La grève à la RGMRM dure depuis deux mois.

RGMRM: vote imminent pour les syndiqués

Le conflit de travail à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie dure maintenant depuis deux mois, et bien malin celui qui pourrait prédire le moment où il se terminera. Lundi, la partie syndicale a confirmé au Nouvelliste qu'elle était sur le point de convoquer une assemblée générale pour voter sur la proposition soumise par le conciliateur le 19 juin dernier. Toutefois, rien ne semble indiquer que le document pourrait être accepté par la majorité des syndiqués.
La proposition, qui a été déposée il y a près d'un mois, avait laissé le syndicat sur son appétit, mais ce dernier s'était donné la mission d'étudier en profondeur tous les textes de la convention collective pour s'assurer que la proposition ne comportait pas d'éléments sur lesquels la partie patronale et syndicale ne parleraient pas le même langage, en plus de brosser un portrait fidèle et adéquat de la situation. 
«On ne fera probablement pas de recommandation à nos membres lors du vote, mais la proposition était plus ou moins intéressante pour nous, car elle penchait surtout du côté des positions de l'employeur. On verra, nous sommes à étudier tout cela», fait savoir Mario Mongrain, président du Syndicat régional des employés municipaux de la Mauricie. 
Le 10 juin dernier, le syndicat avait rejeté à 100 % les dernières offres patronales, ce qui avait mené à une proposition du conciliateur. Les offres patronales comprenaient un engagement de la RGMRM à maintenir la compétence en matière de gestion des boues de fosses septiques, une offre qui était toutefois conditionnelle à un retrait des autres demandes, avait indiqué le syndicat. Parmi ces autres demandes, on comptait notamment des réajustements salariaux de certains postes et une modification des échelons salariaux. Le syndicat plaide par ailleurs depuis le début que le nombre de cadres à l'intérieur de la Régie est beaucoup trop élevé par rapport aux besoins réels.
Si le vote qui sera pris dans les prochains jours devait mener à un rejet de la proposition du conciliateur, le syndicat espère grandement que la partie patronale acceptera de revenir à la table pour continuer les discussions et négocier afin d'en arriver à une entente. «Nous ne les avons pas rencontrés une seule fois depuis le début du conflit, face à face. Et avant ça, ça remonte à loin aussi. On espère juste pouvoir se remettre à table avec eux et qu'ils continuent de discuter avec nous», ajoute Mario Mongrain.
De son côté, le président de la RGMRM, le conseiller municipal trifluvien René Goyette, a simplement indiqué qu'il attendait toujours une réponse de la part du syndicat quant à la proposition du conciliateur. «Ça va faire presque un mois qu'on attend, alors je ne saurais pas quoi répondre. La balle est dans leur camp», souligne-t-il. En attendant, le personnel cadre fait le travail, cumulant parfois deux tâches, rappelle René Goyette. Depuis quelques jours, la Régie a réduit de trois heures par jour ses heures d'ouverture, permettant ainsi aux cadres de bénéficier d'un certain répit. «À six cadres par jour, ça nous donne l'équivalent de 90 heures par semaine en moins. Ça a permis à certains de prendre quelques jours de repos et de partir en vacances», se réjouit René Goyette, lui qui anticipait, il y a quelques semaines, que les cadres ne puissent se permettre aucun congé durant la période estivale.
Le syndicat juge que cette réalité est bien la preuve qu'il y a trop de cadres à l'intérieur des bureaux de la Régie. «Ils sont en train de nous donner raison. Si tout ce monde-là peut faire rouler la machine, c'est probablement qu'il y a trop de monde dans les bureaux pour le travail qu'ils ont à faire», estime Mario Mongrain.