Même si les employés de la RGMRM ont refusé l'offre du conciliateur, le ton était positif à la sortie du vote.

RGMRM: l'offre du conciliateur est refusée à 91 %

Après plus de deux mois de grève, la proposition du conciliateur Jean Nolin n'a pas suffisamment séduit les 22 employés de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM), qui ont refusé l'offre à 91 %, hier.
Même si la veille, le président du syndicat, Mario Mongrain, affirmait que l'exécutif allait recommander à ses membres de refuser la proposition, il a préféré ne pas se prononcer avant le vote. Les membres se sont exprimés lors d'une réunion d'une durée de 2 h30 qui s'est tenue à Saint-Étienne-des-Grès.
«L'offre a été refusée et ce n'est pas à la proposition du syndicat. Ce sont les membres qui en ont décidé ainsi. Nous n'avons pas recommandé l'acceptation ou le refus de l'offre parce que nous y sommes allés au jugement des membres», mentionne Mario Mongrain, président du Syndicat régional des employés municipaux de la Mauricie.
Celui-ci ne semblait passurpris du dénouement de ce vote, et a dit être satisfait d'un tel résultat.
Comme c'est le cas depuis le début de ce conflit, la question de la compétence en matière de gestion des boues de fosses septiques a bloqué toute entente potentielle. La partie ouvrière craint que la RGMRM se tourne vers la sous-traitance une fois l'entente conclue.
«Dans la proposition du conciliateur, lorsqu'on dit qu'on se garde une compétence, mais qu'on ne précise pas ce que l'on garde, ça ne protège personne», affirme M. Mongrain.
Celui-ci craint qu'au final, l'arrivée de la sous-traitance ait des effets collatéraux sur plusieurs des 22 syndiqués.
«Ça touche directement six employés, plus ceux d'autres secteurs. Si on réduit les camions, on réduit le (besoin en) mécanique et possiblement du traitement à l'usine. On risquerait donc d'autres emplois.»
Des discussions positives
Même si le conflit s'éternise, les syndiqués semblaient plus qu'optimiste qu'une entente avec la partie patronale soit à portée de main, si bien que l'exécutif souhaite être de retour à la table de négociation dès ce matin. Vendredi dernier, une journée de pourparlers avait mené à la résolution de plusieurs problématiques, si bien qu'une fois la question des boues de fosses septiques réglée, il y a fort à parier que le vote sera bien différent de celui d'hier soir.
«Je crois que l'employeur devait déjà se douter qu'il y aurait refus parce que la clause à laquelle nous tenons n'y était pas. Mais je pense qu'il peut être ouvert à s'asseoir et discuter beaucoup mieux qu'avant», croit le président du syndicat.
Jusqu'à présent, les cadres de l'entreprise ont tenu le fort pendant le conflit, quitte à devoir faire une croix sur leurs vacances estivales et à réduire les heures de réception quotidiennes des camions à Saint-Étienne-des-Grès.
«Ce ne sont pas toutes les tâches qui sont faites de la bonne façon. Nous avons fait des plaintes au ministère de l'Environnement, mais il ferme les yeux, probablement parce que c'est du municipal. Non, ils ne font pas la job adéquatement. Nous avons toujours dit qu'il y avait trop de cadres et on le croit encore. Mais un jour, je pense qu'ils vont vouloir prendre des vacances», maintient M. Mongrain.
Du côté de la partie patronale, on affirme dans un communiqué que la proposition de règlement incluait l'engagement du conseil d'administration de la Régie à maintenir la compétences des boues, comme le réclamait le syndicat.