Pierre Saint-Antoine, directeur des affaires institutionnelles et des communications à l’École nationale de police du Québec. ­

Révision sur une base périodique des formations sur la désescalade: une recommandation déjà en place à l’École nationale de police du Québec

Nicolet (MEL) — La recommandation du coroner Pierre Bélisle concernant la révision sur une base périodique des formations sur la désescalade est déjà appliquée, assure l’École nationale de police du Québec.

«Le dossier de la désescalade est traité quand même depuis quelques années à l’École nationale de police du Québec. On a d’ores et déjà intégré des nouvelles notions de communication auprès des intervenants lorsqu’il y a des situations de crise, et on les a bien enrichies au cours de ces dernières années. C’est déjà intégré dans nos façons de faire», assure Pierre Saint-Antoine, directeur des affaires institutionnelles et des communications à l’École nationale de police du Québec.

Si beaucoup d’éléments touchant les situations de crise sont déjà enseignés dans le cadre du programme de Techniques policières offert dans les collèges, l’École de police a aussi bonifié depuis 2015 ses méthodes en désescalade et ses stratégies de communication auprès de personnes en crise. «Entre autres, on a ajouté de l’intensité physique dans notre formation initiale pour les futurs policiers afin de leur permettre de mieux contrôler leurs émotions et augmenter leur résistance au stress», précise M. Saint-Antoine.

Les mises en situation présentées aux aspirants policiers ont été enrichies de plusieurs nouveaux scénarios. «On a ajouté des variantes à nos mises en situation pour les rendre encore plus intenses et réalistes. Sur le plan de la résistance au stress, on veut vraiment pousser l’aspirant policier à son maximum.»

Pour les policiers actifs, l’École a notamment élaboré la formation «Intervenir sécuritairement auprès d’une personne en crise» d’une durée de 14 h. Une activité en ligne pour le patrouilleur sur les notions de désescalade a également été développée. Une formation pratique complémentaire est aussi offerte.

La santé mentale fait partie des thématiques les plus souvent abordées à l’École de police. «Il n’y a pas une semaine ici où on ne parle pas de comment mieux outiller les policiers en matière d’intervention en santé mentale», note M. Saint-Antoine.

Les policiers font de plus en plus souvent face à ce genre de situation. Des situations qui s’avèrent parfois très délicates. «Même quand on est dans un scénario avec nos comédiens, c’est extrêmement stressant et on est seulement observateur. Je peux m’imaginer dans une intervention réelle, en pleine rue, entouré de citoyens, où il y a quelqu’un en délire avec un couteau, de tout l’effort, la négociation et le calme dont doit faire preuve le policier.»

Le policier a aussi des outils à sa disposition, mais «à la base, il est toujours formé pour tout faire pour que la situation se règle par la communication et la désescalade», affirme M. Saint-Antoine.

Le pistolet à impulsion électrique en fait partie. Mais il n’est pas infaillible, fait remarquer M. Saint-Antoine. «Ce n’est pas une solution miracle non plus. Quelqu’un qui, par exemple, est extrêmement intoxiqué, est sous l’effet d’une problématique de santé mentale ou d’un délire agité, ne sentira même pas l’arme électrique. Il aura une petite contraction musculaire mais faible, l’intervention ne sera donc pas vraiment améliorée. L’hiver, par exemple, avec un gros manteau, les fléchettes de l’arme électrique ne permettront pas une intervention adéquate à distance. Rien n’est parfait.»