nationalistes québécoises, font partie de ses déceptions.

«Ma vie est basée sur des rencontres de personnes qui ont transformé ma vie», avoue celui qui a évoqué, entre autres, Claude Thompson, Jacques Lacombe, Jacques Crête, Thomas Mulcair, «un politicien qui m’impressionne», et Jack Layton, «une étoile filante dans ma vie», tout en citant Albert Jacquart ou, encore, en faisant référence à l’impermanence des choses selon le Dalaï-lama. Et il garde un bon souvenir de cet échange avec Ed Broadbent, comme quoi, dit-il, «les plus grands sont toujours les plus simples». Tout comme il aura apprécié tous ces voyages annuels dans la francophonie pendant ces «huit années et demie» de mandat.

Outre les membres de son équipe, Robert Aubin a dû aussi faire le deuil de collègues. Cela avait déjà été le cas en 2015 alors qu’il fut le seul survivant politique du quatuor musical Les Bons Jack. «On est le seul groupe au monde que la population a séparé», a lancé celui qui vient de renouer avec le monde artistique en s’impliquant dans des choeurs.

Lors de sa conférence, il a tenu à défaire le mythe du politicien défait qui reçoit une multitude d’offres d’emploi. «Le téléphone ne sonne pas. Je suis agent libre», a fait savoir celui qui rêve de se retrouver derrière un micro. «Je veux redonner du temps à mes deux filles», renchérit celui qui se dit «délivré d’une laisse électronique».