La maison de Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi apporte beaucoup plus que des services. Debout à l’arrière: Martin Dauphinais. Assis: Patrice St-Amand avec son fils Xavier. À l’avant-plan: Judith Marceau, Juliette Plante, Ève Marceau et Maëve Ricard.
La maison de Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi apporte beaucoup plus que des services. Debout à l’arrière: Martin Dauphinais. Assis: Patrice St-Amand avec son fils Xavier. À l’avant-plan: Judith Marceau, Juliette Plante, Ève Marceau et Maëve Ricard.

Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi: un soutien aux multiples visages

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Aussitôt arrivées, Juliette et Judith se dirigent tout naturellement vers la salle de jeux. Au cours de la prochaine heure, on les entendra à peine, sinon à l’heure de la collation. Pendant qu’elles s’amusent avec leur amie Maëve, leur maman explique, autour de la table de cuisine, comment Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi a changé sa vie.

L’organisme vient de traverser des semaines difficiles. Cette incertitude au sujet de son avenir ébranle le quartier. Des parents préoccupés s’entasseront à nouveau à l’intérieur de la maison de la rue Frigon, lundi matin, pour savoir ce que la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, viendra leur annoncer.

En 2011, Ève fréquentait un groupe de soutien pour les parents au CLSC. À un moment donné, la responsable du groupe leur parle d’un pique-nique à organiser.

«Je me suis dit que je ferais plaisir à ma travailleuse sociale et que j’irais», raconte Ève. «On était en mai et le pique-nique était organisé en juin.»

«On faisait tout: les sandwichs, la salade, les crudités, les muffins... On prenait deux ou trois après-midi et on faisait la bouffe! C’était quelque chose.»

Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi participait à l’organisation de ce pique-nique. Ève s’est intéressée aux sorties proposées à la suite de cette première expérience. Des activités très abordables qui lui permettaient de voir du monde.

«Aller aux pommes pour 5 $, c’est pas cher!», illustre-t-elle. «Transport payé et tu reviens à la maison avec un sac de pommes! Tu sors de l’isolement et ça redonne confiance.»

Martin a participé à la création d’un groupe de parents bénévoles à Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi. Ne lui demandez pas en quelle année, mais par déduction, on remonte vers 2012.

Ce groupe s’est mobilisé pour organiser des activités comme le carnaval d’hiver, le pique-nique, Noël, l’Halloween ou même, les jardins communautaires.

À travers ces implications, Martin a suivi un atelier offert par Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi, intitulé «Un pas de plus vers l’autonomie». Il n’avait pas travaillé depuis neuf ans. «C’était pour nous aider à reprendre confiance en nous, avec des trucs, des astuces», raconte-t-il. «Il fallait même faire une entrevue à la caméra. Pas facile! Le but, c’était de reprendre confiance en soi.»

Depuis deux ans, il occupe un emploi stable, de sorte qu’il s’implique un peu moins dans Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi. Mais il sait ce qu’il doit à cet organisme. Il a d’ailleurs siégé sur le conseil d’administration pendant quatre ans.

Les formes de soutien apportées par cet organisme dans ce quartier défavorisé paraissent incalculables. «Revitalisation ne chapeaute pas grand-chose, mais elle a aidé au développement de plein de choses!», résume Ève.

Pour les gens

Cette femme est bien placée pour en parler. Elle en a parcouru du chemin depuis 2011! Qui aurait dit, à ce moment, qu’elle oserait solliciter l’aide de la conseillère du district de la Cité, Jacinthe Campagna, pour obtenir un module de jeux au parc des 3L pour les 0-5 ans?

«J’ai fait circuler une pétition à l’Halloween et on l’a eu l’été d’après!», lance-t-elle fièrement.

Elle participe encore à l’organisation de nombreuses activités, dont justement la fameuse soirée de l’Halloween, qui suscite tout un engouement dans le quartier. Elle a mis la main à la pâte plus que jamais lors de la dernière fête de Noël, un soutien d’autant plus important de la douzaine de parents impliqués que la direction était davantage préoccupée par sa survie que les réjouissances à ce moment.

Ève pourrait aussi devenir une excellente ambassadrice de la maison de répit, qui constitue les racines de l’organisme. Elle connaît un paquet de personnes pour qui ce service représente une véritable bouée de sauvetage.

«Ça apporte une tranquillité d’esprit aux parents», assure-t-elle. «Ils voient que l’environnement est sécuritaire, que les enfants sont entre bonnes mains. Et pour les parents, ça leur apporte un peu de sommeil!»

Elle est convaincue que la majorité d’entre eux ne pourraient jamais se payer une gardienne pour savourer une précieuse pause. L’absence de ce service ne pourrait qu’exacerber la tension dans la cellule familiale, car plusieurs parents ne peuvent compter sur personne dans leur entourage pour s’occuper des enfants pendant quelques heures.

Avec des bases financières solides, Revitalisation Saint-Marc - Christ-Roi pourrait encore mieux structurer les besoins exprimés par la communauté. Par exemple, Patrice réfléchit à la possibilité de créer une nouvelle version de Coeur de père, qu’il a déjà connu à Trois-Rivières. Un lieu d’échanges qui lui avait fait beaucoup de bien.

«Les hommes se tiennent souvent chacun dans leur coin», relate-t-il. «On a un peu de misère à s’exprimer. Quand on parle, il y a un échange et on va chercher quelque chose chez les autres.»

Des façons de soutenir, Patrice pourrait en énumérer jusqu’à demain. Elles sont toutes reliées par le même fil conducteur.

«Peu importe les activités, l’essentiel est de briser l’isolement», résume-t-il. «On peut faire plein de choses. Mais avant tout, l’organisme est là pour qu’on se rencontre. Ce sont les gens qui font la ressource.»