Le docteur Jacques Véronneau, dentiste à Sainte-Thècle.

Révolution dans le monde de la carie?

SAINTE-THÈCLE — Le dentiste Jacques Véronneau pourrait bien être à la tête d’une importante découverte dans le monde des soins dentaires et de la prévention de la carie. L’homme qui pratique notamment à Sainte-Thècle et Saint-Alexis-des-Monts a récemment mis au point une pâte dentifrice naturelle qui semble non seulement freiner la progression des bactéries qui causent la carie dentaire, mais également renverser le processus des lésions débutantes dans la bouche. Une pâte dentifrice qui sera bientôt commercialisée dans le marché québécois par le biais de la compagnie Oral Science.

Alors qu’avril est le mois de la santé bucco-dentaire, le Dr Véronneau tente depuis quelque temps de faire connaître le résultat de ses recherches menées avec l’aide d’une équipe de chercheurs et doctorants du département de dentisterie pédiatrique de l’Université de Pristina au Kosovo. Le dentiste, qui s’est déjà prononcé sur la place publique contre la fluoration de l’eau potable, tente depuis plusieurs années de trouver des alternatives au fluor qui, selon plusieurs recherches qu’il cite, ne présenterait pas l’effet escompté quant à la prévention de la carie dentaire chez l’enfant et l’adulte. Ce produit, il croit l’avoir trouvé dans le xylitol, un édulcorant naturel issu du xylose, produite dans la nature notamment par l’écorce de bouleau.

Des recherches avaient déjà été menées sur ce produit par le passé, mais à une concentration dans la pâte de 10 % de xylitol, ce qui n’avait pas eu les effets souhaités. Or, le Dr Véronneau a poussé les recherches plus loin avec l’équipe du Kosovo.

«J’ai commandé des dentifrices avec concentration de 20 % à 30 % aux États-Unis. J’ai fait parvenir le tout par bateau au Kosovo et nous avons commencé une recherche avec 202 enfants de six mois, ainsi que leurs parents. Nous avons prélevé la salive aux enfants afin d’évaluer leur niveau de présence bactérienne en bouche et nous avons fait deux groupes, soit un groupe contrôle et l’autre qui devait brosser ses dents deux fois par jour avec la pâte naturelle», explique le dentiste.


« Nous avons arrêté le processus carieux en évitant six fois plus souvent que les lésions ne deviennent un trou. Nous avons aussi reminéralisé des lésions débutantes  »
Jacques Véronneau

Dans cette étude, il a été découvert que la pâte a entraîné un effet de 60 % de différence de lésions entre les deux groupes à l’âge de 5 ans. «Nous avons arrêté le processus carieux en évitant six fois plus souvent que les lésions ne deviennent un trou. Nous avons aussi reminéralisé des lésions débutantes», indique le Dr Véronneau, remarquant ainsi que le produit aurait non seulement permis de freiner le processus de la carie dentaire, mais également de renverser la vapeur.

Une étude similaire a par la suite été menée auprès d’un groupe de 50 adultes, où des résultats intéressants ont été notés au bout de seulement trois mois d’utilisation, ajoute le dentiste, qui a déjà œuvré pour l’Organisation mondiale de la santé, a été coopérant volontaire en Afrique en plus d’enseigner à l’Université McGill, tout en fondant les Centres dentaires Véronneau qui offrent des services de proximité dans plusieurs communautés du Québec.

Le dentiste est par ailleurs un ardent défenseur de l’idée d’encourager la visite des enfants chez le dentiste dès l’âge de six mois.

Selon lui, il s’agit du moment où, par le prélèvement de la salive, il est possible de connaître le niveau d’infection de la salive de l’enfant, infection qui causera plus tard des risques de carie dentaire. Le spécialiste, recherches à l’appui, estime qu’avec une intervention éducative sur différents thèmes auprès des parents et de l’enfant, on diminue considérablement le risque de carie dentaire vers l’âge de cinq ans. Une intervention qui permettrait de faire économiser 35 M$ par année au Québec, avance-t-il.

Le lancement du nouveau dentifrice pourrait se faire au Québec à la fin du mois de mai, à l’occasion des Journées dentaires internationales du Québec à Montréal. C’est du moins le souhait du Dr Véronneau, qui dit pouvoir compter sur l’imposant réseau de distribution de la compagnie Oral Science pour commercialiser le dentifrice.