Robert Aubin, néodémocrate et député sortant de Trois-Rivières.

Robert Aubin: en piste d’abord pour l’environnement

Trois-Rivières — Après deux mandats comme député de Trois-Rivières, et devant des sondages qui plaçaient son parti dans une position pas forcément enviable quelques mois avant le déclenchement de l’élection, le député sortant de Trois-Rivières Robert Aubin aurait pu choisir de rentrer chez lui, de retourner à sa carrière d’enseignant, ou encore de se laisser tenter par une candidature à la mairie de Trois-Rivières. Ce qui l’aura fait choisir le NPD pour solliciter un troisième mandat, c’est l’environnement.

À l’occasion de la campagne électorale fédérale, Le Nouvelliste vous présente cette semaine cinq entrevues éditoriales avec les candidats représentant, dans le comté de Trois-Rivières, les cinq principaux partis. L’ordre de publication a été déterminé selon l’ordre alphabétique des noms de famille des candidats.

«Je suis revenu principalement pour cette question-là. Je réalise que je suis la première génération de l’histoire qui va laisser une dette économique et écologique plus lourde à la génération qui suit. L’urgence climatique, elle est réelle. Je ne sais pas si ce sera la question de l’urne, mais pour nous, au NPD, il est primordial que l’ensemble de nos actions soient orientées en fonction de ça désormais», confie celui qui s’est engagé à mener une campagne carboneutre et qui gardera le même objectif pour ses activités de député s’il est réélu.

C’est principalement dans cette optique qu’il compte voir se réaliser le projet de train à grande fréquence ainsi que le développement d’une filiale canadienne de recyclage et de transformation d’aéronefs à l’aéroport de Trois-Rivières.

«Ce qui fera la différence, pour le TGF, c’est la volonté politique. Tout le monde s’entend en ce moment pour dire que ça doit se réaliser, mais depuis 2015, je n’ai vu aucun conservateur se lever en Chambre pour poser une question sur ce sujet. Quant aux libéraux, fidèles à leurs habitudes, ils ont fait des annonces pour gagner des mandats. Ça fait des années qu’on en parle et ils auraient eu l’occasion de faire une pelletée de terre dans ce mandat. Mais ils ont annoncé des études pour repousser vers l’autre mandat», constate-t-il.

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La création de la filiale canadienne à l’aéroport viendra, selon lui, créer de bons emplois bien rémunérés dans un secteur secondaire pour lequel de nombreux partenaires régionaux seront mis à contribution. Une action qui se mènera en même temps qu’un travail pour obtenir la désignation de l’aéroport et ainsi espérer voir un jour y décoller des vols internationaux.

Une volonté qui se traduit aussi par son désir de redonner aux Forges du Saint-Maurice leurs lettres de noblesse. Ça devra, selon lui, passer par l’accroissement du financement de Parcs Canada, mais aussi la nomination d’administrateurs locaux et la constitution d’un comité citoyen qui aura le mandat clair de «penser en dehors de la boîte». Le candidat souhaite également continuer d’engager son appui aux projets de développement du Port de Trois-Rivières.

Sur le plan national, Robert Aubin martèle que son gouvernement aura le courage d’agir pour taxer les géants du web et venir en aide aux médias d’information. «Dans un écosystème économique, tout le monde doit pouvoir jouer avec les mêmes règles», fait-il remarquer.

Candidats

La campagne trifluvienne a ceci de particulier dans cette élection fédérale: elle est davantage une campagne de candidats que de chefs ou de partis. Une situation à peu près jamais vue, reconnaît Robert Aubin, et qui change tout sur le terrain.

Mais si la campagne se mène côte à côte avec des candidats connus, l’effet du programme du parti, de même que le poids du chef, peuvent tout de même peser dans la balance. À ce sujet, Robert Aubin reconnaît que son chef Jagmeet Singh a pu avoir une pente à remonter, mais que le discours change de plus en plus.

«Je ne pense pas que mon chef est impopulaire. Je pense que son turban l’est. Mais il y a un changement de discours qui s’installe depuis la première capsule parue durant la campagne électorale. Sa réaction à la loi 21 est modérée et brillante. Il y a des gens pour qui le fait que mon chef porte un turban, la discussion s’arrête là. Mais il y en a de moins en moins, le discours change», confie-t-il.

À l’inverse, les candidats vedettes du comté auront aussi un discours à contourner, autant pour défendre les programmes de leurs partis qui ne rejoignent pas nécessairement les convictions des Québécois, croit Robert Aubin, mais aussi les bilans personnels, dont font partie le congé de maladie et la démission de la mairie de Yves Lévesque, signale-t-il. «On m’en parle abondamment en porte-à-porte. Pour plusieurs, ça peut faire une différence».

Le député sortant et candidat néodémocrate travaille donc activement avec l’objectif unique d’être réélu, et se fait une fierté personnelle d’avoir pu, en huit ans, régler des milliers de dossiers citoyens par le biais de son bureau de comté, un travail prioritaire mais qui ne reçoit pas toujours la visibilité médiatique de grands projets ou de coups d’éclat. «C’est pourtant un travail essentiel du député, et je ne crois pas que Trois-Rivières ait souffert d’être dans l’opposition», confie celui qui estime que les deux rôles les plus influents à la Chambre des communes sont ceux de ministre et de député de l’opposition. Le candidat signale avoir si bien tapé sur le clou de plusieurs des dossiers qui lui tenaient à cœur que ses collègues d’en face ont vite reconnu son acharnement au travail et sa persévérance.

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