Karine Petitclerc-Lapointe, coordonnatrice de l’organisme Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi.

Revitalisation des Quartiers Saint-Marc - Christ-Roi: le compte à rebours est commencé

SHAWINIGAN — Une cinquantaine de personnes se sont déplacées aux bureaux de l’organisme Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi, lundi matin, pour afficher leur solidarité aux efforts déployés pour assurer le maintien de ce service. En effet, sans aide financière du ministère de la Famille, la maison de la rue Frigon risque de fermer ses portes au printemps.

La nouvelle coordonnatrice de l’organisme, Karine Petitclerc-Lapointe, a lancé un véritable cri du cœur lors de cette conférence d’information. Parmi les participants à cette activité, on retrouvait la députée de Laviolette- Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, qui déplorait que le milieu ait tardé à réagir avant de la mettre au parfum des difficultés financières rencontrées par cet organisme communautaire.

«Ce qui est dommage, c’est que cet appel au gouvernement soit fait à la dernière minute», laisse-t-elle tomber. «J’aurais tendance à dire aux gens de ne pas attendre d’être rendus si loin pour demander de l’aide, une reconnaissance.» Mme Petitclerc-Lapointe émet qu’au contraire, l’organisme sonne l’alarme avant d’attendre passivement une fermeture, au printemps, afin de créer un électrochoc dans la communauté.

Difficile de savoir précisément ce qui a provoqué ce sentiment d’urgence. Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi a été officiellement fondé en 2005. Sa mission consiste notamment à offrir du répit aux parents exténués. Ils peuvent ainsi confier à cette ressource leurs enfants de 0 à 12 ans du vendredi, 18 h 30 au samedi midi. L’organisme offre plusieurs autres services pour aider ce quartier défavorisé, notamment un accompagnement auprès d’aînés vulnérables.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, rappelle qu’un projet pilote de trois ans avait mené à la création de ce service. 

«C’est toujours la même affaire», déplore-t-il. «On crée un projet de trois ans et après, arrangez-vous! Ça ne peut pas fonctionner comme ça. Quand on crée une organisation pour subvenir à un besoin, il faut la soutenir par la suite.»

Mme Petitclerc-Lapointe est arrivée en poste en juin. Des changements sont également survenus sur le conseil d’administration au cours des derniers mois pour relancer un organisme qui se dirigeait tout droit vers un mur. La coordonnatrice ne veut pas intenter de procès sur la place publique, mais elle admet qu’il semblait exister une «méconnaissance des besoins» financiers dans l’administration précédente.

«Avant, on fonctionnait par projet (auprès des ministères)», explique Mme Petitclerc-Lapointe. «Je suis arrivée dans un organisme qui, malheureusement, était au bord du gouffre. Nous avons travaillé fort, au cours des derniers mois, pour le relever.»

«On peut se demander ce qui s’est fait dans le passé, mais je pense que c’est surtout important de se dire que nous sommes chanceux d’avoir formé un nouveau conseil d’administration. Nous nous sommes validés auprès de nos partenaires et nous nous sommes repositionnés clairement. Nous n’avons pas à nous requestionner sur le passé. Partons d’aujourd’hui: nous répondons clairement à un besoin. Les gens se sont mobilisés, nous avons des lettres d’appui. Nous sommes en action et c’est ce qu’il est important de comprendre.»

France Cormier, l’une des instigatrices de la création de cette maison en 2003, comprend l’essoufflement généralisé. «C’est normal, quand il n’y a pas de budget récurrent», fait-elle remarquer. «Ça va de projet en projet, un petit six mois, un petit trois mois... C’est ce qui est déplorable, parce que la vie de quartier est toujours là. Les besoins sont toujours là.»

La coordonnatrice évalue à 150 000 $ le montant annuel nécessaire pour sécuriser l’avenir de Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi. Elle estime à 500 le nombre de familles touchées par année.

Reconnaissance et financement

Mme Petitclerc-Lapointe fait remarquer que Shawinigan n’est présentement desservie par aucun organisme communautaire Famille, une aberration compte tenu des besoins. En septembre, Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi a déposé une demande de reconnaissance au ministère de la Famille. Une réponse est attendue en janvier, mais cette accréditation ne garnirait pas automatiquement les coffres de l’organisme.

«L’argent, c’est une deuxième étape», convient la députée. «La reconnaissance représenterait un appui qui nous permettrait de demander de l’argent ailleurs.»

M. Angers reconnaît que le financement d’un organisme comme Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi demeure un refrain connu à l’hôtel de ville. Les conseillers Jacinthe Campagna (de la Cité) et Jean-Yves Tremblay (des Hêtres) s’étaient également déplacés pour manifester leur appui.

La Ville de Shawinigan avait accordé 50 000 $ à Revitalisation des quartiers Saint-Marc - Christ-Roi en 2006, puis 25 000 $ en 2007 pour aider l’organisme à voler de ses propres ailes. M. Angers assure qu’il mettra toute son influence dans la balance, mais pas question d’une nouvelle aide financière.

«C’est une organisation qui vivote depuis 15 ans, qui cherche toutes sortes de moyens pour s’en sortir», observe le maire. «Ils débarquent continuellement à mon bureau. Du soutien a été apporté au cours des dernières années, mais là, il faut cette reconnaissance et surtout, du financement. Il n’y a aucune raison qu’une ville comme Shawinigan ne puisse bénéficier d’un programme comme celui-là.»