Un flou persiste toujours dans la région concernant la tenue de funérailles à l’église.
Un flou persiste toujours dans la région concernant la tenue de funérailles à l’église.

Rites funéraires à l'église: un flou qui persiste dans la région

TROIS-RIVIÈRES — Alors que les églises du Québec ont eu le feu vert de la Santé publique pour la reprise des rassemblements religieux de 50 personnes et moins, rien n’est moins clair à l’heure actuelle dans la région pour les rituels funéraires qui doivent se dérouler à l’église.

En effet, tant du côté du Diosèse de Trois-Rivières que de celui de Nicolet, il est encore difficile de confirmer pour le moment de quelle manière ces rituels pourront avoir lieu, mais surtout, s’ils pourront se dérouler dans toutes les églises de la région.

«Tous les rassemblements dans les églises de la région sont permis, mais la gestion des funérailles, des baptêmes et des mariages est laissée à la gestion interne des paroisses. Toutefois, pour les églises paroissiales qui reprendront la messe cette fin de semaine et celle du 4 et 5 juillet, elles devraient être en mesure de répondre à la demande de funérailles. Pour les autres églises, ce sont elles qui vont prendre la décision si oui ou non, elles procéderont à de telles célébrations. Elles ont d’ailleurs jusqu’au 6 juillet pour donner leur plan de reprise de toutes ces activités-là. Mais c’est sûr que pour l’instant, dans la majorité des paroisses, la messe et les funérailles seront prioritaires», précise Mélanie Charron, coordonnatrice de la pastorale d’ensemble et des communications au Diocèse de Trois-Rivières.

Un flou qui semble également présent du côté du Diosèse de Nicolet, bien que la situation semble un peu plus claire pour le moment. «C’est évidemment permis de faire des funérailles comme pour tous les rassemblements de 50 personnes et moins, et ce sont les mêmes règles qui priment. Les familles sont donc invitées à communiquer avec leur paroisse si elles désirent tenir des funérailles. Il se pourrait d’ailleurs que certaines églises décident de ne pas reprendre la messe quotidienne de manière à favoriser l’accueil des gens pour les funérailles. Mais tout ça va évidemment se déterminer dans chaque paroisse. Je serais toutefois étonnée qu’une paroisse refuse de le faire à moins de ne pas avoir les ressources nécessaires. À ma connaissance, ça ne semble pas être le cas actuellement», mentionne quant à elle la responsable des communications du Diocèse de Nicolet, Jacinthe Lafrance.

Au cours des dernières semaines, un protocole de fonctionnement a d’ailleurs été préparé par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec afin de permettre aux familles endeuillées de commémorer la mémoire d’un proche décédé, laissant croire à un retour rapide des rituels funéraires dans les établissements religieux. La Corporation des thanatologues du Québec qui offre désormais deux nouveaux outils d’aide et d’accompagnement de soutien au deuil sur le site Internet de la CTQ et sur le site de Deuil-Jeunesse a d’ailleurs tenu au cours de la semaine à informer les familles endeuillées qu’il était désormais possible de faire des rituels funéraires à l’église.

«On sait qu’il est important pour plusieurs familles endeuillées de faire le rituel funéraire dans un établissement religieux. C’est pourquoi un protocole a été établi et présenté à la santé publique par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, mais effectivement, j’imagine qu’on laisse la latitude à chaque église de suivre son propre protocole. Mais si une église décide de ne pas faire de rituels funéraires, ça serait vraiment déplorable, puisque dans le contexte actuel, c’est possible de le faire», mentionne Annie Saint-Pierre, directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec.

Un dossier complexe pour les entreprises funéraires 

Lorsqu’on questionne les entreprises funéraires de la région, les consignes semblent peu claires et parfois même contradictoires.

Alors que pour certains, on parle d’une seule église qui semble être désignée pour les rituels funéraires, ailleurs, on mentionne plutôt que certaines églises seulement peuvent tenir des funérailles à l’heure actuelle.

«Dans la région, ce que j’ai su cette semaine, c’est qu’une seule église va être ouverte pour faire la célébration des funérailles. Il s’agit de la cathédrale de Trois-Rivières. Pour les autres églises de la paroisse Du-Bon-Pasteur, ça va juste aller à l’automne», explique Julie Rousseau, propriétaire du Centre funéraire Rousseau de Trois-Rivières.

Pour sa part, Caroline Richard, propriétaire de la Maison funéraire Richard et Philibert mentionne qu’il est faux de croire que ce sont toutes les églises qui sont ouvertes et qui offrent ce genre de cérémonies.

«Il est effectivement maintenant possible de tenir des funérailles à l’église, mais il faut savoir que chaque église décide de sa date d’ouverture, tout dépendant si elle a les capacités à avoir une équipe suffisante ou non pour répondre aux nouvelles procédures sanitaires. De notre côté, on a eu l’approbation de certaines églises pour effectuer des funérailles, mais il y en a certaines qui refusent toujours. C’est vraiment du cas par cas.»

De son côté, Ronny Bourgeois, directeur général du Complexe funéraire J.D. Garneau du secteur Cap-de-la-Madeleine ne semble pas avoir eu de consignes précises en ce sens dernièrement. «Le Diocèse ne nous a toujours pas donné son OK, mais j’imagine qu’on devrait avoir des nouvelles la semaine prochaine.»

Une situation qui semble toutefois être quelque peu différente à Nicolet.

«À la cathédrale de Nicolet, c’est déjà commencé. Pour notre part, on va y célébrer nos premières funérailles ce samedi. D’ailleurs, dans la région, pour le mois de juillet, nous avons eu la confirmation qu’exceptionnellement, des funérailles vont pouvoir se tenir également le dimanche», précise la propriétaire du Centre funéraire J.N. Rousseau de Nicolet, Marie-Josée Rousseau.