Le débit et le niveau de la rivière Saint-Maurice sont élevés en cette période de crue printanière.

Rivière Saint-Maurice: la Sécurité civile en mode préalerte

Trois-Rivières — Suite logique dans le processus de crue printanière, la Sécurité civile doit maintenant déplacer son attention vers le nord alors que la fonte de la neige et des couverts de glace sur les lacs de la Haute-Mauricie ont présentement pour effet d’augmenter de façon significative le débit de la rivière Saint-Maurice.

L’augmentation du nombre de mètres cubes d’eau qui coulent dans la rivière prenant source dans le réservoir Gouin a notamment pour effet d’augmenter son niveau à un point tel que l’eau s’approche de la route 155 à quelques endroits, notamment aux kilomètres 68 et 97.

Le porte-parole de la Sécurité civile, Bernard Létourneau, confirme que les autorités surveillent la situation de près, et ce, même si elle n’est pas considérée comme problématique pour le moment.

«D’ici à mercredi, on s’attend à atteindre le niveau du mode préalerte. Mais il n’y a rien de catastrophique et on croit que ça commencera à redescendre à compter de mercredi. [...] C’est certain qu’on fait encore de la vigilance sur le territoire, et les municipalités aussi, et ce, même si nous ne sommes plus mobilisés sur le territoire», explique M. Létourneau. Par ailleurs, il ajoute que les comportements des autres rivières sillonnant la Haute-Mauricie, notamment la Batiscan et la Mékinac, sont également suivis de près.

Selon des données fournies par Hydro-Québec, le débit de la rivière qui traverse la Mauricie du nord au sud était de 2249 mètres cubes par seconde du côté de La Tuque et de 3025 mètres cubes à Grand-Mère en après-midi lundi. Selon les prévisions météorologiques, ces données devraient être stables au cours des prochains jours avant de prendre une tendance à la baisse par la suite. Par contre, la société d’État tient à préciser que ces débits ne sont pas anormaux en cette période de l’année et qu’elle continue à travailler en collaboration avec la direction régionale de la Sécurité civile et se dit prête à réagir rapidement dans l’éventualité où la situation devient problématique.

Le ministère des Transports (MTQ) reconnaît que le débit et le niveau de la rivière Saint-Maurice peuvent sembler préoccupants, mais tient à rassurer les automobilistes qui craindraient de voir une partie de la chaussée de la route 155 être submergée, ou même emportée.

«Il n’y a pas de danger pour l’instant. Mais c’est certain que l’on garde à l’œil certains tronçons en raison de la crue des eaux», mentionne la porte-parole du MTQ, Émilie Lord.

Du côté de La Tuque, les autorités municipales surveillent toujours le niveau des rivières de près. La directrice des communications de la Ville, Hélène Langlais, soutient néanmoins que la situation va relativement bien.

«L’eau est quand même haute, mais on n’est pas sur un pied d’alerte. On est plutôt en mode surveillance comme on l’est depuis quelques semaines. Il y a un peu d’eau sur le chemin Bourassa, mais on a mis de la signalisation, mais ça passe quand même. On a un peu d’eau dans le rang ouest et dans le rang est à La Croche, et c’est la même chose, on a mis des barrières et des panneaux pour indiquer aux gens de faire attention», souligne-t-elle.

En ce qui concerne le tronçon de la route 155 reliant La Tuque et Chambord au Lac-Saint-Jean, sur lequel la circulation a été paralysée pendant plusieurs heures la semaine dernière à la suite d’une infiltration sous la chaussée ayant causé des dommages, les travaux afin de remédier à la situation de façon permanente ont été mis en branle lundi matin. Selon la porte-parole du MTQ, le chantier devrait s’échelonner pendant deux semaines. Comme c’est le cas depuis sa réouverture en milieu de semaine dernière, la circulation s’y fera en alternance jusqu’à la fin des travaux.

Glissements de terrain

Autres phénomènes propres au printemps, quelques glissements de terrain se sont produits au cours des dernières semaines dans la région. Une vingtaine ont été signalés à la Sécurité civile jusqu’à maintenant, dont un plus majeur qui est survenu à Champlain vendredi dernier. La route Sainte-Marie avait été recouverte d’une bonne masse de glaise et la circulation sur cette route a été bloquée durant l’avant-midi de vendredi. Le porte-parole de la Sécurité civile note qu’aucun autre incident majeur ne s’est produit depuis.

Avec la collaboration d’Audrey Tremblay